Une escapade en Espagne, à la recherche du soleil.

 

Avec cette météo maussade qui persiste et le printemps qui a décidément bien du mal à s’installer, j’ai peine à croire que l’on verra un peu de ciel bleu ce week-end, même en franchissant la frontière.

Mais bon, nous tentons le coup quand même…

Nous partons sous un ciel couvert qui devient de plus en plus gris au fur et à mesure de notre progression vers l’Ouest, et, comme souvent, quand nous arrivons dans le Couserans, il pleut ! Frontière climatique qui coupe le département de l’Ariège en deux...

Nous aurons à peine un peu plus de luminosité entre Luchon et Saint-Lary Soulan, et encore… 6°c aux différents cols, guère plus dans les vallées, et quand on arrive au tunnel de Bielsa, on ne voit carrément plus rien. Comment croire que ça sera différent de l’autre côté, rien que parce qu’on change de pays ?

Pourtant…

3 kilomètres de traversée sous la montagne, 3 petits kilomètres et au bout du tunnel, le ciel est bleu, la lumière du soleil telle qu’on en a mal aux yeux !

Quel contraste incroyable. Le sourire revient, il fait 20°c.

Nous passons Bielsa, Lafortunada, puis quelques kilomètres après ce village, nous tournons à gauche, direction Laspuna et le monastère de San Victorian. C’est une bien sympathique petite route qui mène à de pittoresques villages aragonais, au pied de la Pena Montanesa… et à notre lieu de bivouac.

 

 

1/ Petit run entre le monastère de San Victorian et l'ermitage de la Espelunga

 

Il est 17h, basket aux pieds, nous allons faire un petit tour entre le monastère de San Victorian et l’ermitage de la Espelunga, en mode rando-trail. Le parcours est jalonné de plusieurs vestiges de l’activité humaine et le terrain génial pour tester mes nouvelles chaussures de trail. Je me régale ! 5 kilomètres seulement en 56 minutes pour un peu plus de 400 mètres de D+, voilà qui est parfait pour se dégourdir les jambes après 4 heures de voiture.

 

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Il ne nous reste plus qu’à trouver le lieu idéal pour passer la nuit. Ici, ce n’est pas ce qui manque… Notre choix se porte sur une prairie verdoyante, quelques mètres sous le monastère de San Victorian ; ainsi, demain, en sortant du duvet, nous n’aurons qu’à sauter dans nos chaussures pour partir à l’assaut de la Pena Montanesa !

 

 

2/ La Pena Montanesa

 

La Pena Montanesa, elle nous a fait rêver l’an dernier, lors d’une rando au Castillo Major, tant sa jolie silhouette omniprésence attirait notre regard,  et c’est presque pour elle que nous avons repris la route de l’Aragon ce week-end.

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C’est par la face sud que nous allons monter. Le départ se situe 100 mètres avant une chapelle, elle-même située à environ 200 mètres du monastère de San Victorian (en venant de Los Molinos et Oncins). On ne peut pas le rater, un grand panneau d’information le signale. Nous sommes à 1100 mètres d’altitude, c’est parti pour une belle balade à travers les genêts, les buis, les pelouses, les pins à crochets, la roche calcaire et la pierraille, toujours bien cairnée. Dans le topo, l’auteur, Alain Bourneton parle de « genêts scorpion ». Au moment même où je me demande ce que c’est, bêtement, je touche un buisson tout mignon ; la réaction est immédiate : je retire ma main aussi vite que je l’ai posée ; ça pique !!!! Je crois que je viens de faire connaissance avec cet arbuste… l’apprentissage par l’expérience !

Il fait chaud, il fait soif ; Fred qui avait cru remplir sa gourde avant de partir a constaté avec dépit ce matin qu’elle était vide… Il faudra donc partager mes 1,5 l d’eau. Ca risque de faire juste !

Mais il faut croire que cette crainte aiguise mes sens : alors que nous progressons dans le maquis, il me semble entendre un bruit d’eau qui cascade, au loin. Rêve ou réalité ? On s’approche de la seconde ligne de falaises, l’itinéraire file à gauche, mais c’est de la droite que provient le bruit ; alors nous nous laissons guider par ce son et parvenons à une falaise échancrée où un mince filet d’eau cascade, vers 1750 mètres. En percutant le sol, les gouttes nous éclaboussent parfois et donneraient presque envie de prendre une douche, façon pub pour un gel moussant, si ça coulait plus… et si l’eau n’était pas si froide !!! Pour l’heure, nous faisons le plein des bouteilles, contents d’avoir trouvé cette eau minérale qui doit cruellement faire défaut l’été venu.

 

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Peu après avoir repris la route, nous arrivons à découvert sur une jolie pelouse. Comme le topo l’indique, « ça passe à peu près partout » et sans se poser de questions, on se laisse guider par le sentier tracé et les cairns, passant à gauche d’un pluviomètre. Le sommet de la Pena Montanesa apparaît à l’horizon. Vers 2000 mètres d’altitude, on est sensés trouver un gros cairn à partir duquel il nous est possible de choisir entre deux itinéraires : tout droit, dans la combe et le vert, en traversée, ou à droite, vers la ligne de crête toute blanche et parsemée de pointes calcaires.

Point de gros cairn, mais de toutes façons, je l’ai oublié en voyant la crête minérale et c’est naturellement que je me dirige vers elle…

Nous évoluons parmi les quelques pins à crochets qui parsèment la pente, sur un pierrier où mes trail de montagne excellent. Leur accroche est géniale, je me régale ! Elles me transportent ainsi jusqu’au sommet, après une petite traversée où persiste un névé, juste en bordure de chemin, puis sur la crête où il faut contourner les effleurements et aiguilles calcaires, et où la pente se raidit. Le final se fait tantôt sur les grandes dalles calcaires, tantôt dans de fins éboulis « feuilletés ». C’est génial !

Le sommet de la Pena Montanesa, 2291 mètres, est atteint après 2h20 d’ascension et 1200 mètres de D+ que je n’ai d’ailleurs pas sentis passer. La montée m’a semblée progressive, facile ; pourtant, elle s’effectue sur une distance d’à peine 6 km…

 

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La vue est magnifique, dommage que je manque de connaissances pour pouvoir identifier les sommets qui crèvent le paysage. Le seul massif que je connaisse – celui du Mont-Perdu – est malheureusement chapeauté d’un « bel » ensemble nuageux. Avant que ce nuage s’étende, on a juste le temps de voir la brèche de Roland et le Taillon. On a du mal à dire si le sommet qui émerge du nuage et se confond même avec, est le seigneur Perdido…

Vu d’ici, le Castillo Major semble ridicule. Pourtant, comme son nom l’indique, c’est un sommet d’où la vue est vertigineuse… et c’est parce que nous avons eu l’idée de le gravir un jour que nous sommes là aujourd’hui. Le Sestrales aussi parait tout petit…

Le Cotiella, tout proche, est encore bien enneigé. Et la Munia, elle est où, la Munia ? La voit-on seulement, cette montagne dont le seul nom m’inspire des envies de grimpe, m’évoque d’épiques épopées, de belles aventures…?

Et plus loin, là-bas, qui est-ce ? A cet instant, je hais mon ignorance. Qu’à cela ne tienne, et finalement, peu importe de connaître ou non le nom de tous ces sommets tous plus beaux et tentants les uns que les autres, il n’en reste pas moins que c’est un magnifique endroit pour prendre son repas.

Après un long moment de contemplation, nous prenons le chemin du retour. Ca descend raide dans la petite caillasse, mais mes chaussures font merveille ; il faut juste faire attention de ne pas balancer de cailloux sur les randonneurs qui montent encore en ce début d’après-midi. La Pena Montanesa est un sommet convoité, on dirait !

On est tentés un moment de prendre la variante par le flanc mais estimant que le terrain calcaire est bien plus « intéressant », on reprend donc le chemin emprunté à la montée. Vers 2000 mètres, au niveau des pins à crochets, on vire toutefois légèrement plus à l’Ouest, et l’on tombe sur ce fameux gros cairn. Arrivée sur la pelouse, je longe à droite les grandes falaises formant un petit cirque et plongeant dans la plaine d’Ainsa, puis je retourne vers le pluviomètre, car il faut à présent effectuer une petite recherche : en effet, le topo indique que depuis cet endroit (1940 m), on peut voir en contre-bas, située entre deux abimes, une vire verdoyante surmontée d’une falaise où l’on peut remarquer les ruines d’une mystérieuse construction : une cabane pastorale ? […] On songe plutôt à quelque refuge caché, voire à l’ermitage d’un anachorète ayant voulu s’isoler de ses confrères de San Victorian dans cette montagne.

On a beau scruter la falaise, on ne voit rien de rien… remarque, on a déjà du mal à discerner cette « ruine » sur la photo qui illustre le topo, ça relèverait vraiment du coup de bol que nos yeux tombent dessus ! On y passe pourtant un sacré bout de temps. Sans succès…

 

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En revanche, on déniche une petite cabane de berger cachée dans les buis. Et je découvre qu’anachorète est un mot qui existe bel et bien, moi qui l’avais entendu dans une chanson d’Hubert Félix Thiéfaine ("Exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable") et qui ne comprenais pas ce qu’il disait… un « nanacorète ». Je pouvais toujours chercher !!! *

Recherche spirituelle infructueuse et parenthèse lexicale fermée, il ne nous reste plus qu’à replonger dans la végétation. Comme à l’aller, je ne sens pas les derniers 800 mètres de descente ; c’est assez incroyable ! Arrivée à la voiture, il me tarde de mettre ma tête à l’ombre ; j’ai dû prendre trop de soleil au cours de cette balade et je ne le supporte plus. Cinq minutes de repos, on plie le camp et on reprend la route, après 12 km de rando, 1200 mètres de D+ en 6h25 avec les pauses (1h10 rien qu’au sommet) et beaucoup de plaisir.

 

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3/ El pico de Cuezo et el Comodoto

 

Y’avait plein d’options possibles pour ce second jour de rando. Pourquoi celui-ci ? Et bien, pour ceci : « Cette balade hors des sentiers balisés offre l’opportunité de découvrir, en miroir, les massifs du Mont-Perdu et de la Madaleta-Aneto. Un belvédère méconnu sur le seigneur des Pyrénées » (in Ballades et randos dans les Pyrénées, hors série Pyrénées Mag 2006), et ceci, aussi : « Rien ne signale le chemin à suivre, et c’est aussi bien comme cela. Un peu d’improvisation et de surprise, c’est toujours stimulant en randonnée. Alors quand il n’y a pas de sentier, on a toujours l’impression d’être le premier à gravir sa montagne, à l’image de ce pico del Cuezo, au-dessus de Bielsa, qui se révèlera être un belvédère spectaculaire ».

Hum, ne me demandez pas de vous donner des indications précises sur l’itinéraire. Suivez le conseil de l’auteur : improvisez !

Je savais qu’avec de telles informations, ça ne serait pas facile, mais c’est encore pire que ce que j’imaginais…

Mais prenons d’abord la route. Depuis le monastère de San Victorian, il faut retourner à Laspuna, puis Bielsa, où nous prenons la direction de Pineta. Quelques kilomètres plus loin, on tourne à droite, et on monte vers Espierba. Jusque-là, ça va… seulement le panneau qui indique Espierba n’est pas visible quand on vient de Bielsa, ce n’est qu’une fois qu’on l’a passé qu’on le voit… dans le rétro ! Mais on va dire qu’il faut s’attendre à trouver cette intersection vers le kilomètre 6. Premier hic, l’auteur dit qu’à l’entrée d’Espierba, il faut prendre une piste à droite… sauf que cette piste, elle est plutôt à la sortie du village !!! Heureusement, un panneau indique « Diera ». Ouf, on est sauvés, j’ai vu sur la carte que ladite piste doit nous mener au Llano de Dieda. Dieda, Diera… Go ! Il faut suivre cette piste sur 2,2 kilomètres environ, jusqu’au petit plateau où on peut se garer. Mouais, peut-être. Nous, on se gare un peu avant, croyant avoir vu un début d’itinéraire. Mais on verra ça demain.

 

Après un dodo sommaire dans la voiture, je me lève 30 mn après le soleil (ps : le soleil se lève tôt en ce moment !) et vais faire une petite reconnaissance du terrain. De là où nous sommes  – ou pas – à 1590 mètres d’altitude, je ne trouve pas le moindre indice. Le départ de ce qu’on croyait être l’itinéraire est en fait une fausse piste, ne menant nulle part, sinon dans une prairie. Je reviens annoncer la bonne nouvelle à Fred qui s’est réveillé entre temps. Comme le sommet est visible, on laisse tomber le topo auquel on ne comprend rien de toutes façons et on trace, avec pour seul objectif : choisir le meilleur itinéraire possible, c'est-à-dire, éviter de trop faire le sanglier de bon matin, car la végétation est dense, et aussi une soi-disant barre rocheuse mentionnée dans le bouquin.

 

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On commence pas mal, d’abord en parallèle à la piste, pour ne pas trop s’enfoncer dans les buis, en attendant de trouver une « ouverture ». Ca se fait assez vite, et si au départ, on visait une zone d’éboulis menant à proximité du sommet, on se laisse guider par nos pieds qui choisissent « tout droit » un terrain minéral calcaire nécessitant parfois de s’aider des mains. Rien de bien méchant ; je me régale ! Il faut juste tester les prises avant d’être sûr de pouvoir compter sur elles… Ce parcours ludique nous mène sur la crête à 1930 mètres d’altitude, de là, les 120 mètres qu’il nous reste à faire sont un jeu d’enfant et s’effectuent sur un terrain agréable et doux au contact car sous un couvert de résineux. Il me tarde de sortir du bois pour enfin découvrir le panorama. Après 1h10 et 500 mètres de D+ depuis el Pico del Cuezo (2049 m) on assiste effectivement à un merveilleux spectacle ; le panorama à 360° est tout simplement magnifique. Là encore, je regrette de ne pas pouvoir identifier les lointains sommets, mis à part le massif du Mont-Perdu, qui aujourd’hui est bien dégagé. D’ailleurs, pas un seul nuage ne vient perturber la scène ; c’est grandiose !

Mais… où est-il donc, l’Aneto ? A l’aide de la carte au 50 000ème et les indications du topo – Mont-Perdu et Maladeta en miroir -  je pointe mon regard à l’extrémité d’une ligne imaginaire que j’ai tracée entre les deux, mais… je ne vois pas grand-chose, si ce n’est un bout de massif émerger à peine, voire juste une cime… Avec ça, difficile d’identifier quoi que ce soit. Juste devant, de l’autre côté de Bielsa (plein Est) la Punta Fulsa (2858 m) et la Punta Suelza (2972 m) toutes proches, masquent déjà une partie du panorama. Toujours dans cet axe, avant de trouver l’Aneto, très éloigné, il y a bien d’autres massifs culminant à plus de 3000 mètres. Avec Fred, on commence à douter de pouvoir apercevoir le « seigneur des Pyrénées ». Bref, n’y connaissant pas grand-chose dans le secteur, je ne puis rien dire !

Moi, je suis toujours obnubilée par la Munia, mais toujours aussi incapable de l’identifier. Grrrrrr.

Au S-O, les parois nord de la Sierra de la Suca surplombent vertigineusement la vallée de Pineta.

Il est tôt, encore possible de descendre rapidement et d’aller découvrir un autre lieu… mais nous avons bien du mal à nous arracher à notre contemplation. Comme hier, dans un resto, j’ai repéré sur une carte au 25000ème un sentier entre le col de Seratillos et el Llano de Dieda, sentier non trouvé depuis le bas, je me dis que nous pouvons prolonger le temps de la réflexion en marchant jusqu’à ce col et tenter de trouver ce sentier par le haut. C’est parti donc pour un cheminement en crête, bien chouette, d’ailleurs. Arrivés au col, vers 1800 m, je pars en quête de ce sentier… fantôme. A cet instant, je suis tentée de partir à travers bois pour regagner la piste 200 m plus bas ; la forêt est loin d’être hostile, ça ne devrait pas être trop désagréable. J’en suis là dans la réflexion quand Fred, qui a poussé un peu plus loin au NO, m’informe qu’il y a une piste… piste mentionnée dans le topo, sensée nous amener à Espierba. Ca me plait moyen, ça… 1) parce que c’est une piste 2) parce que après Espierba, il faudra à nouveau cheminer sur la piste empruntée hier en voiture pour aller récupérer cette voiture, précisément…

 

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On avance, au moins jusqu’au col suivant (col d’Espierba) dans l’espoir de trouver le sentier qui nous ramènerait au plateau… Mais pas une trace. Dans le même temps, on se laisse un peu envoûter par la beauté du site, on se sent « happé » par le Mont-Perdu duquel on se « rapproche » au fil de nos pas, et comme je sens bien que si Fred retourne à la voiture, il n’aura plus le courage ni la motivation de repartir pour une autre rando, on décide finalement de poursuivre notre parcours en crête. Il est 11h10, on se met en tête d’avancer jusqu’à trouver un lieu de pique-nique face au Mont-Perdu. Et c’est ainsi que nous nous retrouvons au Comodoto (2354 m) un sommet herbeux d’où la vue est tout simplement époustouflante… Le Mallo Gran, las 3 Marias, le Soum de Ramon, la face nord du Mont-Perdu, les Astazous, tous ces « grands » venant fermer le cirque de Pineta.

Vers le NO, le Sobrestiba et le Chinipro, que des skieurs sont en train de gravir. Au N, le pic de la Robinera. Je « devine » la Munia – c’est une obsession – juste derrière. Les autres sommets restent inconnus, c’est dramatique. On se dit que l’Aneto doit être visible d’ici, et même davantage qu’au Cuezo. Où qu’il soit, je pense à ceux qui avaient prévu de le gravir aujourd’hui. Quelle veine ! La météo est sublime. Quant à moi, je préfère rêver à de futures ascensions plutôt du côté du Perdido, de Troumouse, du Bachimala et que sais-je encore. Le Nethou, oui, pourquoi pas, par la vallée de Creguena, ou encore par la « voie de l’histoire », celle de Tchihatcheff et de Franqueville.

 

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Après le repas, j’attrape froid ; c’est vrai que malgré le soleil, le fond de l’air est frais… Alors on prend le chemin du retour. A cheval entre les vallées de Chisagues et de Pineta, nous redescendons jusqu’au col d’Espierba, laissant dans notre dos le Mont-Perdu qui commence à se coiffer d’un nuage.

Au col, nous prenons la piste qui doit nous ramener à Espierba. Il y a bien quelques coupettes, mais pas assez à mon goût et cette autoroute me semble interminable. On file vers l’Ouest, Espierba est dans notre dos, ça m’énerve passablement de faire ces longueurs prévues uniquement pour les véhicules motorisés… Néanmoins, je prends mon mal en patience, cherchant l’ombre et projetant dans ma tête tous ces panoramas qui ont fait de cette journée un rêve. Enfin, après être parvenus à Espierba, on retrouve la piste menant au plateau de Diera, et à la voiture. Vite, vite, je vais me trouver un coin où je pourrai mettre ma tête à l’ombre et mon corps au soleil ; ça sera dans l’herbe, près d’une ancienne étable qui fleure encore bon l’odeur de ses habitantes…

 

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Finalement, aujourd’hui, nous aurons fait toute la crête allant du Cuezo au Comodoto. Entre ces deux sommets, il faut compter environ 2h30.

En tout, une journée de 8 heures (avec les longues pauses) pour environ 1300 mètres de D+

 

Un bien joli week-end en Aragon, entre fraîcheur et chaleur, entre maquis et roche calcaire, entre petits sommets et grands 3000, entre crêtes et vallées, entre falaises et canyons… entre bonheur et plaisir.

 

Et sitôt repassé le tunnel de Bielsa, on se retrouve dans le brouillard total dans les Hautes-Pyrénées. Coup dur, mais en même temps, cela ne nous fait pas regretter d’avoir tenté et osé l’Espagne cette fois-ci !

 

 

Carte n° 23 Pyrénées Aneto – Posets 1/50000

Topos : hors série Pyrénées Mag à 260 balades et rando 2005 pour la Pena Montanesa

             hors série Pyrénées Mag à 260 balades et rando 2006 pour le Cuezo

 

* "j'me sens coupable d'être tombé de cénobite en anachorete et d'avoir arrêté de..."

Anachorète : ermite, moine qui a choisi une vie spirituelle dans la solitude et le recueillement, contrairement au cénobite qui préfère la vie monastique en communauté.