Ce week-end, la météo annoncée est encore une fois pas terrible-terrible, les risques d'avalanche sont au niveau maxi... Que faire? Comme on dit avec les amis montagnards, si on reste enfermés, on va péter une durite!

Tandis que 3 ou 4 "fous" se lancent dans une course de ski de fond, "la Catalane Nordique" aux Angles, et bien, nous décidons nous aussi de nous diriger vers ce pays!

Objectif du samedi : rallier le site des Camporells via la cabane de la Balmette depuis les Angles.

Malgré un départ matinal, nous arrivons sur le parking des Angles ("sur le parking des Angles, 2 angles au petit jour..." - bon, Mumu, t'arrêtes tes conneries, oui?) à 10h passées. Et oui, en ne roulant guère plus vite qu'à 40 km/h depuis Ax-les-Thermes et même avant, la route nous a semblée bien longue, et on en rajoute une couche en se trompant de parking.

Quand nous arrivons enfin au point de départ, le vent souffle si fort que l'on ne parvient pas à se résoudre à sortir de la voiture. Les violentes rafales soulèvent la neige, plient les branches des arbres; franchement, on se dit que ça serait de la folie de partir dans de telles conditions... On hésite, pourtant. Et si passés quelques mètres, le vent soufflait avec moins de force? Si c'était localisé juste au niveau du parking??? Mouais...

Il faut rapidement trouver un plan B. On n'a pas passé autant de temps dans la voiture pour rebrousser chemin, quand même!

On se dit alors qu'on va plutôt aller du côté des Bouillouses. En redescendant, on a droit à quelques rayons de soleil. Curieuse météo que celle d'aujourd'hui, tout de même!

Par chance, le chasse-neige vient juste de re-déneiger la route jusqu'au Pla des Avellans, ce qui nous avance considérablement, et va peut-être nous permettre de récupérer un peu le retard accumulé depuis ce matin.

Nous sommes revigorés, le soleil se montre parfois, et même si c'est très timidement, ça met du baume au coeur... Mais ça ne va pas durer! A peine avons-nous mis notre paquetage sur le dos que quelques flocons se mettent à virevolter... Rien de bien méchant, ça ajoute même une touche d'authenticité à ce début de rando. Allez, c'est parti pour 4,5 km de route, heureusement enneigée... Est-ce pour ne pas avoir à les porter sur le dos que nous avons mis les raquettes? Toujours est-il qu'elles ne nous sont pas vraiment nécessaires sur cette portion!

Comme toujours sur ce genre de parcours, je me lasse un petit peu, alors Eole et la neige se liguent soudainement pour me mettre une bonne petite claque revigorante - que dis-je? carrément glaciale!

En effet, à 500 mètres environ du chalet-refuge des Bouillouses, le vent se met à souffler avec une telle force qu'il parvient à me déséquilibrer à plusieurs reprises et que la neige nous fouette le visage violemment. La visibilité s'en trouve largement réduite.

On est bien contents d'arriver au refuge et de se protéger des assauts d'une météo devenue très très très désagréable...

C'est blindé de chez blindé; des skieurs viennent d'arriver, transis comme nous, et dans la petite entrée, il faut un peu se tortiller dans tous les sens pour parvenir à se déchausser, avec pour objectif de ne surtout pas mettre de la neige dans les chaussures!!! Le "salon" est complet, la salle hors sac également.

Avec de telles conditions météo, et après renseignements pris auprès des gardiens, on se rend bien compte qu'il ne sera pas possible d'aller jusqu'à la cabane de la Balmette aujourd'hui. Enfin, possible, peut-être, mais forcément risqué... La visibilité est maintenant réduite à néant, le vent est en furie, la neige tombe...

Bon, si on n'avait pas eu le choix, peut-être que... mais là, il se trouve que malgré le monde attendu pour ce soir, il reste une chambre de libre au refuge, juste comme si elle nous avait été destinée! Y'a des petits signes qu'il ne faut pas chercher à interpréter, c'est ainsi, la question de savoir quelle suite donner à notre rando ne se pose donc plus; on s'installe, on mange et on se prépare à passer une super après-midi au chaud à l'abri du vent. Une première pour moi, mais après tout, ce refuge n'avait-il déjà pas été providentiel, quand, en 2008, sur le GR10, craignant l'orage qui menaçait, nous avions préférer y dormir plutôt que sous la tente? A l'époque, j'avais un peu râlé de ne pas passer la nuit dehors, mais aujourd'hui, je suis bien contente!

GR10 2008  (jour 4)

En plus, nous passons un chouette après-midi qui passe vite. La soirée passe tout aussi rapidement, de façon sympathique et conviviale.

Avant de fermer les paupières, je regarde longuement par la fenêtre. Le ciel est clair, la lune est pleine. La neige accentue cette clarté, on y voit bien mieux que tout à l'heure et le vent s'en est allé... Il me prend l'envie d'aller faire une petite balade nocturne! Seul le manque de courage de devoir remettre les vêtements de rando transformera ce désir furtif en rêve...

Alors que j'ai eu bien du mal à me réchauffer après les 4,5 km de marche, j'ai si chaud la nuit que je dors très mal. J'en arrive même à regretter de ne pas être en cabane à l'heure qu'il est, c'est pour dire!

 

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Le lendemain matin, nous constatons avec bonheur que la météo s'est améliorée, et même si c'est davantage couvert que ce qui avait été prédit, ça n'a rien à voir avec la tempête que nous avons essuyée hier.

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Nous partons donc avec le sourire aux lèvres vers la cabane de la Balmette, d'abord par le GR10 que nous suivons plus ou moins - plutôt moins que plus - puis à vue avant de récupérer le GR de pays "tour du Carlit" qui nous mène directement à la cabane. Effectivement, on se rend compte que si on était partis hier, ça aurait été très difficile de trouver l'itinéraire. Par conséquent, no regret!

Depuis que nous avons quitté le barrage, aucune trace d'autres randonneurs. Soit le vent de la veille a tout effacé, soit personne ne s'aventure dans le secteur. La neige n'est pas trop mauvaise, ça va, mais il faut tout de même faire la trace tout le temps...

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Il est un peu plus de 10h, le chemin pour aller aux Camporells est encore assez long, une fois parvenus là-bas, nous n'aurons qu'à revenir sur nos pas, du coup, on décide de changer de plan, encore une fois, et de retourner au refuge par le lac d'Aude. Ca devrait faire une petite boucle sympa.

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Nous retournons à l'intersection du GR de pays et de la boucle du lac ou du Roc d'Aude, en nous jurant de bien faire attention à suivre les petits rectangles jaunes. C'est ce qu'on s'évertue à faire, on perd une ou deux fois le fil, mais on le retrouve sans peine, jusqu'au moment où on perd définitivement le balisage. On avance, on avance; d'après mon GPS, nous sommes légèrement en-dessous du sentier, mais comme nous ne savons pas très bien ce qui nous attend "après", que la lecture du terrain n'est pas du tout évidente à cet endroit, la visibilité étant réduite à cause de la forêt, nous décidons de faire demi-tour avant d'aller trop loin, et de devoir peut-être faire demi-tour aussi, et du coup, de perdre beaucoup de temps. De plus, la neige recommence à virevolter, on préfère rebrousser chemin tant que nos traces sont encore visibles. Depuis la cabane, le ton de la randonnée s'est un peu durci, car la neige est désormais très collante, donc très lourde!

Nous coupons et piquons droit sur une cabane située à l'extrémité nord du lac des Bouillouses et après un repas pris sur le pouce (gelé) nous tentons de bien suivre le GR10 une fois que nous l'avons récupéré. Finalement, on trouve son tracé un peu surprenant, et on se dit que ce matin, on a bien fait de s'en écarter...

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Avant de refaire nos sacs au refuge, on se prend une bonne petite bière, tranquillement (chouette, ils ont de la Leffe!)

Pour le retour, nous avons décidé de repasser par les Esquits : l'estany Llang, l'estany Negre et celui de la Pradella. Un bien joli parcours où il n'est guère besoin de se soucier des petits traits jaunes tant le site est fréquenté! Ca change de ce matin! Le sentier a tellement été parcouru qu'il est damé et que les raquettes deviennent un accessoire complètement inutile. C'est vraiment joli, bucolique et tout et tout.

La nuit n'est pas loin de tomber lorsque nous arrivons à la voiture; c'est avec nostalgie déjà que nous nous déchaussons, avant de repartir pour une route qui sera moins longue qu'à l'aller, nous l'espérons...

Un beau week-end, vraiment sympathique, où rien de ce qui était prévu n'a vraiment été réalisé, mais en même temps, c'est ça qui est bien et qui fait que l'on ne regrette jamais d'avoir fait son sac et d'être partis, malgré les prévisions météo qui invitaient plutôt à rester sous la couette.

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Le paradis blanc... Lac des Bouillouses et Peric

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Le Puig del Pam

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Le massif du Carlit

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Toujours les Peric

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Le lac des Bouillouses

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Dur de se sortir de ce trou!

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Les Esquits

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Esquits

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Esquits

 


Carte IGN 1/25000 n°2249ET Font-Romeu Capcir

1h10 le jour 1 pour 300 m de D+ et 4,5 km

6h20+2h le jour 2 pour 380+200 m D+ et 14 + 6,7 km

Données indicatives surtout pour le dénivelé, ayant d'énormes différences lors du report sur VisuGpx et Cartoexplorer

D'autres randos dans le secteur :

Tour des lacs du Carlit (récit n°4, vacances de Paques)

Le Carlit depuis les Bouillouses (album photo)

GR10 2008