Jour 1 : Eylie – Graouilles

Altitude la plus basse : 900 m

Altitude la plus haute : 1838 m (cabane de Lasplanous)

900 m D+    680 m D-

 

 

Après avoir laissé la voiture sur le parking, nous partons en début d’après-midi sur le GR10 qui passe devant le gîte d’Eylie d’en Haut. Nous arrivons en un peu moins de deux heures au col de l’Arech (1802 m) où un panneau « mail de Bulhard 3 heures » nous tente bien, si ce n’était la neige encore bien présente et le risque d’avalanches qui nous retenaient.

Une affiche informe également les randonneurs que seule la cabane se trouvant au-dessus de ce col est accessible (cabane de Lasplanous 1838 m), celle de l’Arech, 200 m plus bas, étant réservée au berger et fermée hors période d’estive. Avant d’entamer notre descente, nous allons y jeter un coup d’œil. Un peu plus tard, à la cabane de l’Arech, nous rencontrons un homme venu là pour observer la faune locale aux jumelles.

Après cela, nous quittons la piste forestière par laquelle il est monté en voiture pour nous engager dans une interminable série de lacets qui nous mène tout droit au bord de l’Arech. Quelques instants plus tard et hors sentier, nous trouvons sans difficultés le lieu où nous passerons notre première nuit : la cabane de Graouillès (1140 m), plutôt pas mal !

 

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Jour 2 : Graouilles – cabane du col de l’Arraing

Altitude la plus basse : 670 m (Orle)

Altitude la plus haute : 1350 m (cabane du col de l’Arraing)

1100 m D+    900 m D-

 

Nous récupérons le GR10, traversons le ruisseau, et poursuivons jusqu’à la bifurcation de Flouquet. Là, bien que le topo indique de suivre le balisage jaune et rouge, on est toujours sur un balisage rouge blanc (sentier plein Est). Au bout de ce sentier et après l’épingle, nous nous retrouvons au départ de la voie Decauville (ou « porteur Decauville »), long sentier plat de 8 km qui nous fait passer 6 tunnels, et parsemé de vestiges de mines. La grande roue en signifie la fin et annonce la longue descente sur Orle, où la pluie vient nous surprendre. Elle nous accompagnera jusqu’en bas et c’est sous un abribus à la sortie du village que nous prendrons notre repas. A cet instant, nous choisissons de quitter le Tour du Biros qui emprunte la route jusqu’à Balacet. Pour éviter le bitume, nous optons donc pour la boue d’un chemin dont nous perdons la trace (rapidement retrouvée, heureusement) et pour une prise et perte de dénivelé supplémentaire qui nous mène à Bonac (708 m), jolie petite bourgade. De là, la montée vers Balacet (909 m) est plutôt franche et directe. Je commence à sentir le poids du sac à dos ! Arrivés au lavoir, nous décidons d’emprunter la variante des carrières de marbre. Aïe, aïe, aïe… On prend le mauvais chemin à une intersection (il faut dire que concernant ce dit chemin, il y avait de quoi se poser des questions) et on se retrouve vite dans une forêt où les ruines d’habitation, les vestiges de terrasses et les ronces sont légion. On persiste pourtant en nous engageant dans la pente, persuadés que nous finirons bien par retrouver le « bon » chemin ; enfin, le chemin tout court, quoi ! Malheureusement, on gâche beaucoup d’énergie ici car de chemin, nous ne trouverons pas !!!

Après un bon moment d’entêtement, on finit par faire demi-tour et essayer de retrouver cette fameuse intersection. Et je ne sais par quel miracle, on tombe dessus assez rapidement et par quel autre miracle, le sentier que nous avions zappé s’avère être le bon (mais où est le balisage jaune ?). C’est même un TRES bon sentier ! La table d’orientation mentionnée sur la carte finit de nous rassurer définitivement sur notre localisation. Mais nous ne verrons aucun des sommets mentionnés qui sont cachés dans les nuages.

Nous craignons de ne pas voir la carrière de marbre, des fois qu’elle serait cachée par la végétation ! Et bien là aussi nous sommes rassurés : vu sa taille, il est impossible de la rater ! Elle est béante et laisse une drôle d’impression quand on imagine que des centaines d’hommes ont travaillé dur ici. Leur baraque est d’ailleurs encore sur pied. Quelques pierres sont poinçonnées. Certainement la signature du tailleur. D’autres portent des graffiti, des noms. Beaucoup de prénoms féminins. Des blocs de marbre jalonnent l’itinéraire. Plongée dans un autre temps…

Plus loin, un abri de berger, minuscule, attise ma curiosité : pourquoi est-il entouré d’un grillage ? Est-ce une protection contre l’ours ? Non, cela doit être pour empêcher une brebis importune d’entrer… En tous les cas, d’ici, la vue sur les sommets est imprenable.

Nous terminons notre ascension vers la cabane du col de l’Arraing (1350 m). Fred, qui a senti une odeur de fumée depuis un certain temps, est de plus en plus persuadé qu’elle est déjà occupée. En effet, en me rapprochant, je sens, puis vois la fumée. Deux hommes sont sur le pas de la porte. Ils nous accueillent gentiment, puis décident de nous laisser la place. Selon leurs dires, ils avaient envisagé bivouaquer cette nuit, mais ne trouvaient pas le courage de partir s’installer plus bas. Nous avons été l’impulsion qui leur manquait. On insiste pour qu’ils restent – la place ne manque pas – mais ils remballent leurs affaires et s’en vont. Mon Dieu qu’ils sont chargés ! Davantage équipés pour un camping 3 étoiles que pour de la rando itinérante !!!

En fait, je crois que c’est eux qui ne voulaient pas être dérangés. Des amis de longue date, très proches et qui se retrouvent en de rares occasions, à la montagne… Tiens, tiens, soudainement, ça me rappelle un film… No comment !

Le vent souffle un peu ; cela devrait permettre, espérons-le, de chasser les nuages.

 

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Jour 3 : Cabane du col de l’Arraing – Refuge de l’Isard

Altitude la plus basse : passerelle (920 m)

Altitude la plus haute : 1720 m (pic de Serau)

1100 m D+   1070 m D-

 

Effectivement, aujourd’hui, le soleil est de la partie. Encore une fois, nous décidons de ne pas emprunter le tour du Biros et de poursuivre notre aventure par les crêtes. C’est parti pour les pics de l’Arraing (1674 m), de Moussau (1675 m) et de Serau (1720 m). Waoh ! Je souffle (ou souffre ?) dès la première montée ! Bizarre…

C’est superbe ; la vue s’étend du massif de Saint-Barthélémy au pic du Midi.

Nous récupérons le Tour du Biros à la cabane Couledoux où je perds le balisage. Pourtant, en revenant sur mes pas, je vois que la croix était énorme. Bref… Cet égarement – énervement est vite effacé grâce au charme et à la diversité des paysages traversés…

A Playras (1089 m), un magnifique hameau, une dame avec qui nous discutons longuement nous invite à refaire le plein d’eau chez elle. C’est ainsi que nous avons le privilège de découvrir une authentique demeure biroussane. Le deuxième habitant du village, quant à lui, arrivé depuis un moment, attendra que nous ayons quitté les lieux pour sortir de sa voiture. Quand une personne semble heureuse de voir – enfin – un peu de monde, une autre le fuit définitivement !

Mais que Monsieur se rassure, la descente pour le moins directe qui constitue la suite de notre parcours nous éloigne rapidement de lui !

Nous nous retrouvons à la passerelle puis au sentier menant à la chapelle de l’Isard. Je crois me souvenir qu’après une courte mais raide montée, le chemin s’adoucit. Alors je ne sais pas ce qu’il me prend, je mets le turbo dans cette montée, peut-être pour me venger d’avoir eu tant de peine à monter ce matin. Grand moment de forme pour moi, je suis à fond et surtout, je me sens bien dans cette allure soutenue.

Malheureusement, ma mémoire a oublié que le chemin, après une autre passerelle, est encore long pour arriver à la chapelle de l’Isard et bien sûr, je me lasse… Fred, après avoir soufflé à mes talons, reprend les devants. Je cueille quelques feuilles de menthe, ce qui me procure un bon prétexte pour justifier mon soudain ralentissement. On aura une bonne infusion à se faire à notre arrivée !

Sitôt dit, sitôt fait… puisque le refuge n’était plus si loin !

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Jour 4 : Refuge de l’isard – Eylie

Altitude la plus basse :

Altitude la plus haute :

300 m D+    650 D-

 

Cette dernière étape sera courte car la neige encore très présente ne nous permet pas de passer par le col de la Serre d’Araing (2221 m) et l’idée que nous avions eue de faire l’ascension du pic de la Calabasse est vite abandonnée car je ressens depuis le jour 2 une forte douleur dans le genou au cours des descentes et j’ai donc peur qu’il ne supporte pas un long dénivelé négatif d’affilée.

Alors nous rallions Eylie par le col de Cos (1571 m). J’avais entendu dire que c’était un site magnifique, et bien c’est vrai ! Toutefois, la descente est longue et il me semble que nous faisons des détours pour arriver à Eylie. Il faut à plusieurs reprises franchir des torrents gonflés à bloc… Je me déchausse pour le dernier, au moins cela lève mes hésitations et minimise mes risques de glisser. Pieds nus et pantalon relevé, je ne crains plus de me mouiller, ou du moins je le fais volontairement !!!

 

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C’est ainsi que se termine ce Tour du Biros, avec le petit regret de ne pas avoir découvert le site de l’étang d’Araing.

Mais je reste enchantée par le site de Graouilles, la voie Decauville, moi qui ne suis pourtant pas adepte des grands chemins, ainsi que par la cabane du col de l’Arraing, et la crête au-dessus, Playras, etc…

 

Cartes IGN au 25 000 ème n° 1947 OT Aspet/pic de Maubermé et n° 2048 OT Aulus les Bains/mont Valier

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Another brick in the wall, version biroussane