Jour 1 : Saint-Paul de Fenouillet/ Ansignan

17 km

+ 644 m

- 542 m

D : 11h30

A : 17h30

Peu avant midi, nous quittons Saint-Paul de Fenouillet par une douce montée, envahie par la végétation, qui nous mène assez rapidement au premier col de la boucle, flanqué d’un pylône électrique et depuis lequel nous apercevons le premier village traversé, Lesquerde.

 

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C’est un joli site, dominé par un gros rocher d’hématite brune, témoin d’un filon de minerai de fer qui fut exploité de l’Antiquité aux années 60.

 

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Lesquerde possède également tout un réseau de carrières souterraines de gypse ; son activité essentielle est viticole avec un vignoble planté sur un terroir d’arêtes granitiques (source : panneau touristique à la sortie du village). Granite qui se délite et nous fait évoluer sur un terrain parfois très glissant.

Ah, oui, et que serait ce village sans sa place pittoresque ;-)

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Après une courte descente où nous perdons parfois la trace, nous voilà repartis à flanc de colline. La végétation est éclatante de couleurs :

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Quelques portions grimpent bien, Louis s’arrête pour manger un bout, en attendant le « vrai » repas (il faut dire qu’il est largement l’heure !)

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Puis nous repartons… Alors qu’on ne s’y attend pas, mais alors pas du tout, se dresse droit devant nous un mur, une montée sèche qui me fait transpirer à grosses gouttes, ce qui est plutôt rare. Je dégouline ! Sûrement la phase d’adaptation au poids du sac à dos ! Heureusement qu’on n’a pas mangé parce que je crois que je n’aurais pas supporté d’avoir l’estomac plein sur cette portion ! Au prix d’un gros effort, nous parvenons enfin sur la crête, puis sur une route où nous ne faisons pas attention au balisage ; nous tournons à droite au lieu d’aller à gauche et happés par la descente, nous nous retrouvons à Saint-Arnac. Nous n’avons plus qu’à faire demi-tour…

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Route, piste, le relief s’assagit, il est plus de 14h, il serait peut-être temps de songer à s’arrêter pour manger !

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Depuis notre départ, le ciel est lourd et s’il a fait particulièrement chaud dans le mur que l’on vient de se prendre, le vent qui souffle ici nous apporte un peu de fraîcheur.

Nous repartons, direction Ansignan, que nous devrions atteindre en une heure environ. Quel est ce vestige sur la colline, à droite ?

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Le lac de Caramany entre dans le décor,

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des panneaux en bois et un gros cairn nous indiquent la direction à prendre.

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Une indication nous fait sourire…

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Probablement un avertissement pour les VTtistes ;-)

L’Agly suit son cours,

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puis c’est au tour de l’aqueduc d’Ansignan d’entrer dans le paysage,

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superbe ouvrage qui achemine l’eau jusqu’au village éponyme, perché sur sa colline.

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info aqueduc

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Nous y passons un peu de temps avant de monter à Ansignan.

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Nous sommes un peu desséchés (c’est dur, la mise en route !) et cherchons un bar afin de nous désaltérer, mais le seul que nous trouvons – en fait un restaurant – est fermé. A moins que l’on n’ait pas bien cherché…

Dépités, et à défaut d’autre chose, nous refaisons le plein d’eau et repartons, tranquillement.

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J’ai repéré sur la carte un endroit qui semble pas mal pour notre premier bivouac, à quelques encablures du village. Nous marchons une vingtaine de minutes, jusqu’au pont sur la Desix et une intersection où l’indication « plan d’eau » nous invite à tourner à droite, soit à l’opposé de la suite de l’itinéraire. Nous allons jeter un coup d’œil et trouvons le site très à notre goût. Aucune hésitation, on s’installe ! Ce n’est pas l’endroit où j’avais prévu de terminer cette première journée, mais ce n’est pas sûr qu’on trouve plus loin un cadre aussi sympa…

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Jour 2 : Ansignan / Eus

26 km

+ 895 m

- 875 m

D : 9h30

A : 18h

Après être retournés à l’intersection, et quelques mètres faits sur la route, nous nous engageons sur une sente en forêt… Tiens, le château de Quéribus élance sa silhouette au loin. Dans dix jours, c’est par là que je devrais traîner mes guiboles !

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En 40 minutes, nous sommes à Trilla, village qui semble désert. Petit, mais doté d’équipements qui tendent à montrer qu’il y a des sous, ici.

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Un objet étrange qui tourne au gré du vent attire notre regard depuis un moment, à tel point qu’il nous fait perdre le balisage… Œuvre d’art ou éolienne personnalisée ? Je reste perplexe…

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Une fois notre erreur récupérée, nous cheminons sur un peu de goudron

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puis de la piste. Une heure après notre départ d’Ansignan, le Bugarach nous fait un petit clin d’œil.

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Et 30 mn après, c’est le Canigou qui émerge,

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puis le Madres.

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Peu à peu, nous filons vers le col de Saint-Jean, puis celui des Auzines. Mais quel est ce « bâtiment » sur la colline ?

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Nous prenons encore un peu de route, je n’aime pas trop ça, pourtant, je ne râle pas, même pas intérieurement. Il fait chaud mais c’est encore supportable… En revanche, avec Louis, on se dit que l’été, ça doit être l’enfer !!!!

Le village suivant, Tarerach, est en vue.

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Le Canigou, servant de toile de fond à la couleur éclatante des genêts, est sublime.

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Peu à peu, nous nous rapprochons…

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Tarerach est un joli village

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et c’est là que nous décidons de nous poser pour manger. Ca tombe bien, il est l’heure ;-)

Oh, on a bien espéré qu’il y aurait un bistrot… espoir déçu ! Nous ne trouvons qu’un vieux monsieur qui rentre chez lui en claquant presque la porte après nous avoir regardés de travers, puis plus tard, une dame sortant de la même maison qui consent difficilement à nous dire bonjour… C’est bizarre, ici, mais cela ne nous empêche pas de nous y poser un petit bout de temps.

Vers 13h30, nous reprenons notre chemin, direction Marcevol.

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Marcevol est un pittoresque village, très beau !

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Le soleil nous accompagne depuis notre réveil et la chaleur qu’il nous procure commence à devenir accablante. Le sac à dos devient lourd, aussi. Nous allons jusqu’au prieuré,

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Louis va faire un tour à l’accueil, il en ressort en sautant presque de joie ! « Ils vendent du vin, ils vendent du vin ! ». Il est comme un gosse… Ca fait un peu plus de 24 heures que nous avons commencé notre périple et presque autant qu’il en rêve, surtout dans ce paysage viticole ;-)

Ca va faire du poids en plus, mais il s’en fout, du moment qu’il sait que ce soir, la récompense sera là !

Un dernier regard vers Marcevol,

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et nous reprenons notre route.

La partie qui suit va s’avérer particulièrement pénible : Marcevol – Arboussols sont deux villages proches sur la carte, après être descendus et avoir jeté un dernier regard sur le prieuré

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on voit même Arboussols se dessiner dans le paysage et effectivement, il semble proche…

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sauf que… la piste y menant nous fait faire le grand tour. Normal, c’est une piste ;-( En même temps, y’a pas trop moyen de faire autrement. C’est long, mais c’est long !

Le Canigou est désormais bien encombré, c’est dommage, car avec le village devant, ça aurait fait une jolie carte postale…

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Ici, il y a plein de gîtes, on se dit qu’on devrait finir par trouver un bar… Et bien, non ! Pffff… c’est quoi ce pays ?

Je m’en assure quand même en le demandant à un Monsieur qui rigole et me dit qu’il y eut… au temps où il y avait encore des habitants à Arboussols. Néanmoins, un jeune homme projette d’ouvrir un bistrot de pays, mais d’ici là, nous aurons parcouru bien d’autres chemins !!!!

On remet nos sacs sur le dos et continuons vers Eus en nous disant qu’on s’arrêtera dès qu’on trouvera un endroit sympa pour bivouaquer.

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Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte pour comprendre que ça ne va pas être une mince affaire ! On en trouve un, pas très loin d’Arboussols, j’estime que l’on peut poursuivre encore un peu, consciente toutefois (silencieusement) que c’est prendre le risque de ne plus rien trouver par la suite.

On avance, on avance, la chaleur devient insupportable, le sac à dos aussi et je commence à fatiguer.

On croise un traileur, puis un jeune couple, je prends ça comme un signe de « civilisation » proche car ils me semblent « frais », mais ce n’est qu’une illusion. Oui, ils sont frais. Par rapport à moi ! Tout est relatif !

On chemine en forêt, le sentier est agréable, mais on ne peut pas dire que je l’apprécie pleinement ! Je me demande quand nous allons parvenir à Eus.

Contrairement aux autres villages, on ne le voit pas apparaître dans le paysage lointain et c’est seulement quelques mètres avant d’y parvenir, au détour de gros blocs granitiques qu’on le voit enfin.

Je n’ai qu’une idée en tête, qu’une obsession : ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas un bar ici !

On marche dans les rues, on commence à s’inquiéter pour notre prochain lieu de bivouac, quand soudain, sur une pancarte, je vois un mot, BAR. Plus de questions, je retiens difficilement un cri de joie et mon esprit élabore illico presto l’ordre des priorités : d’abord boire un coup, et ensuite songer à un lieu de bivouac !

J’en ai bavé dans cette dernière partie et même si je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, il faut que je boive un coup pour récupérer. J’évite de jeter mon sac à dos sur la terrasse, il y a un peu de monde, et d’ailleurs, une partie de ce monde me regarde d’un air amusé… ou autre ! Ils doivent se demander d’où on sort… J’ai chaud, je sens que j’ai dû bien cramer, aujourd’hui. Attablée, je n’ai plus trop envie de bouger et savoure pleinement l’instant. Tellement que je ne sors même pas l’appareil photo pour mettre en boîte cet endroit agréable.

On revient sur la carte, sur le trajet effectué, sur celui qu’il reste à faire et la seconde préoccupation resurgit dans nos esprits ; où dormir ce soir ? Ici, du plat, y’en a pas.

Louis va demander aux gens du bistrot s’ils ne connaîtraient pas un endroit proche où poser notre tente, et génial, un habitant qui entend la conversation propose spontanément que l’on s’installe dans son terrain, à quelques mètres d’ici. Waouh ! Ca c’est cool ! Comme quoi, un bar dans un village, c’est vraiment très utile ;-)

Quelques instants plus tard, nous sommes installés sur une super terrasse herbeuse, face au Canigou, même si celui-ci est caché…C’est le top !

C’est dans ce magnifique cadre que nous allons pouvoir déguster le vin acheté au prieuré de Marcevol. Je ne suis pas spécialement adepte de cette boisson, pourtant, celui-ci passe tout seul et la bouteille est vite avalée…

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Après le repas et avant que la nuit ne tombe, nous allons faire un petit tour dans Eus. Tout en arpentant les rues pittoresques du village, je me remémore ma première venue ici… Un ami, Phil, m’avait dit : « Si un jour, tu vas au Canigou, en passant, arrête-toi à Eus. Ca vaut le coup ». Alors un jour, je m’y suis arrêtée, et comme Phil, j’ai été séduite par ce lieu qui ne porte pas le label « plus beau village de France » pour rien.

Louis, quant à lui, essaye de ne pas perdre ses chaussons !

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Pendant ce temps, le Canigou a remontré sa dent. Qu’est ce qu’on est bien ! Qu’est ce que c’est beau !

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Une dernière photo et nous allons nous couler dans nos duvets, afin de récupérer de cette longue étape.

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Jour 3 : Eus / Sournia

17 km

+ 800 m

- 634 m

D : 9h20

A : 15h30

Ce matin, c’est grand ciel bleu et soleil éclatant. Le Canigou resplendit. Le Cambre d’Aze se montre aussi.

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Nous quittons Eus vers 9h20, par où nous y sommes entrés hier.

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Nous évoluons dans un paysage granitique fort joli, sur un agréable sentier et sommes surpris de voir pousser des vignes dans cette roche…

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Après avoir vu le Canigou en arrière-plan de pêchers en fleurs, c’est avec des vignes que je le photographie aujourd’hui.

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Ca grimpe gentiment, mais « à la fraîche » ça passe bien !

Tiens, un arbre candélabre !

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Cette montée nous amène à Comes, un hameau ruiné. Cette zone pastorale est occupée par un berger – fait curieux, le sol est jonché de bouteilles vides de jus de fruits et non des habituels tonnelets de vin – des brebis, des chèvres mais aussi 5 patous, heureusement pas très menaçants. Pourquoi autant de chiens ?

Ce lieu me rappelle un peu Périllos…

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Nous poursuivons sur une piste jusqu’à proximité de la D619 où je suggère à Louis de faire une pause, percevant depuis un petit moment qu’il est dans le dur (ou qu’il a un coup de mou). Je prétexte la belle vue sur le Madres.

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J’en profite pour prendre des photos…

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Après ce moment de récupération, nous allons attaquer une partie pénible : après avoir traversé la route, nous partons dans la pente en direction du coll del Tribes. Ce n’est pas que la montée soit rude, mais elle est envahie de genêts et autre végétation basse, ce qui la rend particulièrement désagréable.

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Louis trace, comme s’il voulait en finir le plus vite possible avec cette montée verte et jaune. Quand enfin nous parvenons au col, puis au plateau, je suis émerveillée par le paysage et surprise de voir tous ces blocs granitiques « posés » là.

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Louis me dit qu’on va bientôt faire la pause repas. Tandis qu’il trace toujours, moi je flâne, admirative que je suis de cet endroit. Durant ma contemplation, il me semble voir à gauche un dolmen. Louis, en y jetant à peine un œil, me dit que ça doit être une roche polie par l’érosion.

On s’arrête dix minutes après, et tout en mangeant, je pense toujours à ce que j’ai vu. Il faut que j’en aie le cœur net et tandis que mon compagnon de rando tente de faire une petite sieste, je décide de retourner voir. Et en effet, il s’agit bien d’un dolmen. Il y en a plein dans le secteur, le GR que nous empruntons depuis hier passe tout près sans jamais y aller, mais celui-ci n’est pas mentionné sur la carte et c’est le seul que nous verrons au cours des 4 jours. Je me pique les jambes car le site est défendu par des ronces et des genêts, mais ce n’est pas grave, je suis contente d’avoir fait cette « découverte » !

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Nous pouvons à présent poursuivre notre route… qui est une piste !

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et qui dit piste, dit….

Ici encore plus qu’ailleurs, le lieu porte les vestiges d’une occupation humaine qui a du être importante.

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Aujourd’hui, quelques vaches animent encore le paysage.

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Et quand je commence à trouver cette piste un peu lassante, je joue avec mon ombre…

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Le paysage change,

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mais Sournia, que l’on voyait déjà de notre lieu de pique nique, semble encore bien loin. Enfin, nous y parvenons un peu avant 16 heures.

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Encore une fois, la question du bivouac se pose. Si nous décidons de poursuivre, il se pourrait bien qu’on mette un bon bout de temps avant de trouver un terrain approprié.

C’est notre seule priorité, puisque ici non plus, il n’y a pas de bar. Cette fois on n’a même pas pris la peine de chercher et on a posé la question directement à des gens croisés dans le village. Pourtant, c’est grand, Sournia ! C’est moche, aussi. Enfin, je trouve, surtout comparé aux villages qu’on a traversés hier.

Louis a l’idée d’aller au camping municipal, mais quand on voit l’emplacement que le gérant nous propose, on déguerpit immédiatement ! C’est vraiment se foutre de la gueule du monde et on préfère faire quelques mètres supplémentaires pour se trouver un petit carré d’herbe nettement plus confortable.

En attendant, nous allons à la petite épicerie pour acheter l’apéro du soir. Du vin… Faudrait pas que j’y prenne goût ;-)

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Jour 4 : Sournia / Saint-Paul de Fenouillet

20 km

+ 687 m

- 927 m

D : 9h05

A : 15h30

 

Après avoir traversé Sournia, nous commençons cette dernière étape par une belle montée au pied de laquelle je vois pour la première fois mentionné sur une pancarte « tour du Fenouilledes ». Il était temps !

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Il est commun avec le GR36 ; d’ailleurs, entre le col de Benta Fride et celui de l’Espinas, nous allons quitter le GR de pays afin de retourner à Saint-Paul de Fenouillet par ce GR 36. En effet, le temps dont nous disposons ne nous permet guère de poursuivre le Tour du Fenouillèdes qui descend à Caudies, et remonte ensuite à Campau (au pied du Bugarach), au roc de Paradet et au col de Lenti avant de redescendre sur Saint-Paul.

Pour l’heure, nous profitons des dernières vues sur le Canigou.

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Peu après le col de Benta Fride, nous bifurquons à droite et entamons une belle descente vers le Vivier, joli village dominé par les ruines d’un château que nous choisissons comme lieu de repas, le dernier de ce petit périple.

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Encore un p’tit clin d’œil au Canigou…

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Dans ce joli décor, certains ont élu domicile...

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Allez, encore…

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Saint-Martin est en vue ;

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C’est dans ce village qu’il faut quitter le GR36, pour prendre un PR… On rate le départ de ce sentier, ce qui nous vaut un petit bout de route supplémentaire… Je pousse un gros soupir ! A l’intersection où il y a des tables, il ne faut pas poursuivre vers « les hauts de Taychac », mais trouver une sente qui doit nous ramener à Saint-Paul. C’est le moment de vérité. Depuis le début de l’aventure, on sait que c’est la part d’inconnu, et que par conséquent, ce n’est qu’une fois sur place que nous saurons si ce sentier existe. Sinon, il faudra se taper la route pour terminer le périple, et ça, je n’en ai franchement pas envie. Alors je suis contente quand je vois qu’un bon sentier semble prendre la bonne direction ! On y va ! Ouf, il est tracé de bout en bout…

Une roche percée attire notre regard

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et déjà le bout de route qu’il va nous falloir emprunter pour rentrer dans Saint-Paul fait son apparition. Je soupire intérieurement à l’idée de devoir fouler le bitume. Mais là, on n’a vraiment pas d’autre choix.

Je suis dans ces pensées lorsque je me tords la cheville gauche, ou que mon pied roule sur un caillou, je ne sais plus trop. Toujours est-il qu’en voulant éviter la chute, ma cheville se barre et fait « crac » et au final, je tombe quand même. Et déjà, le cul par terre, retenant difficilement mes larmes – j’ai mal - je pense au trail de Quéribus, puis à la Vallespir Skyrace… Je visualise le « bye-bye » que je vais devoir faire à ces deux courses… Tout ça pour un caillou, à cent mètres à peine de la fin du périple (si je ne compte pas la route finale). Je suis dégoutée…

Il me faut un instant pour me relever, aidée par Louis. Et là, il faut repartir, tant que la machine est chaude. Au début, ça va, je marche très doucement sur l’asphalte, j’essaie même de profiter du paysage.

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Il y a un vent de malade, c’est à peine si je prête attention à la source thermale, en plus ça y est, j’ai mal si je reste en position statique. Enfin, nous n’allons pas tarder à entrer dans Saint-Paul.

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A la voiture, après m’être déchaussée, je constate que ça n’a pas trop enflé ; c’est plutôt bon signe, d’autant plus que mon articulation bouge relativement bien. Pourvu que ça dure ;-)

Voilà comment se termine ce périple de 4 jours pour moi, mais ce n’est pas ce souvenir que je garde.

C’est une boucle que j’ai beaucoup appréciée, essentiellement pour la variété de ses paysages. J’ai bien aimé les sentiers parcourus, et fait étrange, je n’ai pas ressenti de lassitude sur les pistes ou petites routes (ou si peu par rapport à ma capacité à endurer ce genre de terrain).

Je savais à quoi m’attendre de toutes façons, mais je peux dire que j’ai plutôt été agréablement surprise… Je suis contente d’être allée de découverte en découverte au cours de ces 4 jours et d’être passée à des endroits où je ne serais jamais allée, dont je n’aurais même pas soupçonné l’existence si je n’avais pas eu le projet de faire ce tour de pays.

Bref, je n’en retire que de la joie !

Et quel plaisir de passer 4 jours en pleine nature, 24h/24 ! Bien sûr, la météo clémente a contribué à la réussite de cette itinérance, et il m’a fallu plusieurs jours pour m’en « remettre », c'est-à-dire retrouver le quotidien.

Un grand merci à Louis, car si c’est moi qui suis à l’origine de ce projet de dernière minute adapté à un week-end prolongé de Mai, c’est lui qui a étudié le parcours et réalisé le découpage des étapes. Merci aussi d’avoir accepté de m’accompagner ;-)

Nous n’avons lu aucun topo, nous avions juste la carte au 50 000ème, ou plutôt chacun la même carte (Pyrénées n° 10 Canigou), éditée à deux dates différentes, ce qui nous a permis de constater des différences. Tantôt c’est ma carte qui était bonne, tantôt celle de Louis. Nous avons surtout fait confiance au balisage et sur ce point, il n’y a rien à redire, sauf à 2 ou 3 intersections où il n’y avait pas les marques rouge et jaune attendues, mais nous nous en sommes toujours sortis.

Une boucle à ne pas réaliser en été, sous peine de cuisson directe ;-)

 

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Profil approximatif réalisé APRES le périple sur Openrunner.