Sans topo, sans autre indication que la carte espagnole au 50 000 ème dont on n’a plus besoin de dire à quel point elle est « floue » c’est quand même par là que l’on décide d’aller aujourd’hui. Et parvenir au départ est déjà une aventure !

A Salinas, entre Bielsa et Lafortunada, il faut prendre la route à gauche (en venant de la France) qui longe la Cinqueta  et mène à Plan. Sauf qu’on ne va pas à Plan, et qu’on tourne à droite (après avoir fait 6 ou 7 km) vers Saravillo. Jusque-là, tout va bien. Mais je ne sais pas si c’est la fatigue de la journée, la route ou quoi, j’ai du mal à lire cette fichue carte et entre routes blanches, chemins de rando rouge (qui ressemblent aux routes des cartes françaises), itinéraires équestres orange et pistes en trait gris fin, je perds les pédales, je ne sais plus trop si l’itinéraire que j’ai décidé de prendre et duquel nous approchons est une route, une piste ou un sentier… Surtout ne pas s’énerver.

Pour l’heure, on traverse Saravillo, c’est un hameau perdu dans la montagne, mais il y a un peu de monde dans les rues. Nous butons sur la fin de la route, et arrivons sur un parking. La suite est une piste, ça ressemble bien à ce que j’avais envisagé, mais rien n’est sûr. On décide alors de demander à quelqu’un où mène cette piste. Mais en sortant de la voiture et en faisant quelques pas, je tombe sur une grande pancarte précisant qu’il faut payer la somme de 3 euros pour continuer… Où et comment payer ? Il y a bien une cahute en bois, mais son état et la rouille sur le cadenas laissent à penser qu’il y a bien longtemps que plus personne n’est là pour s’assurer que chaque passant paye !!! Pourtant, la pancarte est récente, elle. On est sur le point de faire demi-tour quand une voiture passe. Je demande au conducteur si cette piste mène au col de Santa Isabel, lieu de départ de la randonnée. Ouf, il me répond par l’affirmative ! Me voilà rassurée sur ma lecture de carte ! Quand j’évoque le droit de passage, il semble très étonné et m’affirme qu’il ne faut rien payer pour emprunter la piste, longue de 8 km selon lui (attention, c’est peut-être pas la même chanson l’été venu).

Allez, on roule !

La nuit ne va pas tarder à tomber, et on prie pour que le refuge non gardé Santa Isabel (1528 m), situé au col du même nom, soit en état de nous accueillir…

Mais on n’y est pas encore… Intersection. M… on va où ? A gauche ou à droite ? On prend à droite, « parce que ça monte » direction San Miguel. On roule, on roule, on est parfois sur le GR, d’autres fois, on le coupe, mais voilà que la piste redescend. Je cherche depuis un moment ce San Miguel sur la carte, sans succès. De toutes façons, j’ai jeté l’éponge, je sais plus trop bien où on est, jusqu’à ce qu’un panneau indique que l’on descend sur Lafortunada, et là on a la confirmation qu’on n’est pas dans la bonne direction… Au terme de 6 à 8 km de piste, on fait demi-tour.

A la fameuse intersection, on prend l’autre direction (Ibon, je crois). Un peu plus loin une autre intersection, avec cette fois notre destination écrite noire sur blanc, vers la droite : SANTA ISABEL. Ouf, enfin !

Quelques instants plus tard, nous parvenons au refuge, sobre mais accueillant et surtout inoccupé !

Nous sommes accueillis par des chèvres, bien curieuses, et qui me font peur lorsqu’elles se précipitent toutes vers moi quand j’ouvre la portière. Cette présence rend le site encore plus bucolique et charmant. C’est chouette !

Nous allumons un petit feu, ce qu’on regrette aussitôt car on se retrouve enfumés…

Après un repas tardif, nous n’avons plus qu’une hâte : dormir ! Un fourgon arrive, mais ses occupants ne viendront pas nous déranger et dormiront dans leur véhicule.

 

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Le lendemain matin, après

-          le petit-déj’,

-          le coiffage,

-          le brossage de dents,

-          la vaisselle

-          la préparation du sac....

je me mets en quête du départ de la randonnée. Je ne tarde pas à le repérer et il suffit de faire quelques mètres pour trouver des cairns… Trop facile !

Le sentier est bien tracé et chemine agréablement dans une forêt de pins. Mais en peu de temps, l’univers change et nous nous retrouvons à grimper dans un éboulis instable qui pique un peu les jambes… J’vais pas râler, puisque j’aime la caillasse, je suis servie !!! On traverse ensuite un couloir de neige, peu après, un traileur nous double ; il nous dit que la Punta Llerga est un superbe sommet et un beau belvédère. On continue à grimper à notre rythme, il faut à présent traverser la pelouse pour aller rejoindre la crête qui nous mène à une large cuvette, entourée de sommets débonnaires. Nous ne devons plus être très loin de notre objectif du jour.

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Mais où est-il? On cherche du regard le coureur de tout à l’heure qui pourrait nous servir de point de repère, mais il a disparu… Alors, on va à droite ou à gauche ? Après un petit moment, on décide de partir à gauche, de poursuivre par la crête qui se trouve face à nous, et de revenir par la droite. Comme ça, on aura « tout » fait. C’est facile, le dénivelé est à présent faible, et ce n’est que lorsqu’on arrive sur le sommet de gauche que l’on découvre la Punta Llerga (2267 m), flanquée d’un poteau en ciment, à l’autre bout de la crête. Il se trouvait donc à notre droite quand on a débouché dans la cuvette, mais caché par la ligne de crête, il n’était pas visible.

Le rejoindre est une formalité. De là-haut, la vue est effectivement superbe. Nous découvrons l’autre face de la Pena Montanesa, c’est d’ailleurs en observant ce beau sommet sur lequel nous nous trouvons désormais et tout proche d’elle que j’avais eu l’idée de venir ici. Et puis le nom me plaisait bien, aussi !!!

Il est un peu tôt et même si on s’installe pour le repas, moi je ne mange pas, je n’ai pas faim. Je me contente d’une larme de bière et de quelques trucs salés.

Le temps est au beau fixe, le panorama est magnifique, que rêver de mieux ?

Il nous aura fallu 1h50 pour atteindre le sommet en parcourant les crêtes à son opposé, on ne devrait pas mettre beaucoup de temps pour avaler la descente.

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En effet, le retour est assez rapide. Je craignais de glisser dans le pierrier – vu que je glissais déjà dans la montée – mais finalement, tout va bien, je me régale même. Là encore, j’admire mes chaussures de trail La Sportiva qui se révèlent géniales dans ce type de terrain.

Lorsque nous arrivons au refuge, le traileur est allongé dans l’herbe et profite du soleil qui darde ses rayons.

Peu de temps après, les occupants du fourgon arrivés hier soir rentrent à leur tour ; ils ont fait de l’escalade et l’un d’eux s’est légèrement blessé au talon en faisant une chute.

Tandis qu’ils vont se rafraîchir à l’abreuvoir, je me fais un petit sandwich puis m’allonge dans l’herbe afin de profiter encore de ce moment, de ce soleil qui nous fait cruellement défaut ces derniers temps de l’autre côté des Pyrénées. C’est comme si je voulais emmagasiner le maximum de chaleur avant de rentrer…

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Une belle randonnée, facile, et qui tient ses promesses (euh… lesquelles, puisque je n’avais RIEN lu à son sujet !!!). Pour s’y rendre, rien de plus facile : Bielsa – Salinas – Saravillo – piste au bout du village – direction Ibon (gauche) (et non San Miguel, qui n’est pas une brasserie mais un petit sommet du coin !!!) – puis direction Santa Isabel (droite).

Le départ de la randonnée se trouve à droite du refuge (quand on regarde vers la Pena Montanesa), il faut traverser le petit monticule parsemé de branches mortes et autres restes d’une végétation coupée, et se diriger vers la forêt de pins. Le sommet ne se voit pas depuis cet endroit, caché par la falaise où les deux Espagnols faisaient de l’escalade et que l’on contourne par la droite (photo "c'est par là").

3h aller/retour en déduisant les pauses (1h50 de montée et 1h08 de descente)

750 m D+

Environ 7 km

Carte Rando Editions 50 000ème n°23 Aneto-Posets

L’itinéraire, noté en pointillés rouges sur la carte, est très bien tracé et cairné.

A noter que la piste qui se dirige vers « Ibon » mène au départ du Cotiella.