Après avoir passé le samedi à aller encourager Ludo et JC en différents points du parcours du GRP, puis les avoir accueillis à leur arrivée à Vieille Aure vers 2 heures du matin, ce dimanche est consacré à l’ascension de nouveaux sommets, l’Estaragne (3006 m) et le Campbieilh (3173 m).

Le départ se situe non loin de là, juste avant le lac de Cap de Long, dans la réserve du Néouvielle, au pont à 2079 m d’altitude. C’est encore le bouquin « 100 sommets des Pyrénées » qui va nous donner les indications principales. Mais en fait, il n’est pas indispensable, car le sentier est tracé tout du long, ce n’est pas bien compliqué. Déjà, on ne peut pas rater le départ, en rive gauche du ruisseau d’Estaragne, puisqu’il a quelques escaliers !!! Ensuite, il n’y a qu’à suivre le sentier, d’abord tout droit, puis vers la droite (SO). Après une progression dans l’herbe, on évolue sur des éboulis gris, avant d’atteindre un ressaut par de gros blocs de granit. C’est là, à 2570 m, qu’il est possible de refaire le plein d’eau, et de profiter de l’occasion pour faire une petite pause.

Le lac d'Oredon :

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 Avez-vous l'oeil averti?

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Coucou!

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Attention, c’est là aussi qu’il est possible d’hésiter quant à la suite de l’itinéraire. En effet, droit devant, dans la pente d’éboulis marron, on peut voir une sente qui serpente… mais qui se perd brutalement. Ce n’est pas là qu’il faut aller ! Il faut juste avancer un peu, et ensuite, le sentier vire rapidement à gauche (SO) ; il est très bien tracé, et même si on est attiré par le col qu’il y a en face (plein O), il vaut mieux ne pas y aller. Deux randonneurs se sont engagés dans cette mauvaise direction, on les voit monter dans la pente à gauche du col pour atteindre ce qu’ils croient sans doute être le sommet, faire ½ tour et chercher leur itinéraire.

Nous traversons des pentes brunes. De là, on voit devant nous 3 « caravanes » de randonneurs. Y’a du monde, ici, waouh ! Je n’ai pas l’habitude… L’écart entre le dernier groupe et nous se resserre au fil de notre progression, malheureusement, il ne nous sera pas possible de les doubler avant d’avoir atteint la barre rocheuse (2840 m) qu’il faut franchir par la gauche, même si là, on serait tenté de passer au-dessus directement. Non, il faut toujours bien suivre la sente, et ça passe tout seul.

 

Le col d'Estaragne; c'est là qu'il faut virer à gauche, après le névé, malgré la tentation d'aller tout droit :

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Le ressaut :

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Pause photo en attendant que le groupe ait franchi le ressaut :

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Alors on ralentit et on est même contraint à une pause forcée au pied de la « mini cheminée », bloqués par nos prédécesseurs. Leur guide nous crie de nous mettre à l’abri car quelques pierres chutent. Super ! Pourtant, le terrain n’est pas spécialement croulant.

Une fois sortis de ce passage, nous passons devant eux ; ça me coûte un peu de souffle. L’altitude me jouerait-elle des tours ?

Direction plein S, la crête N de l’Estaragne est atteinte, puis très vite, le sommet. Seuls deux Espagnols avec leurs jeunes garçons – à peine une dizaine d’années – sont présents et s’apprêtent à partir. Vite, on dégaine l’appareil photo tant que l’on a le pic pour nous tout seuls et avant que le grand groupe investisse les lieux. Ca nous laisse à peine 5 mn. Mais on sait qu’après, on est tranquilles, car ils font ½ tour, tandis que nous poursuivons jusqu’au Campbieilh. Pour éviter toute pollution sonore, on quitte rapidement le lieu…

 

Au sommet de l'Estaragne,

Le Campbieilh :

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Le pic de Néouvielle, le Ramougn et les pics des Alharisses :

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C’est parti pour une petite centaine de mètres de descente raide dans des éboulis fins, dans laquelle on double les Espagnols. Ensuite, on remonte, par le sentier le plus haut, afin de coller au plus près à l’arête. Mais finalement, ça nous semble se corser, alors on va récupérer la sente du dessous. Dépense d’énergie inutile. Enfin, moi je pense que ça passait par le haut ; j’sais pas, c’est pas moi qui suis allée voir. Mais bon, faut s’adapter…

On déboule sur la crête, un jeune couple s’encorde. Ah… ???

On doit passer une dalle inclinée, je ne sais pas ce que je fous – probablement pour être au plus près du fil – je l’aborde un peu trop par le haut, à un endroit où il n’y a pas de prise. Je me colle à la paroi, je tire sur les cuisses pour me sortir de ce mauvais pas. Aïe, la douleur au TFL est toujours là, c’est dans ce genre de situation « tendue » que je le sens. Quant à Fred, il est passé sans problème, à peine 50 cm sous moi…

Je râle contre mes grosses chaussures de rando que je trouve assez glissantes, et je confirme que je me sens beaucoup plus à l’aise dans mes trail de montagne ; j’ai vraiment besoin de sentir au maximum le contact avec le sol et les grosses semelles, la semi rigidité du tout, m’éloignent bien trop de cette sensation. Quant à ce qui est du maintien de la cheville, n’en déplaise aux puristes, j’aurai l’occasion d’en reparler dans la descente.

La fin du parcours n’est plus qu’une formalité. 3h05 après notre départ, nous sommes au sommet du Campbieilh (3173 m). La vue est magnifique. Le massif du Mont-Perdu semble tout proche et resplendit. Le Vignemale se dessine aussi dans le paysage, ainsi que le Balaïtous. Et bien d’autres encore.

Il y a déjà un couple qui prend son repas, et peu de temps après nous, les Espagnols arrivent. Mazette, je ne pensais pas qu’ils viendraient jusqu’à ce second sommet ! Chapeau aux petits qui carburent !

Puis c’est au tour du jeune couple d’encordés d’arriver. La fille dit « Finalement, ça passe sans problème ». Elle avait juste besoin d’être rassurée…

Pour ceux qui auraient des craintes à lire ceci, je confirme que ça passe très très bien.

Y’a un peu de place, on va pouvoir se poser tranquillement, prendre notre temps … et notre repas ! Inhabituel, on a monté jusque là-haut le reste du poulet rôti d’hier soir. A cette altitude, il est succulent. Avec chips, tomate et fromage, c’est un véritable festin que nous faisons là !

L'Estaragne vu du col :

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Le Campbieilh :

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On y arrive!

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La suite de notre itinéraire, depuis le Campbieilh :

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Pic de Néouvielle et lac de cap de long :

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Pic long :

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L'estaragne, que l'on distingue à peine (suivre la langue grise au-dessus du névé) :

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Nous avons prévu de faire une boucle, mais nous ne savons pas trop où il faut descendre, d’autant plus que tous nos compagnons d’une journée semblent être dans le même cas que nous : ils poursuivent sur la crête, puis font ½ tour, puis repartent sur la crête…

En fait, il y a deux itinéraires : un qui part direct du sommet (enfin, quelques mètres juste en-dessous), dont on voit le tracé zigzaguer dans les éboulis marron-roux, et qui rejoint directement le vallon de cap de long, et un autre qui se poursuit sur la crête SO du Campbieilh et qui arrive au S du gourg de Cap de Long. C’est celui-ci que nous choisissons, le plus long, certes, mais nous ne sommes pas pressés, que diable !!!

Et heureusement, d’ailleurs ! Parce que, autant je ne sais pas pourquoi ce lieu s’appelle Cap de Long, autant je sais que le qualificatif est approprié !!!

Le site est super joli, surveillé par le Pic Long, 3192 m, considéré comme le plus haut sommet des Pyrénées françaises, et qui donne envie…

Le contraste des couleurs est impressionnant à cet endroit. Du gris, du blanc, de l’ocre, du marron-roux, du noir, sans oublier le vert et le bleu du gourg. C’est vraiment un superbe endroit.

Le gourg se contourne par le droite et non par la gauche comme indiqué sur la carte. Nous poursuivons notre progression vers le N, vers le lac de Cap de Long qui entre dans le paysage, alternant pentes raides et douces. Mais quand même, je commence à trouver que ça ne descend pas beaucoup !!! En plus, mes chevilles n’arrêtent pas de danser la salsa, ça devient pénible. La prudence est de rigueur, et je pense à mes chaussures de trail… « Et il faut des chaussures rigides pour les cailloux, et il faut des chaussures montantes pour maintenir la cheville, et… ». Ouais, ben, je fonctionne peut-être à l’envers (ce qui ne serait pas une surprise), toujours est-il que j’ai des chaussures montantes et que mes chevilles se barrent quand même et que je n’ai pas cette sensation avec les autres pompes !

Horreur, quand on arrive à la hauteur du lac, il faut remonter ; certes, pas beaucoup, mais tout de même !!! En effet, le sentier en corniche surplombe le grand lac jusqu’à 160 m en son point le plus haut (2320 m).

C’est beau, même très beau, mais c’est aussi bien long ! Heureusement qu’on a fait une boucle, parce qu’un aller-retour par cet itinéraire doit provoquer de longs moments de lassitude…

Quand on arrive enfin au barrage, on irait bien boire un coup à l’un des deux bars, mais………… il faut aller chercher l’argent laissé dans la voiture, une centaine de mètres plus bas… il va donc falloir se taper environ 1 km de bitume (à vue de nez), avant de remonter ici … en voiture ;-)

Mais quel plaisir de prolonger cette journée par un moment de détente où on se délecte d’un bon rafraîchissement…

Pic long et gourg de cap de long :

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Contraste de couleurs saississant :

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Le Néouvielle et le lac de cap de long :

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Voilà, une belle rando aux couleurs des schistes, marbres et calcaires de toute beauté… et facile, en plus !

 

Récapitulatif

7h20 au total, pauses comprises

2h05 pour l’Estaragne

50 mn de plus pour le Campbieilh

Environ 3h25 de descente (dont un bon ¼ d’heure de route entre le barrage et le pont 2079)

1500 m de D+ environ

Carte IGN 1/25000 1748ET Néouvielle