Depuis le temps que je voulais découvrir le hameau des Goutets, et bien, c’est décidé, ça sera pour aujourd’hui ! Et puisque nous sommes dans le secteur, autant en profiter pour gravir le pic des 3 Seigneurs, par une voie que je ne connais pas, celle de l'étang d'Arbu.

 

01

 

03

Après un départ tardif depuis le port de Lhers (1517 m), et une montée un peu difficile (où est passée la pêche du St-Barth’ ???) je suis étonnée, en jetant un coup d’œil à la carte lors de la pause à l’étang d’Arbu, de constater que celui-ci n’est qu’à 1730 m d’altitude ! Certes, pour prendre le départ du sentier, nous sommes redescendus à environ 1400 mètres, mais quand même, je suis « déçue » de n’avoir fait « que » 350 à 400 mètres !

04

 

Le temps est nuageux vers le Nord, on n’est pas loin de la limite ciel blanc/ciel bleu, mais nous sommes heureusement sous le soleil, chaud, d’ailleurs. Vers le Sud (massifs du Montcalm et de Bassies), grand ciel bleu, en revanche.

Au-dessus de l’étang, je me sens un peu mieux, il faut cependant faire attention de ne pas glisser sur les rochers souvent humides et une douleur à la cuisse gauche (encore ce TFL, depuis 2009, grrrrr) me gêne dans le « lever de jambe ».

05

08

09

Nous arrivons au pic des 3 Seigneurs (2199 m) 2h40 environ après notre départ, un peu fatigués. Le repas ne sera pas superflu…

13

En effet, il nous fait le plus grand bien ! L’heure est déjà bien avancée, à un moment, on se demande si on pourra faire le -long - circuit prévu au départ, et après un rapide calcul, nous estimons que c’est jouable… Nous avons encore quelques heures de marge avant la nuit !

15

16

Il nous faut 1 heure pour atteindre le hameau des Goutets (1460 m), site splendide, avec vue sur le Valier...

« Construit sur le territoire de la commune de Le Port, le hameau se situe sur le flanc Ouest du Pic des 3 Seigneurs. Ce site pastoral regroupe aujourd’hui plus de 200 constructions en pierre sèche (cabanes, granges-étables, mazucs, clôtures de pierre…). Construit progressivement au cours des siècles, ce site a atteint sa configuration ultime au moment du pic démographique du milieu du XIXème siècle. Ce hameau d’estive est une vitrine sur un mode d’économie pastorale passé, rythmé par les remues saisonnières, et permet sur quelques dizaines d’hectares de comprendre l’évolution des constructions en pierre sèche, depuis l’abri sous roche muré, en passant par les voûtes en tas de charge jusqu’à des systèmes de construction à charpentes ». (M.Grassaud in Le dictionnaire des Pyrénées).

 

20

 

21

 

22

 

23

 

24

 

Trouvé sur le site Ariège.com:

« Les ressources alimentaires insuffisantes poussent les populations de la vallée à gagner des zones hautes tant pour les cultures vivrières que pour agrandir les surfaces de "fauche" et les pâtures par déforestation.

La conquête des hautes vallées renforça le système original de gestion de l’espace agro-pastoral dit système des "Bourdaous". Il s’agit de "Remues" saisonnières (changement de lieu de pâturage, d’habitat et de zone de fauche) qui prennent en compte les possibilités fourragères différement étagées dans la vallée au fil des saisons.

Les Bourdaous (grange étable d’altitude) sont souvent regroupés en petits hameaux ou "courtals" établis sur des terrains privés ou communaux, bénéficiant, donc, d’un droit d’usage lié au pastoralisme.

Le patrimoine de ce site est des plus originaux et remarquables.

Au cortal où l’on fabrique le fromage mais surtout le beurre, la vie s’articule autour de plusieurs éléments architecturaux et de constructions en pierres sèches (lauzes de schistes).

  • La grange étable reçoit le bétail, c’est une construction dite en "batière", seule la charpente et le treillis du fenil est en bois (hêtre).
  • La cabane du pâtre ( "orri" ): construction autocharpentée sans liant avec voûte en tas de charge.
  • Le "Mazuc" : orris de petite taille semi-enterré servant à affiner les fromages ou à conserver le beurre.
  • Abris pour petits animaux : niche à chien, soue à cochon, poulailler…
  • Enclos bâti ("parec") : parcage des bêtes
  • Couloir de traîte ("marga")

Le site de Goutets a subi lui aussi les phénomènes de déprise agricole, de déclin de l’agriculture de montagne et d’exode rural. Après l’abandon du site dans les années 60, une nouvelle tentative d’exploitation voit le jour sous l’impulsion de l’Association Foncière Pastorale de la Commune du Port. Aujourd’hui, le site de Goutets est partiellement réhabilité. L’estivage est relancé, un berger assure la surveillance des troupeaux l’été.

Le patrimoine bâti et architectural est en bonne voie de sauvegarde, activé depuis 1994, par un projet de création de ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager). La fréquentation touristique est en hausse.

Goutets est un lieu vivant, par son activité agro-pastorale d’abord, par son avenir touristique ensuite. A ce titre, respectons le site, les personnes et les animaux qui y vivent. »

http://www.ariege.com/patrimoine/goutets.html

Le site est vraiment remarquable, et le ciel est tout aussi beau... 

26

27

31

32

33

Le temps de visiter ces quelques bâtisses, et nous voilà repartis pour une douce ascension jusqu’au col de Rose (1615 m), par le GR de pays « tour du Pic des 3 Seigneurs » où Eole se déchaîne subitement. Vite, fuyons cette étreinte violente et froide… Légèrement en contrebas, nous allons rendre visite à la cabane de Rose, jolie bâtisse aux dimensions raisonnables, avec un « deux-pièces » où trône un lit au sommier plus que douteux (réservé aux poids plume et encore!!!). La seconde partie, quant à elle, n’est pas aménagée.

34

35

38

En 1h10, nous sommes à la voiture, après avoir plus ou moins perdu le sentier balisé à flanc de montagne dans le dernier tiers. Pas très grave dans de bonnes conditions météo, mais qui peut s’avérer problématique par temps brumeux. D’ailleurs, un coup d’œil en arrière nous confirme que le départ de l’itinéraire est peu clair. Probablement la faute à toutes les brebis qui fréquentent le lieu et qui ont fait leurs propres traces. Enfin, propres, si on veut !!! M’enfin, on ne peut pas leur en vouloir !

Un jeune cycliste (ou plutôt un « véhiste », je viens de découvrir le terme) arrive juste après nous, sur son vélo couché, ou vélo horizontal (d’où le mot « véhiste »). Curieux engin équipé d’une coque (un coffre) pour accueillir tous les bagages. Le sportif souffle sec ! Normal, il vient de se taper la montée du port de Lhers (en venant de Foix). Son comparse arrive 5 mn après lui, sur un vélo « normal ». Chacun affublé d’un poids de 35 kgs environ, ils sont partis d’Annecy il y a 1 mois et une semaine et vont ainsi, pédali-pédalant, jusqu’à l’Atlantique… Un bien beau et courageux périple ! Bravo à eux !

velo_couche

http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9lo_couch%C3%A9

C’est sur cette rencontre originale que se termine cette belle journée au cours de laquelle la météo s’est maintenue, les tendances de la matinée s’étant même inversées au fil de la journée, avec du soleil pour nous et un menaçant couvercle nuageux gris sur Bassiès et le Montcalm… A noter que nous avons marché dans la neige sur la crête Nord du pic des 3 Seigneurs, jusqu'au col (1700 m environ). Pas en grande quantité, mais parfois assez pour rentrer dans les chaussures (et où sont les guêtres? Au fond du sac, pardi!)

Carte IGN 1/25 000 2047 ET La Bastide de Serou - Massat

Durées indicatives :

- du port de Lhers au pic des 3 Seigneurs : 2h40 (depuis le port de Lhers, il faut redescendre la route pour prendre le départ du sentier de l'Arbu, au niveau de la 3ème épingle - direction "Suc")

- du Pic au hameau : 1 h

- du hameau au col de Rose : 1h

- de la cabane de Rose au port de Lhers : 1h10

 

Dans le massif, découvrez aussi :

Le Bassibié au printemps (récit n° 2)

Le Pic des 3 Seigneurs en boucle depuis la Freyte (récit n°4)

Le Bassibié et le Pioulou (album photo)