La météo annoncée ce premier dimanche d’Octobre ne devait pas être trop mal… sauf que quand c’est le Roc Blanc qui est programmé, je ne sais pas pourquoi, cette météo devient capricieuse.

Le Roc Blanc et moi, c’est toute une histoire, ou plutôt, DES histoires.

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La première s’est terminée avant d’avoir atteint le col du Laurenti, un jour où je venais des étangs de Baxouillades : hésitation quant à l’itinéraire, mon fils resté à l’étang et que je ne voulais pas laisser seul trop longtemps ; on avait rebroussé chemin, laissant dans notre dos le seigneur du Donezan.

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La seconde, c’est une histoire de famille. Une famille – la mienne ! – qui s’est gelé toute la soirée et toute la nuit à l’étang du Laurenti, sous le vent, la pluie, le froid, impressionnants en plein mois de Juillet. Le lendemain, pourtant, on y a cru ; le soleil nous a ouvert une fenêtre dans le ciel bleu, le Roc a pointé sa dent… On y est allés. Une fois au col, brouillard complet. Sommet enrobé d’un voile gris, atteint, mais sans aucune visibilité sur le panorama.

 

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00CEt aujourd’hui, avec Louis, en convalescence-entorse à la cheville, on voulait faire quelque chose de court, de facile. Bien sûr, la météo annonçait un temps couvert, mais quelques éclaircies aussi. Alors on a tenté. Et si l’éclaircie survenait au « bon » moment, pour une fois ?

Quand nous partons du parking à proximité du refuge forestier du Laurenti (1616 m), le temps est effectivement couvert, mais rien de bien méchant. Il fait meilleur qu’en Juillet 2012, ça c’est une certitude !

C’est donc la seconde fois que je chemine ici et mes pas me ramènent à quelques souvenirs… La première fois, on avait bien failli rester au refuge forestier, tant la météo était maussade. A la faveur d’une éclaircie, mon frère Manu était parvenu à nous motiver pour monter bivouaquer à l’étang. Laurent, mon fils, et Solène, ma nièce, ouvraient le chemin. Morgane, mon autre nièce, la fermait (la marche), avec son lot de râlerie et de bouderie dignes de l’ado qu’elle est ! Nous, les adultes, on suait un peu d’avancer à son rythme, avec un sac bien lourd sur les épaules.

 

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Aujourd’hui, ce ne sont pas les grognements d’une ado ravie de randonner qui agrémentent (façon de parler) notre parcours, mais les cris rauques des cerfs ariégeois. Ils brament en plein jour, c’est incroyable… Probablement n’ont-ils pas encore trouvé l’âme sœur et qu’ils l’appellent la nuit, le jour, toujours ?!

 

La palette des couleurs automnales ne teinte pas encore le paysage ; seul un sorbier fait du zèle dans cet univers – vert (enfin, un peu gris aussi, pour l’heure). Il peut, il est magnifique !

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Louis prend toutes ses précautions sur un terrain rendu glissant par l’humidité, mais nous parvenons quand même assez rapidement à l’étang du Laurenti (1936 m) où de nombreux souvenirs remontent à la surface : le froid cinglant, le « surhabillement » pour s’en protéger, le feu qui ne prend pas, mais aussi l’apéro, la bonne grillade – on y est arrivés, malgré tout – les rires plus forts que les grelots, et tout et tout…

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Nous discutons avec un pêcheur et sa compagne qui viennent d’essuyer une averse (enfin, si on peut dire) et font sécher leurs vêtements. Nous avons échappé à celle-ci, mais pas la peine de se réjouir trop vite. Là-haut, c’est complètement bouché ! Cependant, on ne perd pas espoir et nous poursuivons notre chemin.

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Mmmmm, des framboises ! Il m’aura fallu attendre ce jour pour en déguster, c’est quand même incroyable !

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Quand on change de direction (laquet 2251m), le temps change aussi… mais pas dans le bon sens ! En effet, plus nous avançons vers le col du Laurenti, plus la météo se dégrade, finissant même par verser quelques larmes, qui se solidifient au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude. Mais aujourd’hui, rien ne semble pouvoir entraver notre détermination. Quoique… j’avoue quand même que jusqu’au col (2400m), j’ai espéré que Louis me dise « Bon allez, on rebrousse chemin », car c’est sûr, la fenêtre bleue tant espérée restera fermée, alors à quoi bon ?

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Pourtant, nous allons jusqu’au sommet. Parvenus aux premiers blocs, on fait tout de suite demi-tour : il fait froid, le rocher est glissant, inutile d’aller prendre des risques sur la crête d’autant plus que bien évidemment, la vue est complètement bouchée !

Voilà, le Roc Blanc a été gravi, mais encore une fois, il ne m’aura pas fait profiter du spectacle alentour…

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On redescend, cette fois c’est bel et bien la neige qui nous accompagne, ainsi qu’un vent cinglant que l’on prend en pleine face. La météorologie avait bien prévu le temps couvert, mais les précipitations, non…

Cette sortie est on ne peut plus … rafraîchissante ! Je suis frigorifiée !

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Vers 2200 m, la neige devient pluie, c’est encore pire, mais une lueur d’espoir renaît quand sur l’étang du Laurenti, le ciel s’éclaircit. Du bleu !

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Louis est plus gourmand que moi et s’arrête pour déguster quelques framboises à l’endroit même où nous les avions trouvées à l’aller. En ce qui me concerne, le cœur n’y est plus et je n’ai qu’une hâte : aller me mettre à l’abri.

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Lorsqu’on arrive à l’étang, la pluie cesse, nous laissant espérer un déjeuner bucolique à l’abri du vent. On se change, on s’installe pour manger, on se laisse caresser par la douce chaleur du soleil qui nous fait le plus grand bien, mais on n’a pas le temps de déguster le fromage qu’il se remet à pleuvoir. Grrrr… L’accalmie aura été de courte durée ! On remballe tout vite fait pour aller terminer notre repas à la cabane de Counc (1857 m), située un peu plus loin sur le chemin du retour.

Je supporte sans problème tee-shirt, polaire, doudoune, et même veste coupe-vent par-dessus le tout, les gants et le bonnet bien sûr, même en marchant. C’est impressionnant, je crois bien que c’est la première fois que je superpose autant de couches lors d’une rando.

Ah non… La première fois, c’était… ah mais bien sûr, je m’en souviens, maintenant ! C’était … ici même, en juillet 2012 !!!

Et là, j’me dis qu’il faut être cinglée pour s’être levée si tôt un dimanche pour aller se faire tremper et se les geler pour un sommet qui selon mes propres termes, se laisse grimper dessus, mais sans se déshabiller. Quelle pudeur admirable, soit dit en passant !

 

Louis, quant à lui, se régale… Il est ravi de sa sortie, lui qui a gravi plusieurs fois le Roc Blanc sous un soleil radieux, il se félicite presque de l’avoir fait au moins une fois avec un temps pourri. Là, ça frise carrément la provocation, non ? Ou alors, il est encore plus fou que moi !

De toutes façons, il n’avait pas trop de souci à se faire… si c’est dans ces conditions qu’il voulait le gravir, y’avait qu’à me demander : j’suis maudite avec ce sommet, météorologiquement parlant ! Y veut pas m’dévoiler ses trésors…

 

Nous faisons comme prévu une petite halte à la cabane, histoire de terminer notre repas, tout en regardant le rideau de pluie à la porte.

A nouveau, ça s’éclaircit…

 

Ah oui, sur tout le retour, à chaque accalmie, je me suis retournée, pour voir si le Roc Blanc apparaissait dans le paysage. Et heureusement, non. Par-là, c’est resté voilé. Pourquoi heureusement ? Parce que je me suis dit que s’il se dévoilait après que je l’aie atteint dans la nébulosité, ben c’est qu’il se foutait vraiment de ma gueule et d’ailleurs, à ce propos, je serais remontée rien que pour lui casser la sienne, de gueule, même si aujourd’hui encore, j’ignore la façon dont je m’y serais prise !!!! L’occasion ne s’est pas présentée, ouf !

 

Nous reprenons le chemin tranquillement, profitant d’une éclaircie, mais nous n’avons pas le temps d’arriver à la voiture qu’une nouvelle averse nous arrose, heureusement, avec modération !

 

Globalement, je suis très contente de cette petite balade, ponctuée de beaux souvenirs, partagée simplement et en toute convivialité, malgré le froid, la pluie, la neige, qui forge de nouveaux souvenirs !

Il ne me reste plus qu’une chose à faire : y retourner, et espérer voir enfin le panorama que tout le monde me dit magnifique. Je ne demande qu’à voir, d’autant plus que cet insolent impose très souvent sa silhouette trapézoïdale dans le PAF (paysage ariégeois fabuleux), à peu près où que l’on soit, et qu’il n’a donc pas fini de me narguer !