Après 11 jours de"rien" au niveau sport et randonnée, la venue de mon ami raideur/orienteur/traileur Émilien depuis l'Oise me fait rechausser les baskets. Pour découvrir "mon coin", il choisit un circuit d'une quinzaine de kilomètres jusqu'au château de Montségur, que nous commençons et terminons sous une belle averse, en mode rando-trail.

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Je me sens en forme et me régale 🏃. En revanche, le soir, ça tire un peu dans les jambes, et le lendemain, j'en bave lors de la randonnée au Saint Barth', tandis que Mimile, lui, est en pleine forme.

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Après ces deux jours intensifs, nous nous apprêtons tous deux à aller passer le week-end dans les Pyrénées - Orientales. Tandis qu'Emilien se rend dès le vendredi soir à Font Romeu où il est invité au mariage des champions du monde de raid multisports, moi, je pars le lendemain en début d'après -midi avec un autre copain traileur en direction de Prats-Balaguer, où se déroule la 29eme Ronda de la Carança, une course de montagne qui risque de piquer un peu avec ses 1800 mètres de D+ sur 18 km, surtout au vu de ma forme de vendredi 😌

Mais nous n'en sommes pas encore là... Après être allés retirer nos dossards, nous allons planter la tente sur l'aire prévue à cet effet. Succès oblige, le"camping" est vite plein ⛺⛺⛺⛺

soir 1

soir 2

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affiche

La bonne ambiance est déjà au rendez-vous et vers 20 heures, nous sommes conviés à un apéro sur la place de la fontaine.

apero soir

apero soir b

Et quel apéro! Y'a même pas assez de place sur la table pour poser toutes les victuailles que (presque) chacun a amenées (si j'avais su...) C'est carrément un festin.

La météo est incertaine, une dame est en train de dire qu'il ne devrait pas pleuvoir ce soir... A peine a-t-elle terminé sa phrase qu'une goutte tombe, puis une autre... Tout le monde est optimiste, ce ne sont que quelques gouttes, après tout... Sauf que ces gouttes deviennent de plus en plus grosses et nombreuses, nous contraignant à nous rabattre dans un garage, chacun avec un plat ou une bouteille à la main, à se demander ce que l'on cherche le plus à protéger : nous-mêmes ou bien toutes ces délicieuses choses? Ainsi réfugiés, nous regardons quelques instants la pluie tomber... Mais il en faut plus pour décourager et démoraliser les Catalans organisateurs, et ils trouvent vite une solution de repli : la pièce d'une maison en cours de rénovation... Ainsi, c'est à la lueur des lampions que nous poursuivons ce sympathique apéro dînatoire 🍻🍛 🍕. Je n'en reviens pas de tout ce qu'il y a sur la table, du simple paquet de chips au civet de sanglier en passant par toutes sortes de tartes salées. Je crois bien que c'est la première fois que je vois ça sur une course!

apero 1

apero 2

Entre temps, le soleil est revenu et un magnifique arc-en-ciel étend ses couleurs au-dessus du hameau. Décidément, quelque soit l'endroit où l'on porte notre regard, les yeux ne cessent d'être émerveillés 🌈 🌌 💖

a e c 1

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Malheureusement, je ne profite pas de ce festin, une douleur me "ceinturant" de l'estomac jusqu'aux reins, me contraint à aller m'allonger dès 21h30 :-(

Après une nuit entrecoupée de nombreux réveils - à ce mal d'estomac/reins, est venue s'ajouter une douleur au ventre - je  me lève plutôt pressée de prendre le départ de la course...mais néanmoins tranquille, comme à mon habitude. No stress, pourtant, le col Mitja qu'il faudra affronter tout à l' heure ne m'a pas laissé un excellent souvenir au cours de mes précédentes escapades ☹ dans le secteur...

La première fois, c'était pour le GR10. On venait du refuge de l'Allemani (donc de l'autre côté), il venait de pleuvoir et j'ai traversé le col dans un brouillard total, sans même le voir 🌁

http://la-montagne-ca-vous-gagne.over-blog.com/pages/GR_10_2008_du_col_de_Jou_a_Merens-833262.html

La seconde fois, c'était depuis le lac d'Aumet, il faisait à peu près beau, nous sommes partis à l'assaut du col avant le lever du jour et je peux dire que j'en ai bavé... Impossible de respirer 💓 🏥 Alors j'ai bien des raisons d'être inquiète aujourd'hui...

http://la-montagne-ca-vous-gagne.over-blog.com/pages/Le_pic_du_Geant_par_Prats_de_Balaguer_1_par_Mantet_2-5450506.html

Enfin, inquiète n'est pas le terme approprié, disons plutôt que jusqu'à ce point du parcours, il va falloir que j'y aille mollo (de toutes façons, hein...)

Il ne fait pas chaud, mais la température est idéale pour courir. Avec une bonne vingtaine de minutes de retard, le départ est enfin donné. Après environ 400 mètres de piste, juste le temps d'étaler le peloton des presque 300 coureurs venus en découdre avec la montagne aujourd'hui, le ton est donné: ça grimpe ↗

Mais bon, pas de surprise, c'est pour ça qu'on est là.

musicien avant montée

La surprise, en revanche, c'est la pluie... Oh, un petit coup de tonnerre a bien accompagné nos premières foulées, quelques minuscules gouttes aussi, mais je crois que comme moi, personne n'y a  vraiment cru... Je n'enfile pas la veste que j'ai accrochée à ma taille,  pourtant la pluie devient de plus en plus forte, quelques grêlons viennent même me piquer aux coups de soleil que j'ai pris au Saint-Barthélémy vendredi, mais maintenant que je suis trempée, c'est trop tard. C'était bien la peine, tiens! Bah...peut-être me servira -t-elle là -haut, si toutefois elle et moi avons le temps de sécher d'ici là, bien sûr. En fait, cette pluie battante ne me gêne pas. Je n'irai tout de même pas jusqu'à dire que j' adore, mais pas loin. J' aime cette sensation de fraîcheur vigorifiante (euh, il existe, ce mot?) sur ma peau, alors que je n'ai pas froid, qu'au niveau de la température, je me sens même bien. Toutefois, je me demande jusqu'à quel point cette sensation peut m' être agréable...et je ne puis m'empêcher de penser à ma très prochaine traversée des Pyrénées. Je ne suis pas sûre que j'apprécierai  autant les ondées et je pense même que ça peut être une cause d'abandon.

pluie 1

pluie 2

Mais je n'en suis pas là. Nous parvenons sur le GR10, j' entre donc en terrain connu et je suis agréablement surprise de constater que le souffle ne va pas trop mal, que cette fois, le col Mitja n'aura pas ma peau 😝

En 1h15, il est atteint. Je pensais mettre plus de temps que ça et je suis contente. Je "frime" même devant l'objectif d'Yvan qui se les caille là -haut depuis  6 heures du matin 📷

matin col m

col 1

col 2

col 3

col 4

col mitja

au col 1

au col 2

au col 3

au col 4

au col 5

Mais la course n'est pas terminée: il faut grimper jusqu'au pic Redoun. Là je commence à m' essouffler un peu plus, mais comme dirait mon fils, je gère... Je croise les premières féminines qui descendent, ainsi que quelques copains. Tout va bien.

montee redoun

au redoun 1

Redoun

au redoun 2

Là-haut je discute un peu, puis je m'égare dans la descente, sans doutes attirée malgré moi par le pierrier (quand on aime le caillou...!!!). J' emmène dans mon sillage quelques coureurs, m.... Il faut se recaler, je perds là quelques instants et je m' en veux un peu d' en avoir fait perdre à mes poursuivants... Du coup c'est un peu galère, car le rocher est glissant et j'ai peur pour ma cheville. Une douleur au tibia vient également de faire son apparition. Aïe 😞 Il me tarde de retourner au col Mitja et d"attaquer le second sommet, le Gallinas. La montée de celui-ci me paraît plus raide, je croise les copains de tout à l'heure quasiment à sa base, ce qui peut vouloir dire plusieurs choses : ou cette ascension est plus courte que l' autre ( ce que je crois), ou ils ont accéléré, ou c'est moi qui ai baissé de rythme, ce qui est de loin l'hypothèse la plus plausible. Ou encore, j'ai vraiment perdu du temps avec mon égarement au Redoun...

montee galinas 1

montee galinas 2

pic galinas

Bref, je suis quand même plus en forme que certains qui sont vraiment à la peine sur ce second sommet où je ne m'attarde pas. La douleur au tibia a disparu, je me régale donc davantage dans la descente.

descente galinas

Après le col Mitja, je suis un traileur dont je détaille du regard sa tenue qui me fait halluciner : un fuseau en laine violet, un short de toutes les couleurs enfilé par-dessus, un tee short à rayures troué (volontairement???) aux épaules et un bonnet avec un petit pompon.

bariole

Nous dépassons ensemble un groupe avec des chevaux, puis il me laisse sur place. A partir de cet instant et pendant un  sacré bout de temps, je vais me retrouver seule, du moins la seule coureuse, car les randonneurs sont nombreux sur le parcours.

chevaux

Après le ravitaillement, nous quittons la portion commune à l' aller et au retour pour poursuivre la descente sur le GR10 (c'est pour ça que ce sentier me disait quelque chose). Je me sens comme une quiche au cours de cette descente et pour une fois je ne me fais pas plaisir. J' ai peur de glisser, je n'arrête pas de me dire qu'il faut que je fasse très attention à ma cheville que je sens encore fragile, toujours en pensant au périple HRP qui débute dans 6 jours. Je me sens très lente et ai conscience que je suis en train de perdre pas mal de temps. Au lac d'Aumet, sur une des rares portions de plat, une autre douleur fait son apparition aux genoux. Ils s'entrechoquent assez violemment, j'avais déjà remarqué qu'ils devaient se toucher pas mal au vu des marques rouges et des picotements ressentis après les courses, mais aujourd'hui, c'est particulièrement flagrant et impressionnant: à deux reprises, mon genou gauche vient frapper le droit, me faisant déporter sur le chemin. J'ai la sensation que mes jambes vont faire des noeuds... Rien ne va  plus. Alors quand ça se remet à descendre, je ne suis plus très rassurée, et en fait, il me tarde la p'tite remontée de la fin 😊

Avant cela, nous repassons à Prats Balaguer, durant quelques secondes, je trouve ça très cruel ou dans une moindre mesure, provocateur de nous faire passer si près de l'arrivée alors qu'il reste 3 kilomètres  à faire (2 en descente et 1 en montée) mais je me ressaisis car, après tout, j'aime terminer en montée. Depuis le bas du col Mitja, je n'ai vu qu'un coureur et une coureuse, quand ils m'ont doublée, mais voilà qu'après les bains de Saint -Thomas, je recommence à voir un peu de"monde". Sitôt passé le petit raidillon après la route, la pente s'assagit, deux filles en profitent pour me doubler, l'une plus péniblement que l'autre. Quand la pente se redresse, je vois que je n'aurais aucune difficulté à la redoubler. Je constate que je remonte rapidement sur l' autre, alors avec une toute petite dose d'effort, je la double juste avant de fouler le bitume du hameau. Ça va se jouer à pas grand chose, je sais qu'il reste peu de mètres à parcourir pour passer sous l'arche d'arrivée   mais qu'ils sont sur l'asphalte et que c'est ma faiblesse alors je ne dois rien lâcher. Heureusement, cette dernière montée ne m"a pas pris toute mon énergie, je garde jusqu' au bout la petite avance reprise de justesse et même si à un moment, j'ai eu l'idée qu'on franchisse toutes les 3 ensemble la ligne d'arrivée, prise dans mon élan, j' y ai finalement renoncé.

arrivee

Ma course se termine après 3h48 au cours desquelles j'ai éprouvé pas mal de douleurs différentes, mais au final tout va bien et je suis assez satisfaite, même si je n'ai pas fait une belle descente...

parcours ronda 1

parcours ronda 2

profil ronda

Je remercie tous les bénévoles et les organisateurs pour cette course de montagne, belle et authentique; mais n'est ce pas le mot maitre du Défi Sud Trail dont elle était la cinquième manche?

http://defi-sud-trails.blogspot.fr/

Merci aussi à Yvan, Michel, Georges et Gérard pour leurs photos qui immortalisent ces instants magiques, et permettent également de rendre ce récit plus vivant.

castelar

arc en ciel

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