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Retour sur la crête frontière dans les Pyrénées-Orientales, ce que je pourrais intituler l’acte 3 d’une série, après avoir parcouru cette crête (dans le désordre chronologique) de la Porteille de Mantet au col de Nou fonts.

C’est donc du bassin du Cortal Calvet (au dessus de Prats Balaguer), 1626 m, puis par la vallée de la Riberola que j’adore, que notre itinéraire commence en ce début d’après-midi.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le refuge de l’orri (1810 m), où je me souviens en souriant de la crainte qu’avait eue mon fils de devoir traverser le troupeau de bovins en 2008 (cf GR10 http://la-montagne-ca-vous-gagne.over-blog.com/pages/GR_10_2008-833262.html), nous continuons à remonter la vallée par le « Cami de Nuria » ; parée des couleurs chatoyantes des genêts et des rhododendrons, elle est vraiment magnifique !

 

 

 

 

 

 

    

Doucement, sous une bonne chaleur, nous parvenons à l’Estanyol (2300 m), qui sera notre lieu de bivouac de ce soir.

 

 

 

 

  

Après avoir installé le campement, nous prenons, légers, la direction du col d’en Bernat (dur, dur !), 2616 m. Dans la combe encore enneigée, un nombre incalculable d’isards cabriolent en tous sens. Fred, appareil photo à la main, constate que je ne lui avais pas raconté de bêtises en disant que le coin en était truffé ! C’est parfait ! Les contempler encore et encore me fournit une bonne excuse pour monter tranquillement…

 

 

 

 

 

Après ce premier passage, monter au col des Nou Fonts, 2652 m, n’est qu’une formalité ! De là, nous enchaînons le pic de Nou Creus, puis celui de la Fossa del Gegant. En enfilade, nous poursuivons jusqu’aux pics de la Vaca. Tous ces sommets émergent aux alentours de 2800 m (2796 – 2799 – 2826 – 2829 – 2793) et les cols les séparant ne sont pas beaucoup plus bas, ce qui rend la progression presque "linéaire".

 

 

 

 

Cette partie me permet de parcourir vraiment la ligne de crête entre le premier pic de la Vache(en venant de l’Est) et le Nou Fonts, les différentes erreurs commises l’an dernier avec Eric nous ayant fait passer juste en-dessous.

C’est avec un immense plaisir et une certaine émotion que je redécouvre ce site, avec en ligne de mire la forme caractéristique du pic du Géant, le pic de l’Enfer, mais aussi le Freser.

Avec presqu’un an de recul, j’identifie parfaitement le chemin parcouru du Géant au Nou Fonts, les différents sommets et désormais, je sais où se situe ce fameux piolet géant : à la côte 2801 m, entre le col de Nou Creus et le col dela Carança. Je me régale de me retrouver en ce lieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

Ce n’est visiblement pas le cas des coureurs que nous croisons dans ce secteur de la Vaca ! Nous nous trouvons effectivement sur le parcours d’un trail où les derniers concurrents sont à la peine. Après pointage au coll de Nou Creus, ils redescendent vers l’Espagne. Espérons que leur souffrance ne dure pas trop longtemps encore….

Quant à nous, il ne nous reste plus qu’à regagner le bivouac ! Dommage de devoir redescendre, car demain, il nous faudra à nouveau monter au col de Nou Fonts pour la suite de l’aventure, mais comme nous n’avons pas osé bivouaquer sur la crête à cause du vent, et bien, tant pis, on y retourne !

 

 

 

 

Le pire, c’est que le vent souffle davantage à l’Estanyol que là-haut !!! Grrr… En plus, en montant, nous avons repéré des coins sympas où il est possible de planter la tente. Seule consolation : le site, au bord de l’étang, est bien plus bucolique… M’enfin…

 

 

 

 

 


 

Le lendemain, donc, nous voilà repartis pour le col d’en Bernat, d’où nous attaquerons le Pic de Nou Fonts. Comme je n’aime décidément pas parcourir deux fois le même chemin (surtout en si peu de temps), je m’enquiers de monter directement au pic sans passer par le col, en rejoignant directement la crête un peu plus haut, donc. L’idée ne s’avère pas la plus judicieuse car le terrain est constitué de caillasse ; avec le gros sac à dos, j’en bave un petit peu et j’arrive sur la crête en même temps que Fred, qui, lui, est allé bien sagement jusqu’au col (mais je le soupçonne toutefois d’avoir « accéléré » pour arriver avant moi et me démontrer que j’avais tort !!!).

De là, il nous reste à cheminer sur l’arête, « notre » arête, tandis qu’un couple arrive par la voie normale, c'est-à-dire par le col de Nou Fonts.

Peu avant le sommet, dans les rochers, je perds ma casquette « Chimay »… Je ne m’en rends compte qu’une fois arrivée là-haut, ce qui rend tout espoir de la retrouver vain… En passant, si quelqu’un la trouve…

Depuis le pic de Nou Fonts (2861 m), nous visualisons la suite du parcours.

 

 

 

 

      

Le sommet suivant, le pic d’Eyne (2786 m) est vite atteint.

 

 

 

 

 

 

     

 

A partir de ce moment, nous quittons la crête frontière et poursuivons l’arête vers le Nord-Ouest pour aller gravir la Torre d’Eyne, pas mal du haut de ses 2831 m, et par un jeu de montagnes russes, certes modeste, nos pas nous mènent au Cambre d’Ase, 2750 m. Ah, depuis le temps que j’en entendais parler, de celui-ci, et bien ça y est, j’y suis ! Et je le trouve plutôt pas mal…

En regardant derrière nous, on constate qu’on vient d’effectuer un sacré beau parcours et c’est sur cette réflexion de la mi-journée que nous prenons un repas bien mérité !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et surtout, surtout, nous avons encore besoin de pas mal d’énergie pour ce qui nous reste à faire… Effectivement, pour retourner à la voiture, il ne nous suffit pas de redescendre dans la vallée qui se trouve juste en-dessous, comme dans la plupart des cas… Non ! Le parking se trouve bien au-delà, derrière les Serrat dels Llosers et de les Esques. Il va donc falloir, après être descendus dans la vallée de Planes par un cheminement direct, traverser ce massif et remonter vers le pic de l’orri (2561 m) pour enfin replonger dans la vallée de la Riberola.

C’est dur, mais ça a au moins l’avantage de nous faire découvrir un site merveilleux et très peu fréquenté. Notre première descente nous mène au nord de l’Estany de Planes dans une jasse magnifique où se trouve l’orri de la pleta del Pastors (noté sur la carte IGN au point 2183 m).

 

 

 

 

 

 

 

 

            

A partir de là, nous trouvons un sentier, d’ailleurs tracé sur la carte. Il ne nous reste plus qu’à trouver l’itinéraire le plus pertinent pour atteindre le Serrat des Esques (plus pertinent = celui avec le moins de D+ possible). Le hic, c’est que la végétation est très très dense sur le flanc Ouest du pic de l’Orri. Après avoir étudié différentes possibilités d’itinéraires sur la carte, nous nous laissons guider par la nature du terrain et piquons plein Est assez rapidement. Une belle ascension plutôt sportive commence alors. C’est simple : nous avons le choix entre rhododendrons et éboulis. Finalement, c’est le minéral qui l’emporte. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça grimpe sec ! La partie dans les gros éboulis n’est pas si désagréable, en fait ; c’est même quand on en sort que ça devient particulièrement éprouvant… On a l’impression que l’on n’atteindra jamais la crête ! J’ai l’affreux sentiment de ne pas progresser dans cette pente herbeuse et la fatigue aidant (+ le poids du sac), je m’arrête tous les 3 pas pour souffler. Je n’en peux plus.

 

 

 

    

 

Au prix d’un gros effort (de toutes façons, pas le choix !!!) on finit par sortir, juste à droite du pic de l’Orri.

 

 

 

    

Petite pause, repérage de la suite du parcours et c’est reparti pour une descente tout schuss versla Riberola. Là aussi, c’est bien pentu, mais ça va.

 

 

Pfff, c’était trop beau pour durer !!! On se retrouve bloqués par un ravin, qui, s’il se prend bien dans sa première partie, s’avère infranchissable par la suite. Pas d’autre choix donc que de remonter ce couloir et de chercher un autre chemin. Pour se faire, on traverse un bosquet bien dense afin d’aller récupérer un autre passage, plus au Nord. Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas fait les sangliers, tiens ! Mais de là à dire que ça me manquait… faut peut-être pas abuser, non plus ! Une rencontre fortuite avec une biche nous confirme qu’on est bien dans un milieu réservé à la faune sauvage !!! Sûr qu’à cet endroit, elle ne doit pas être habituée à voir grand monde !

Après ce petit jardinage, nous sommes heureux d’arriver à la Barraca de l’orri où nous faisons une petite pause. Deux femmes arrivent, vu comment elles sont chargées, elles font probablement le GR10 et à cette heure, doivent chercher un endroit où se poser. Je suis presque soulagée pour elles de les savoir si proches du refuge de l’Orri !

 

 

 

 

En fait, quand nous reprenons notre route, on constate qu’elles ne se sont même pas arrêtées à ce refuge…

Quant à nous, nous terminons tranquillement cette belle « balade », avec des images plein la tête et la joie pour moi d’avoir fait découvrir cet endroit à Fred. Heureuse aussi d’avoir poursuivi cette ligne de crête que je connais désormais dela Porteille de Mantet au Pic d’Eyne, et bien évidemment l’envie de poursuivre l’aventure entre ce pic d’Eyne et le Puigmal d’Err (au minimum !!!)

 

 

 

 

Récapitulatif

J1 : Bassin du Cortal Calvet (1626 m) – Col de Nou Fonts (2652 m) – Pic de Nou Creus (2796 m) – Fossa del Gegant (2799 m) – Col de Nou Creus – point 2801 m (piolet) – col de Carança (2725 m) – pics dela Vaca(2826 – 2829 et 2793 m) – retour à l’Estanyol (2300 m)

 

1400 D+ et 700 D-

 

Durées approximatives :

-        du Cortal Calvet à l’estanyol à 2h20

-        de l’estanyol au col de Nou Fonts à 1h

-        du col de Nou Fonts au dernier pic dela Vacaà 1h

-        retour jusqu’à l’estanyol à 1h30

soit 6 heures environ

 

 

 Le parcours entre l'estanyol et le refuge de l'orri

 

Carte IGN 1/25 000 n° 2250ET Bourg-Madame Mont-Louis

 

 

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parcours PO

 D'autres randonnées dans le secteur :

Le pic du Géant depuis Prats-Balaguer et depuis Mantet

Le Puigmal d'Err depuis la station


Commentaires :

"Voila exactement le coin que je souhaitais faire ! Merci pour les durees ca va me servir
Peut etre qu au col je tomberai nez a nez avec une bouteille de chimay lol" (Anthony)