… ou un lieu de pique-nique panoramique au possible !

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Pascale, elle est comme moi : elle n’aime pas trop la neige, et a du mal à se lever tôt pour partir en rando si personne ne la pousse ou lui fixe un horaire ferme de rendez-vous.

Alors quand mardi on se met d’accord pour aller randonner ensemble le lendemain et qu’elle me dit « rendez-vous à 9 heures… ou plus tard », vous pensez bien que l’occasion est trop belle et que ce ne sont que ces trois petits mots que je retiens. Après tout, il s’agit d’une petite promenade ; pourquoi partir aux aurores, dans le froid ? Autant attendre que le soleil ait déjà un peu réchauffé l’atmosphère pour partir, non ?

C’est donc à 10h que nous arrivons au col de Port. Le soleil darde ses rayons, ça fait un bien fou, mais il ne fait pas si chaud, à 1249 mètres d’altitude…

Ce n’est pas très grave, on sait bien que les 300 mètres menant de façon très directe au Roc Blanc (1542 m) vont rapidement nous échauffer. C’est ça qu’est bon ;-). En un peu moins de 900 mètres de distance et une quarantaine de minutes, nous sommes « là-haut », avec la certitude que le plus dur est fait, puisqu’après, il « suffit » de suivre la crête jusqu’au Carmil qui culmine à 1617 m, soit seulement 75 m de plus. Nous plongeons dans la forêt, ce que nous trouvons un peu dommage, car les arbres nous cachent la vue sur le Valier et autres…

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Mais en même temps, cette ambiance me plonge dans les romans de Nicolas Vanier et le récit des aventures de François Varigas dans le Grand Nord Canadien que je lis actuellement. C’est beau, tout simplement. La neige est bonne, la progression n’en est donc que plus agréable.

On descend un peu, pour remonter jusqu’à un premier sommet, le Razels, 1600 mètres, qui devait en avoir marre d’être couvert de neige et a demandé au vent et au soleil de lui ôter son manteau blanc. Il est pelé, enfin, herbu…

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On fait une petite pause, on jette un œil sur le cap du Carmil, qui nous semble à la fois proche et lointain et après vérification sur la carte, on s’aperçoit qu’il va falloir perdre une bonne centaine de mètres avant de remonter vers notre objectif du jour. C’est donc reparti. Nous arrivons au col, une vaste étendue blanche toute ondulante, que Pascale compare à la mer et la Bretagne… C’est tout simplement magnifique.

De là, le Carmil semble tout proche. Oui, mais… ce sommet débonnaire s’avère très surprenant : tandis que la majestueuse silhouette du Valier semble vouloir nous happer tant il paraît à portée de main, le Carmil, le petit Carmil, quant à lui, recule à mesure que nous nous rapprochons de lui ; c’est impressionnant !

En fait, la crête - fort agréable soit dit en passant - est faite de plusieurs ressauts, certes ridicules, mais donnant la sensation que nous n’atteindrons jamais le sommet. On se retrouve à naviguer sur une vague blanche et c’est comme si celle-ci nous ramenait toujours au même point, ou qu’elle s’ingéniait à laisser la même distance entre notre objectif et nous.  C’est dingue comment la perspective et le point de vue peuvent nous jouer des tours, parfois.

Discrètement, je jette des coups d’œil à mon GPS et l’altitude ne bouge pas vraiment… A chaque fois que je regarde, il y a toujours plus de 50 mètres à faire encore, bien que l’on avance…

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Enfin, nous arrivons au dernier ressaut qui nous permettra d’atteindre la « bête ». Y’a un paquet de neige ! Arrivées au sommet, nous sommes surprises de ne pas voir de cairn. Nous étions pourtant toutes deux persuadées d’en avoir aperçu un de loin, et pas un petit, en plus ! Le randonneur qui déjeune là nous confirme qu’il n’y en a jamais eu sur ce sommet… Ah… Ou nous avons pris un être humain pour un tas de pierres, ou le soleil nous a filé des hallucinations !

Quelle vue à une si modeste altitude ; on ne s’y attendait pas ! C’est magique, grandiose, extraordinaire, époustouflant et j’en passe.

On n’a que l’embarras du choix pour notre lieu de pique-nique. Au départ, nous nous installons sur les quelques touffes d’herbe, mais la pente nous oblige à avoir le regard tourné vers la plaine, et on trouve que c’est un peu dommage d’être arrivées là pour tourner le dos aux montagnes. Hop, hop, hop, on remballe et on se place dans la neige, face au Valier. Les montagnes sont bien plâtrées, c’est impressionnant. Nous sommes deux à ne pas trop aimer la neige, on se dit qu’on n’est pas prêtes de tâter à nouveau du rocher avec toute cette épaisseur et souhaitons que le soleil brille encore longtemps pour faire fondre tout cela rapidement !

 

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Nous nous arrachons à notre contemplation parce qu’à un moment donné, il le faut bien et reprenons le chemin en sens inverse, qui ne sera pas plus rapide qu’à l’aller jusqu’au Roc Blanc, puisque nous allons reprendre du D+.

Il me semble que l’on remonte pas mal, même, en tous les cas, plus que ce que nous avons descendu tout à l’heure (pas en dénivelé, mais surtout étalé sur la distance). C’est l’effet « retour » qui fait souvent ça ! En plus, on brasse à quelques endroits…

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On a déjà en tête la portion entre le Roc Blanc et le col de Port, ces 300 mètres de descente raides qui vont faire plus mal que la montée, je crois !

En effet, ça tire pas mal sur les cuisses. J’essaie bien de glisser, ça se fait sur quelques dizaines de centimètres, mais rapidement, la neige molle vient s’accumuler devant la raquette et forme un bloc obligeant à lever le pied.

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Pascale, quant à elle, gère la situation du mieux qu’elle peut avec sa chienne Bahia qui la tire… Dur-dur !

 

Nous revenons ravies de cette belle journée, avec plein de belles images en tête et probablement une idée différente de celle que nous nous faisions de cette randonnée. A vrai dire, ni l’une ni l’autre n’avions regardé le dénivelé. Vite fait comme ça, on pourrait imaginer qu’elle ne fait que 500 mètres environ. En fait, elle en fait bien 750 au bas mot (Carto Explorer m’en donne même 850) et s’avère « surprenante » : par exemple, alors que l’on croyait ne devoir traverser que de la forêt après le Razels, on a aussi parcouru des étendues à découvert, ne se dévoilant que lorsqu’on arrivait dessus…

Un seul petit regret : celui de ne pas avoir vu d’animaux ;-(

 


 

profil carmil

Carte IGN 1/25000 2047ET La Bastide de Sérou-Massat

11,4 km en aller-retour

750 m de D+

6h avec toutes les pauses