Aujourd’hui, j’ai besoin de me dégourdir les jambes et malgré un départ tardif (pour cause de rendormissement après la mélodie du réveil) je décide tout de même de partir en direction de l’objectif que je m’étais fixé la veille.

10h05, me voilà donc partie du parking de Caralp (au-dessus d’Orlu - 1130 m). Je sais que je vais commencer par une piste ; c’est détestable, mais en même temps, cela me permet d’avancer à une bonne cadence, bien que je me raisonne ;-)

En une bonne trentaine de minutes, je parviens à l’intersection du GR7. Pour la première fois, je me dirige vers le refuge d’en Beys, dans la vallée de l’Oriège. Je découvre une dizaine de minutes plus tard la jolie cabane d’en Gaudu (1377 m), en deux parties, dont celle ouverte aux randonneurs est bien sympathique et ornée de jolies « fresques ».

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Comme il est très bien expliqué dans le topo, il faut quitter la vallée de l’Oriège lorsque celle-ci se rétrécit, au niveau d’un gros bloc erratique. Je peux ajouter que c’est après 4,6 km de piste, à 1420 m d’altitude et à 100 m de distance d’une borne de la réserve d’Orlu. Ces info, c’est juste au cas où vous n’auriez pas vu le cairn qui vous invite à prendre la direction SE (juste avant le gros bloc). Les deux branches du ruisseau se traversent sans problème (l’une est à sec), après, j’vois plus de cairn, mais l’indication du topo qui m’avait fait sourire à sa lecture est très claire sur le terrain : je vise donc les « deux hêtres à l’entame de la pente », je reste au pied de celle-ci, cherchant une trace, mais je ne vois rien. C’est qu’il faut monter ce petit promontoire, et là, rapidement, on trouve une petite sente qui mène à une prairie. Des cairns mènent sans problème à la hêtraie, qu’il faut traverser en montant grâce à de nombreux lacets. Ca change des 350 m pris très lentement jusqu’à présent !!! Dans cet univers, j’me demande qui d’autre que moi est passé par ici ces derniers temps… L’ours ? J’m’attendrais presque à le rencontrer…

Vers 1700 mètres, la forêt s’éclaircit, les couleurs de l’automne étincèlent, c’est magnifique… Je me régale de quelques myrtilles, un délice pour les papilles (ben quoi, je peux bien faire des rimes !).

Je débouche à la jasse de déla, où trône une petite cabane (1968 m), très sommaire. Bon à savoir, il y a une source.

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Le vent, qui soufflait déjà pas mal par intermittence dans la vallée de l’Oriège, est assez violent. Je crains pour la suite…

Après avoir pris quelques forces sous forme d’un biscuit au chocolat, je poursuis mon chemin, sans trop traîner. Depuis mon départ, je suis à plus ou moins cinq minutes des temps indiqués dans le topo,  je me dis alors que je parviendrai à la grande Porteille d’Espagne à 14h passées (puisque c’est donné en 4 heures), ce qui réduit fortement mes chances de faire un sommet aujourd’hui…

Cet endroit n’a pas l’air fréquenté, néanmoins, la sente est bien marquée et agrémentée de nombreux cairns. Attention, au-dessus de la cabane, vers 2010 m, on trouve une sente qui part à droite. Elle doit mener au captage, il ne faut donc pas la prendre, mais continuer tout droit, afin de monter la croupe herbeuse. Une fois parvenue en haut de cette croupe, je passe à droite d’un bloc erratique et plus loin, à gauche d’un éperon rocheux, comme indiqué dans le topo. Ensuite, il suffit de suivre le ruisseau de la Grande Porteille jusqu’au dernier petit étang, direction plein S. L’herbe cède peu à peu la place aux éboulis, mais le cheminement n’est jamais désagréable.

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Je me demande toujours où est cette porteille qu’on ne voit jamais. C’est seulement entre 2400 et 2500 mètres qu’elle apparait enfin, et 3h38 après mon départ, j’y parviens, un peu surprise de me trouver dans un endroit aussi « étriqué ». Avec un nom comme ça (portella gran ou grande porteille d’Espagne) je m’attendais à trouver un large col. Il n’en est rien ! Je ne vois pas la borne de la réserve d’Orlu dont il est fait mention, ou plutôt si, mais plus à gauche, ce qui me fait douter. Le tracé GPS me confirmera pourtant que je suis bien parvenue au point 2603.

Le vent souffle avec une extrême violence, j’en ai du mal à tenir pendant que je prends des photos…

L’estany Blau dont j’ai souvent entendu parler s’étend juste quelques mètres en-dessous.

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J’ai 22 minutes d’avance par rapport au topo, je vais donc les mettre à profit pour monter jusqu’au puig de la Cometa d’Espagne (ou pic de la Coumette d’Espagne - 2763 m) tout proche. Je suis bien tentée par le Puig de la Portella Gran, mais il est assez éloigné et le vent souffle si fort que je crains de devoir trop lutter pour y parvenir. Tant qu’à faire un choix, je me dirige vers le sommet qui se trouve davantage sous le bleu du ciel.

Le vent souffle effectivement très très fort, mais curieusement, au sommet, 2763 m, il se calme. Moi qui pensais être contrainte par Eole à y faire un aller-retour express, je suis ravie de prendre tout mon temps, et de me poser enfin un peu.

La vue est superbe sur le Peric et les estanys Blau.

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La rive S du grand estany Blau est gardée par la Serra de l’Orri

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On peut admirer l’estany de la Grava, la vallée du même nom et le lointain Carlit.

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Un des estany de la Grava, le puig de la Grava à gauche :

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Plus à l’Ouest, un autre étang (lequel est-ce ? Help !)

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J’admire la crête entre le pic de la Cometa d’Espagne et les Tres Piques Roges.

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Les Tres Piques Roges, le puig de la Grava à gauche, le Pedros au fond, et au centre, peut-être les pics de l’étang Faury et d’en Beys ?

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Une vue du Carlit au Pedros...

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A nouveau, le Peric et l’Estany Blau...

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Le Saint-Barthélémy est également dans le paysage,

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ainsi que le Canigou.

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De l’autre côté de la Portella Gran, le puig de la Portella Gran et la crête NE (puig des Morters, des Mortiers, des Terrers), et au loin, le Roc Blanc (et peut-être la Camisette tout à fait à gauche ?)

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Au sommet, un peu venté tout de même.

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Le beau, l’attirant Peric...

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Le pic de la Portella Gran et le Peric

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L’étang non identifié

 

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Après avoir mangé et bien profité de ce panorama totalement nouveau pour moi, j’entreprends la descente. Je pars un peu trop à droite, ce qui m’oblige à récupérer le bon itinéraire en traversant à flanc dans des éboulis. Les deux randonneurs que j’avais aperçus tout à l’heure au grand estany Blau sont en train de finir l’ascension du pic de la Coumette d’Espagne à quatre pattes tant le vent souffle sur ce versant. Quand je récupère la crête menant à la Portella Gran, je vais en faire les frais moi aussi. Il faut déployer une horrible force pour lui résister, c’est intenable – c’est le cas de le dire – Heureusement, ce passage est court ! Il est presque 15 heures quand je reviens au col, j’abandonne l’idée d’aller faire un aller retour jusqu’au puig de la Portella Gran. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui me manque… Cela me ferait rentrer à 19 heures, soit avant la nuit (et puis même, étant donné que la dernière heure se fait sur piste, y’a aucun problème pour le faire de nuit) mais j’ai oublié mon portable et je ne peux donc prévenir personne de mon retour tardif. C’est davantage pour ne pas inquiéter mon entourage que je renonce à ce sommet… Il sera pour une autre fois !

 

En prenant le chemin en sens inverse, je réalise à quel point les versants orientaux et ariégeois contrastent. Alors que la face ariégeoise du puig de la Portella Gran

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paraît inaccessible, de la Portella, il apparaît beaucoup plus abordable…

 

En fond de vallée, le Tarbesou (?)

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Le versant ariégeois du puig des Morters, etc, est vraiment austère...

 

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Après m’être éloignée du ruisseau, je plonge vers la cabane de Déla (au centre de la photo)

 

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Quelques isards manifestent leur mécontentement en soufflant. Le vent, après un moment de répit, souffle fort à nouveau. Il me tarde de me retrouver à couvert dans la hêtraie. Les couleurs automnales contrastent avec l’austérité du fond de vallée.

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Je récupère la piste comme je l’ai laissée, c'est-à-dire longue et ennuyeuse. J’abandonne l’idée folle qui m’avait effleurée l’esprit, celle de trottiner jusqu’au parking. Raisonnablement, je me dis que tant qu’à faire, autant profiter de ces instants dans la nature, accompagnée par le ruissellement de l’Oriège, le virevoltement des feuilles, et la majestuausité (je sais, j’invente, là !) de la dent d’Orlu…

 

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J’arrive à la voiture à 17h38, finalement, il n’est pas tard ! J’aurais pu … enfin non, n’ayons aucun regret !

 

En résumé, une belle bambée de 20 (garmin) à 23 km (carto explorer) pour environ 1650 à 1700 m de D+ en 7h33 avec les pauses (3h57 pour parvenir au puig de la Cometa d’Espagne).

Des marmottes dans la vallée de l’Oriège, des perdrix à la sortie de la hêtraie, des isards au-dessus de la jasse de Déla.

Météo mitigée, plutôt couverte dans l’ensemble, sauf au sommet. Vent chaud par rafales, parfois violentes. Température agréable.

 

Carte IGN 1/25000 2249 ET Font-Romeu Capcir

Un singulier contraste entre l’ambiance austère ariégeoise sur la fin et le côté plus « doux » mais aussi plus désertique des Pyrénées-Orientales qui m’a laissée « perplexe ». Peut-être l’ensemble manquait-il de lumière pour en apprécier pleinement la beauté?

 

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