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Jeudi 17; c'est parti pour le refuge d'en Beys. J'attends environ 12h30 pour partir, en espérant qu'il n'y aura pas de bouchon à tarascon, que les gens auront le nez dans leur assiette ou pique-nique... Raté! Je prends la "piste interdite", mais je ne suis pas la seule à avoir eu l'idée; pire, une personne en a fait de même... mais dans l'autre sens!!! Inutile de dire qu'on ne peut se croiser... Il se trouve que c'est la propriétaire d'une des maisons dont le seul accès est cette piste. J'imagine qu'elle doit râler. Normal! Problème : parmi les propriétaires des voitures qui sont dans le même sens que moi, il y en a un qui ne veut pas reculer; ça serait pourtant si simple!Mais non, c'est le gêneur qui râle et fait sa tête de c--, pas la riveraine qui habite là où personne n'est sensé passer. Un comble!

Finalement, tout est bien qui finit bien, Monsieur arrête d'être idiot et recule, comme tout le monde. En un temps trois mouvements. Et sans que la dame ne dise rien!

Je n'ai pas mangé ce midi, mais je ne m'arrête pas au Saint-Roch, histoire de ne pas avoir pris ce raccourci pour rien et de ne pas contribuer au bouchon infernal de chaque jour d'été, puisqu'il paraît que c'est ça qui le crée (parking d'un côté, commerces de l'autre, ges qui traversent, arrêt des voitures, blabla, blabla). Mouais... Et si c'était simplement les moutons qui montent au Pas qui em--- le monde???

Bref, je ne sors pas à Ax, et prends la déviation, par peur de trouver un nouveau bouchon dans la ville thermale. Je trouverai bien de quoi me ravitailler à Orlu.

Effectivement! La machine à touristes est bien huilée! Le parking des Forges est blindé, les resto aussi; c'est assez impressionnant! Je n'ai qu'ne envie : fuir! Je commande un croque-monsieur (y'a même pas de sandwich; c'est sûr, la prochaine fois, je m'organise mieux que ça!!!). Pendant que celui-ci est en cours de confection, j'entends la dame de la caisse qui explique à un groupe le parcours à effectuer dans le parc à loups.

Pour l'avoir fait (et l'avoir vivement regretté) j'ai envie de rajouter "et vous verrez comme ils ont l'air triste, ces loups, particulièrement les blancs". Ma parole rattrape ma pensée et je demande au serveur si personne n'a jamais eu envie de couper le grillage pour libérer ces pauvres bêtes. Il me répond : "On s'occupe de vous, Madame?". "Oui, oui", et en silence : et dépêchez-vous de vous occuper de moi, que je fuie ce lieu!

En repartant à la voiture, j'entends un loup. Moi qui aie eu l'occasion d'en entendre pour de vrai, cette plainte - ou du moins ce que je perçois comme telle - me fend le coeur, me déchire l'estomac et m'arracherait une larme.

Pauvre humain! On parque trois loups, on y met autour un observatoire, un grimp'à l'arbre, deux resto et ça y est, la subsistance est assurée! Est-ce condamnable pour autant? Je devrais plutôt écrire pauvres loups!

Bon Mumu, là, t'arrête! T'es vraiment à fleur de peau. Engage-toi sur la route du Fanguil, ça ira mieux!

Encore un petit coup de gueule toutefois quand je constate que le parking est payant jusqu'au 21 août. J'ai jamais dû venir en été car j'ignorais cela... Et à 5 jours près, c'était gratos! Bref, ce n'est pas grave. Je préfère payer là que pour aller voir la tristesse des loups...

Je sais ce qui m'attend au bout du parking et pour mes premiers pas; cette piste terrible qui n'en finit pas!! Mais je suis motivée! Bien que je n'aime pas particulièrement fréquenter les refuges, je me suis enfin décidée à aller découvrir celui d'En Beys.

Je monte à un bon rythme, doublant et croisant pas mal de monde.

Peu avant la bifurcation refuge d'En Beys/refuge des Camporells, tandis que je m'arrête pour boire un coup, une dame fait une chute devant moi. Elle s'était arrêtée pour me laisser passer et je ne sais pas ce qui s'est passé, je l'ai vue faire plusieurs roulades avant de s'arrêter à mes pieds. Petite frayeur! Elle dit qu'elle a glissé. Moi je pense qu'elle a eu comme un petit étourdissement. Rien de bien grave, elle s'en sort avec quelques bleus et égratignures. Son mari s'en veut un peu. Peut-être la montée était-elle trop rude? Il s'attendait toujours à voir l'étang, là, derrière, mais jamais, jamais il n'arrivait!

Je reste un moment avec eux, leur propose à manger et à boire (je peux leur donner ce qu'il me reste d'eau, le refuge n'est pas loin) mais ils ont tout ce qu'il faut.

Quand je vois que ça va mieux, je reprends ma route. Je pense qu'eux feront demi-tour.

En deux heures, je suis au refuge d'en Beys, et à l'heure où j'écris, ils ne sont pas là. ils ont dû renoncer, malgré l'envie de la dame de poursuivre.

Je me pose, sirote une bière brassée par Julien, le gardien. On me montre ma chambre, je risque de regretter ma venue (rooo, mais qu'est ce que tu as, à râler comme ça, aujourd'hui?); 65 personnes -pour l'instant - mangent et dorment ici ce soir. Rien que ça! Du coup, c'est mal barré pour parler "affaires" avec Julien; il est au taquet!

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Je vais monter au laquet au-dessus du refuge. Il doit être à peine 17 heures, j'ai le temps, encore. Partie à 14h, je suis arrivée à 16h à peine. Avec 800 m de D+ et malgré la distance, je suis un peu sur ma faim! Et cette faim ne sera pas assouvie par la "montée" au laquet : il est tout proche!!! Alors je revois ma position et décide de profiter du lieu. Prends ton temps, Mumu... Quelques nuages arrivent des Pyrénées-Orientales. Et oui, le ciel bleu est sur l'Ariège, qu'on se le dise! (Mumu, tu avais dit que tu arrêtais de "râler"!)

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Je retourne au refuge, je cherche un petit coin encore ensoleillé; il est entre une table assiégée par des Catalans et un poulailler. Je vous laisse deviner qui est le plus bruyant! Mumu.... STOP! Ben quoi, c'est cool, je ne râle pas; je rigole même des bribes de propos que je comprends, c'est-à-dire comment draguer une française qui ne parle pas catalan ;-)  como te llamas? comment tou t'appelles?

Ca va, visiblement, ils ont appris l'essentiel! Quand je passe devant eux, l'un me lance un petit "fa fret". Je réponds par l'affirmative et quand je repasse,avec ma veste, car effectivement, j'avais froid, ils me disent "bonjourrrrrrrrr". Trop rigolos!

Le soir, je demande à Sylvain quelques conseils sur le sommet à gravir demain. Le pauvre n'a pas encore mangé et je devine aisément à sa façon de répondre aux questions des gens qu'il est passionné, avouant même regretter, en cette période d'affluence, de ne pas pouvoir être assez en contact avec les randonneurs. Moi aussi, je regrette d'avoir mal choisi mon jour pour échanger. Je n'imaginais pas qu'il puisse y avoir autant de monde, qu'après le 15 août, ça se calmait... 

M'enfin; j'ai passé une après-midi agréable, deux heures de bonne montée, repos, détente, lecture de magazines Respyr, et notamment:

- le Llech, canyon le plus ludique d'Europe (fait le mois dernier)

- le pic du midi d'Ossau, voies normales et d'escalade (ça donne envie)

- les Posets depuis la France sur les traces de Ledormeur. Tentant, aussi, mais visiblement coton. Quatre jours, hors sentier essentiellement, tout de même. Je ne pense pas trouver de topo précis de cette petite balade! J'aurais dû gravir ce sommet aujourd'hui, justement! J'ai renoncé à cause de la longueur de l'accès routier, alors le faire depuis la France, pensez que ça m'intéresse! Y'a p't'être moyen de faire plus court que 4 jours... A étudier!

Je crois que demain, ça sera le pic d'étang Faury. Merde, j'ai pas pris la bonne carte, du coup! Bon, je verrai demain matin avec Sylvain.

Il est 21h26, ça tchache encore, dehors; les enfants, les Catalans... Normal, les températures sont encore si douces!

Bon... arriverai-je à dormir? Nombre de randonneurs ablige, le petit-déjeuner est servi entre 6h et 7h30 et même si je ne comptais pas le prendre, il faut avoir quitté le dortoir à 8h. Bouh... La prochaine fois, ça sera bivouac pour moi!

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En attendant la prochaine fois, aujourd'hui c'est vendredi et il faut y aller! 8h45, je suis sur le départ. Je monte à la couillade d'en Beys à un bon rythme avec comme idée de faire le pic d'étang Faury. Je rattrape dans le dernier tiers un papa avec ses deux garçons, des jumeaux de presque 8 ans, avec qui je termine le chemin. 55 minutes après mon départ du refuge, je fais une petite pause à la couillade. Les choses sérieuses vont commencer pour moi. 

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Au début, pas trop de soucis, mais je vais rapidement me rendre compte que les cairns sont rares et la trace inexistante! Ou du moins, je ne les vois pas... ce qui ne m'étonnerait pas non plus! Y'a bien un cairn de temps en temps, ce qui me permet de constater que j'ai une fâcheuse tendance à tirer trop à droite. Bonant malant, je progresse dans les blocs la plupart du temps et les toiles tendues des araignées que je dois "franchir" sont finalement ce qui me stresse le plus et d'ailleurs, je fais régulièrement des petits contournements pour les éviter au maximum. Est-ce cela qui me fait perdre les cairns? En même temps, des tas de petits cailloux dans des tas de gros cailloux ne sont pas toujours évidents à trouver, d'autant que la plupart de ceux que je découvre sont détruits. Je commence à viser une pente herbeuse quand soudain je vois le "cirque" dont Julien et Sylvain m'ont parlé. Je me dirige donc vers ce dernier. Je retrouve un cairn, j'en vois un un peu plus bas, mais plus haut, rien! Donc, je trace une ligne directrice à l'aide de ces deux cairns pour trouver un cheminement possible. A partir de là, je ne verrai plus aucun indice. Je vise donc un collet dont l'accès se fait dans l'herbe, ce qui me permet de constater que celle-ci est un peu glissante. Je débouche à gauche de la crête dentelée; le sommet est tout proche, à ma gauche. Toujours aucun indice. Je décide de rester sur la crête, préférant le rocher à l'herbe. Mais arrive un moment où l'herbe est inévitable, en traversée, en plus. C'est plutôt bof... Je redescends un peu pour me sentir plus en sécurité mais je vois que l'herbe sera inévitable. Je ne le sens pas ;-( Y'a des jours comme ça...

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Je ne devais pas être loin, 100 mètres à peine, peut-être, mais le fait d'être seule, de ne pas avoir le pied sûr aujourd'hui, me font renoncer.

Du coup, je me fixe comme objectif de gagner l'étang Faury, que je ne vois pas encore. [à suivre]

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