Samedi, malgré un départ matinal, nous arrivons vers 10h15 à Laroque des Albères, sympathique village dont les plaques de rue et celles des numéros de maisons sont couleur sang et or (y sont vraiment à fond, les Catalans !). Vais-je trouver du premier coup la petite route menant aux ruines de Sant Fructuos de Roca Vella, point de départ de la randonnée ? Oui ! 180 mètres d’altitude, ça fait bizarre de partir d’aussi bas !

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Un panneau indique la direction du col de l’Ullat qu’il ne faut pas suivre, du moins pas pour la rando que nous avons prévue aujourd’hui. Pour la boucle du jour, il faut prendre la petite sente à gauche, qui descend légèrement.

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Après avoir traversé le petit torrent, nous croisons le sentier venant du village. Cent mètres plus haut, nouvelle intersection ; il existe deux itinéraires possibles pour monter au Neulos : à droite, par le puits à neige ; à gauche par le dolmen. Nous choisissons de monter par celui du dolmen de Balma del Moro. Le chemin est en fait un goulet où ça doit pas mal raviner les jours d’orage… Ca me fait penser au sentier qui monte au col de Paracolls depuis Arles-sur-Tech, où se déroule d’ailleurs demain le trail du Pilo de Belmaigt (et à ce moment-là, l’idée folle d’y participer m’effleure l’esprit).

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Le dolmen se trouve au-dessus du sentier, à 605 mètres d’altitude. En en redescendant, il me semble entendre quelqu’un parler, puis en tendant l’oreille, cela me fait davantage penser à des sons émanant d’une radio… Bizarre ! En ouvrant encore plus en grand mes écoutilles, les « voix » me mènent jusqu’à un arbre… On dirait que plusieurs personnes nous appellent, depuis les branches ou les racines… Bien sûr, ce n’est que la complainte du vent, mais le lieu (le dolmen, les arbres morts) rend l’atmosphère un peu mystérieuse, pour ne pas dire mystique !!! Bon, faut que j’arrête de lire les contes de Narnia, moi !

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Du coup, je grimpe les 240 mètres suivants à m’en donner une petite suée, histoire de reprendre le sens de la réalité, probablement…

Nous arrivons à une nouvelle intersection où s’offrent à nouveau à nous deux possibilités pour accéder au Neulos : par le Roc Planer ou par le coll de la Vaca Vella. Un homme portant une ceinture de bidons et un matelas couleur jaune et alu sur le dos descend à vive allure de ce col. Avec son accoutrement, il ressemble un peu à un extraterrestre… Allons bon, je vois que je ne me suis pas encore remise de mes émotions de tout à l’heure. C’est l’air de la mer qui me fait ça, ou quoi ?

Nous décidons de monter par le col ; ainsi, nous serons plus vite débarrassés de la partie sur piste. En tant qu’habitués de l’Ariège, on trouve que l’accès au pic n’est pas assez direct, mais on suit bien sagement le balisage quand même ! On parvient au sommet après 2h23 de marche, sous un vent de malade qui nous empêche de profiter pleinement du paysage. Bon, le pic en lui-même est très moche puisque affublé de pylônes et bâtiments en tous genres, mais ça on s’y attendait, bien évidemment ! La vue y est belle, bien que pas très claire à cause d’un temps couvert, et c’est ce qui compte.

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Nous redescendons afin de trouver un endroit protégé du vent pour manger, face au Canigou chapeauté de gros nuages et au Bugarach, aussi. Mais nous ne traînons pas, car il ne fait pas chaud. Je porte pourtant 4 couches, et notamment ma veste coupe-vent par dessus ma doudoune, ce qui me donne des allures de Bibendum !

Pour faire une boucle, nous devons regagner la piste et normalement, trouver un sentier sous celle-ci, passant au Roc Planer. Et bien, on ne le trouve pas ! Arrivés à une épingle de la piste, on voit bien des cercles orange sur les arbres dans la forêt, mais doutons fort que ce soit le balisage… On descend quand même un peu pour voir. Y’a un semblant de trace au sol, mais rien de bien flagrant, et surtout, pas de balisage rectangulaire jaune. On tombe sur une espèce de cabane accolée à une fontaine dont j’ai oublié le nom, le tout clôturé, ainsi que sur une balançoire… Plutôt surprenant, comme trouvaille !

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On ne sait pas trop bien où on a atterri, si ce n’est qu’on est entre deux gros rochers. Un coup d’œil sur la carte nous confirme qu’en poursuivant « hors piste » à travers la forêt et dans la pente, où que l’on soit actuellement, on sera obligés de tomber sur le sentier balisé. Effectivement, on aperçoit rapidement une piste très proche, et si on est bien où on pense être, il faut la prendre à gauche. Mais c’est bizarre, on devrait être sur un sentier balisé, hors, c’est une piste, et point de marquage. Il est grand temps de faire un point. Avec l’altitude, la fontaine à laquelle nous nous sommes arrêtés, je devrais être capable, à l’aide de la boussole et de la carte, de situer exactement l’endroit où nous nous trouvons actuellement.

Après avoir orienté la carte, je suis du doigt la courbe à 950 m, altitude à laquelle nous sommes, jusqu’à trouver cette piste fantôme. Et assez rapidement, je parviens à nous situer! Pour rentrer par le Roc Planer, il faut prendre à droite. Ce chemin d’exploitation nous amène rapidement sur le sentier balisé au pied du Roc Planer, celui que l’on n’a pas su trouver tout à l’heure! En l’empruntant sur la gauche, nous devrions trouver sans difficulté le sentier du retour, passant à la Casot del Guarda. On avance, on avance, il me semble que l’on fait plus de distance qu’il ne faudrait pour parvenir à cette intersection, de plus, on a aussi dépassé l’altitude, c’est curieux, mais on a pourtant été hyper attentifs et on n’a vu aucun sentier filant vers la gauche… Alors on continue. L’erreur de tout à l’heure nous met encore une pointe de doute, et peut-être ne sommes nous pas où nous croyons être. Tout ce dont on est sûrs, c’est qu’on est bien dans la direction de la voiture, donc on trace… jusqu’à parvenir à l’intersection de ce matin, celle où on a croisé l’extraterrestre. Là au moins, on sait où on est et aussi d’où on vient, donc, on était bien où on pensait être, et ça c’est plutôt rassurant (ça va, vous suivez ?)

Mais ça fait râler d’être engagés vers le sentier par lequel on est montés ce matin, alors qu’on voulait faire une boucle… Du coup, je décide de reprendre le sentier que l’on vient de parcourir, un, parce que je suis têtue et veux comprendre, je veux trouver ce sentier au point 922 à côté duquel on a dû passer sans le voir malgré toute l’attention qu’on y a portée, et deux, je n’ai pas envie de repasser par l’itinéraire de ce matin, non pas qu’il ne soit pas intéressant, mais tant qu’à faire de la route pour venir randonner, autant faire une boucle et non pas un aller/retour (et pis j’aime pas les allers/retours).

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On repasse donc sur le « correc de Teixoneres » - ça, c’est seulement pour ceux qui voudraient s’amuser à refaire notre parcours sur la carte – qui doit pas souvent être gelé comme c’est le cas en ce moment, et peu après, ce bon sang de sentier balisé nous apparaît enfin, exactement à l’endroit où il fallait s’attendre à le trouver ! Ca parait si évident dans ce sens… Comme quoi le sens de cheminement change complètement la vision du terrain. Bref, je me laisse entraîner par la descente, parfois raide, jalonnée d’une multitude de balisage à en frôler l’overdose… C’est une agression de voir autant de traits jaunes (les « normaux » et seuls nécessaires), jaunes fluo, des cercles, des flèches – que nous ne suivons pas – sur les arbres. J’hallucine !

Après avoir traversé la Ribera de la Roca, nous parvenons à la Casot del Guarda, un lieu qui doit être surfréquenté l’été, bien qu’un peu dégradé. Nous poursuivons jusqu’au puits à glace, de dimension impressionnante, mais qui n’a cependant rien à voir avec celui que j’avais vu un jour en partant du col de l’Ullat et qui doit se trouver du côté espagnol.

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Enfin, cet agréable sentier nous ramène à l’intersection de ce matin, à 280 mètres d’altitude. C’est ici que nous bouclons la boucle et que nous descendons les derniers 100 mètres nous ramenant à la voiture.

Une boucle sympa, même si la tentation une fois au Neulos était grande de poursuivre par la crête jusqu’au Roc dels Tres Termes, et de descendre par le col de l’Ullat et pourquoi pas le Puig d’Orella… Mais le vent nous a fait renoncer à cette idée, et la raison aussi, la journée du lendemain étant consacrée à un trail, il ne fallait tout de même pas trop se cramer ce samedi !!!

Bref, on voit qu’il y a une multitude d’itinéraires dans le secteur, à explorer, donc…

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Carte IGN 1/25000 n° 2549OT Banyuls

18 à 19 km     6h52 avec les pauses (et les points carte)   1200 à 1400 m D+

L’erreur et le ½ tour nous ont valu un peu plus de deux kilomètres et 100 m de D+ supplémentaires.

Cette rando fut l’occasion de travailler un peu la relation terrain-carte !