Aujourd'hui, rien que pour fuir ce brouillard persistant, mais aussi parce que je peux encore profiter du mercredi, je voudrais trouver une petite balade à faire pas trop loin, pas trop longue, pas trop engagée... Après être allée traîner mes crocnaux du côté du Mentiès, du rocher de Batail, du Pla de Montcamp, d'un point de vue accessible, il reste le Pla de Madame, le Bassibié, un truc dans ce coin, quoi... Ok, déjà fait; alors pour moi qui aime bien découvrir, pas facile de se motiver ;-(

C'est en feuilletant le Pyrénées Mag de Janvier 2012, celui où il y a la description de l'ascension de l'Aneto telle que j'aimerais la faire, que je vais trouver l'impulsion qui me manquait : il y a là le topo d'une rando au Roc de Querquéou depuis Lapège... Tiens, tiens, le Querquéou, c'est déjà fait, mais pas par ce côté, et en plus, ça n'a pas l'air mal du tout!!!

Ca faisait plus d'une semaine que cette revue traînait sur la table... Comme quoi, il n'y a pas de hasard! Alors, go!

Il ne fait pas chaud quand je sors de la maison... 2°C environ. Au fur et à mesure que j'avance, la température baisse. Tiens, pour une fois, le temps ne s'éclaircit même pas en arrivant sur Tarascon; il fait même -1°C lorsque je m'engage dans la vallée de Vicdessos.

Mais quelle n'est pas ma surprise lorsque sitôt arrivée à Niaux, le soleil fait son apparition. Ca  a un côté magique : d'un seul coup, le panneau "Niaux" surgit du brouillard et devant, c'est le ciel bleu qui me souhaite la bienvenue... Ca donne tout de suite du baume au coeur, car je commençais à croire que les nuages étaient aussi là-haut...

Dans le village, je prends la petite route qui monte à Lapège. Environ 5 km de route bucolique qui plante le décor! La température monte avec l'altitude et lorsque j'arrive dans le charmant hameau très pittoresque perché à 990 mètres d'altitude, il fait ... 9°.

La Pique d'Endron et une partie du massif se sont déjà faits voir au cours de cette montée, et je ne peux pas m'empêcher de m'arrêter pour prendre une première photo...

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Et en fait, j'ai bien fait de la prendre, cette photo... Et oui, vous vous demanderez certainement ce que viennent faire les clichés suivants pour le moins inhabituels dans un compte-rendu de randonnée de montagne... C'est que...

Mais commençons par le début, si vous voulez bien!

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Et bien, on va dire qu'il y a des jours comme ça... Déjà, je me lève plus tard que prévu. Décidément, cela devient une fâcheuse habitude qu'il va falloir que je change!

Je pars donc tardivement. En plus, je dois m'arrêter faire de l'essence, et comme de bien entendu, il y a devant moi une dame qui achète une bouteille de gaz, ce qui me fait perdre encore pas mal de temps. Je reprends la route et là, je percute que j'ai complètement oublié de prendre la carte et le topo, ainsi que mes guêtres (mais ça, c'est moins grave). Il est trop tard pour faire demi-tour, tant pis, je trace. Je me souviens des grandes lignes du topo et notamment qu'il était écrit que l'on a toujours le Roc de Querquéou en vue, donc m'y rendre ne devrait pas être insurmontable.

J'arrive sur le parking à la sortie de Lapège à 11h25 (de mieux en mieux!) et bien sûr, je ne sais pas où est le départ de la rando. Plutôt que de chercher par moi-même, je demande au chasseur qui se prépare à partir lui aussi où se trouve le sentier, ce à quoi il répond : "Vous pouvez passer par là, là, là...". Bon, ben, je choisis de passer"par-là", alors! J'suis bien avancée, moi. Il m'indique que le plus facile à expliquer pour lui, c'est la piste. Soit, je prends donc la piste, un peu à contre-coeur, car dans mon souvenir, il était question de sentier, et même de sentier balisé. Or, après avoir fait quelques mètres, je constate qu'il n'y a aucune marque de couleur sur les arbres.

C'est au cours de ces mêmes mètres que je m'aperçois que j'ai oublié le téléphone dans la voiture... Zut, la série continue! Pas d'élément de sécurité, et accessoirement, comme il me sert aussi d'appareil photo, je ne pourrai pas immortaliser les vues qui sont pourtant magnifiques... Maintenant, vous comprenez le pourquoi du comment.

Ca en fait, des oublis pour une seule journée! Mais je continue ma route, avec pour seule consigne : au moindre truc qui cloche, demi-tour.

Un peu plus haut, le chasseur arrive à ma hauteur, en 4*4. Logique qu'il m'ait indiqué la piste, en utilisant ce moyen de déplacement... Comment il devine que ce large chemin n'est pas ma tasse de thé, je l'ignore; toujours est-il qu'il m'indique un raccourci, une coupette, que je m'empresse de prendre! Oui, mais... je pense qu'une fois la piste regagnée, il aurait fallu que je la reprenne. Au lieu de ça, je la coupe parce que la trace semble continuer... Au bout d'un petit moment, je me rends bien compte que je ne vais pas dans la bonne direction, alors une fois arrivée sur la crête, juste sous un pylône électrique, je trace à gauche toute, façon sanglier. Bonjour les ronces et les arbres couchés! Rapidement, je récupère un bon sentier qui m'amène en une légère descente à la fameuse croix (1226 m) dont m'avait parlé le chasseur. Trois personnes venant de Niaux sont en train de déjeuner.

Effectivement, d'ici, je vois bien le cheminement indiqué sur le topo. Mais comme il est tard, je décide de prendre les indications de ce dernier en contre-sens, c'est à dire que je vais d'abord aller chercher le col de Lastris (1427 m). Je peux au moins monter jusque-là, et ensuite, selon l'heure et les conditions, je déciderai de poursuivre ou de rebrousser chemin.

Le col est vite atteint, par une piste puis un sentier traversant la forêt et enfin à flanc de montagne. A partir de là, je vais cheminer en terrain connu. Il est à peine 13 heures, j'ai largement le temps d'aller jusqu'au Roc de Querquéou. Si je connais désormais cette partie du parcours, je ne l'ai jamais pratiquée dans ce sens; et bien, la montée est raide!!! Bon, je le savais, puisque la descente est bien raide aussi!!! C'est logique! Pour ajouter à la difficulté, ça glisse un peu. En effet, les empreintes laissées par les nombreux randonneurs passés ici ont gelé. Si je veux éviter cela, je dois marcher à côté, dans la neige molle, ce qui signifie que pour ne pas m'enfoncer, je dois mettre les raquettes. Et vous savez que, moi, les raquettes, c'est comme si, comment dire? Comme si je préférais les avoir sur le dos plutôt qu'aux pieds...

Du coup, je vais un mix des 2, tantôt dans les pas de mes prédécesseurs, tantôt sur le côté.

J'dis pas que c'est dur, mais j'en bave un peu quand même... J'y vais doucement pour ne pas affoler le cardio et garder du jus jusqu'en haut (je n'ai pas encore mangé) mais je constate que les chiffres de l'altitude grimpent relativement vite quand même, donc ça va! D'ailleurs, un petit coup d'oeil en arrière me fait dire que c'est normal de prendre rapidement du D+ dans cette portion!

45 bonnes minutes plus tard, je suis au Roc de Querquéou (1840 m); le ciel s'est un peu voilé. Je ne traîne pas car on ne sait jamais avec cette météo, si les nuages bas décidaient de flirter avec ceux du haut, je pourrais bien me retrouver dans le brouillard complet. Et comme à ce niveau, je n'ai plus envie de faire demi-tour, mais de repasser par la crête sud-est et qu'il me faut donc un minimum de visibilité (petit rappel : je n'ai pas de carte), je décide de tracer direct, en faisant toutefois attention de ne pas passer n'importe où à cause des accumulations de neige à certains endroits. Il n'y en a pas beaucoup, certes, mais je préfère éviter.

Tout se passe bien, je fais juste un petit détour, et rapidement, j'aperçois en contrebas la cabane (1504 m) mentionnée dans le topo (j'ai un peu de mémoire, quand même!). Je m'y rends; c'est un abri des plus sommaires, mais qui est néanmoins ouvert. Je m'installe devant et prends mon repas, à l'espagnole (il est un peu plus de 14 h). Finalement, le temps s'est maintenu; je peux faire une pause tranquille.

Je termine la descente à vue, en signalant ma présence auprès des chasseurs présents sur le flanc, parce que j'imagine que ça doit être surprenant de me voir sortir de nulle part ainsi. Sûr que ce lieu ne doit pas être très fréquenté...

Je récupère la piste visible depuis le haut, qui me ramène rapidement à la croix (intersection 1226 m) où deux randonneurs sont montés. Cette fois, je récupère le sentier balisé rouge et jaune, celui que j'aurais dû prendre à l'aller également.

Il chemine entre des granges, à l'abandon ou restaurées. Il a l'air d'y en avoir beaucoup d'autres un peu plus loin sur la gauche. On se croirait carrément dans le Couserans...

Je le trouve vraiment très pittoresque, ce sentier, avec ses vestiges de muret, les jardins et l'arrivée dans Lapège par une voie pavée. D'ailleurs, toutes les ruelles de ce hameau sont ainsi. Un vrai labyrinthe!

Il n'est même pas 15h30 lorsque j'arrive à la voiture, un peu frustrée d'avoir déjà fini (presque j'aurais pu pousser jusqu'au Bassibié, que je me dis!).

Du coup, après avoir troqué mes grosses chaussures contre une paire de baskets, je retourne faire un petit tour dans Lapège, et prends quelques photos. Il fait si beau, et je sais qu'en bas, c'est loin d'être le cas...

Voilà toute l'histoire...

L'histoire d'un jour où j'ai fait à la perfection ma tête de linotte, mais aussi l'histoire d'une bien belle rando, par un itinéraire pas habituel, mais très très chouette. Une histoire qui m'a enchantée...

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parcours querqueou

parcours querqueou b

Le topo donne la boucle dans le sens Lapège, l'intersection avec la croix (1226 m), col de la Bene, abri pastoral, roc de Querquéou, crête du courtal Terrous, col de Lastris, et le GR tour du massif des 3 Seigneurs ramenant au village. Je l'ai donc fait dans l'autre sens, avec "l'erreur" du départ qui me mène au col du pla de Joug et sur La Serre (à ne pas faire, donc). La partie entre l'intersection au-dessus du col de la Bene et Lapege est commune à l'aller et au retour. En fait, le départ du sentier se trouve au coeur du village (et ça, malheureusement, je ne l'avais pas retenu), il est balisé en jaune (ce qui est encore plus idiot) et je pense qu'en prenant n'importe quelle ruelle en direction du N-O, on retombe de toutes façons sur nos pattes. Il est ensuite balisé en rouge et jaune, et les indications aux intersections ne laissent pas de place au doute pour monter au col de Lastris. Pour monter au roc de Querquéou, le cheminement en crête est évident également.

A noter que je préfère l'avoir fait dans ce sens, la neige assez molle sans toutefois l'être trop sur le flanc S-E du Querquéou (lorsqu'il y en avait, car c'est quand même bien pelé) m'a facilité la descente; je pense que la partie gelée sur la crête jusqu'au col de Lastris aurait été beaucoup moins agréable, voire dangeureuse.

Un joli petit parcours de 12,5 km pour un D+ d'un peu plus de 900 m, effectué en 3h57 (temps pauses comprises), soit 1h24 pour monter au col de Lastris, 45 minutes supplémentaires pour atteindre le Querquéou, (donc 2h15 environ de montée). Environ 1h30 de descente.

Cartes IGN 1/25000 2147ET (Foix) et 2047ET (La Bastide de Sérou)

 

A voir dans le coin :

Le Pic de Bassibié (récit n°2)

Le Pioulou