Texte en cours d'écriture, merci de votre patience...

RIMG1145

B 000b

 

 

Jour 1 : ANNECY - GENEVE - ISTANBUL - TBILISI

Lundi 8 août... Première étape du voyage, le bus entre Annecy et l'aéroport de Geneve (1h30). De là, nous embarquons pour Istanbul; tout se passe bien! Laurent a stressé pour rien (il n'avait pas réussi à récupérer les billets par mail - on avait juste la confirmation de réservation). On se présente à l'enregistrement, sans même avoir besoin de donner un numéro de réservation, et c'est parti...

B 000c

B 000f

La compagnie Turkish Airlines est au top... Boing flambant neuf, écrans individuels avec musique, vidéos, jeux et une carte satellite. Je regarde le début de star wars 7, même si j'ai du mal à suivre. A droite, à travers le hublot, le Mont-Blanc, le Cervin, et tant d'autres sommets alpins... Grâce au GPS et à la vue satellite, nous pouvons voir notre parcours et identifier les sommets que nous survolons. Voir aussi qu'avant d'atteindre Istanbul, nous faisons demi-tour! Quelqu'un aurait-il oublié quelque chose? Nous survolons la mer... (largage du kérozène???). Un repas correct nous est servi à bord; le personnel est agréable.

L'aéroport est pimpant, ça brille de partout.

B 000d

Nous prenons une bière pendant l'escale et faisons un gros gloups quand on découvre l'addition... 17,80 euros les deux verres. Certes, ils contiennent 70 cl, mais tout de même!

Déjà que Laurent avait eu du mal à avaler le prix du livre acheté au Relay de l'aéroport de Geneve (16 euros pour un ISBN de 8,60 euros). Et oui! La vie en Suisse est bien deux fois plus chère qu'en France...

Ah oui, aussi... Laurent a oublié de retirer des euros en France et cela lui coûte cher d'en retirer à l'aéroport de Geneve. 60 euros = 73 FS (alors que 1 euro = 1,04 au cours du change) et 69 euros de débit immédiat sur sa CB!!!! Il est des détails auxquels il convient de penser avant un départ!!!!

B 000g

On ne fait pas trop attention à l'heure (+1 avec le décalage) et réalisons soudainement qu'il ne nous reste plus que 30 mn avant le départ de notre second vol du jour. Waouh, l'aéroport est immense et la porte 703, notre porte d'embarquement, est super loin!!! On court, on court... Autre source de stress pour Laurent : les sacs seront-ils bien acheminés pendant le transfert???

Puis c'est à mon tour de flipper quand je présente ma carte d'identité au contrôle : l'agent me dit qu'il y a un problème avec... Puis son collègue et lui partent d'un grand éclat de rire! La bonne blague ;-)

Nous montons dans la navette où il fait une chaleur insupportable malgré la nuit tombée.

Cette fois, c'est parti pour un autre continent! Dans l'avion, l'un de nos deux sièges est déjà occupé par une jeune fille ... dont le numéro de place n'existe pas!!! Oups! Heureusement pour elle, l'avion n'est pas complet.

Durant ce court trajet où nous survolons la Mer Noire, je regarde la fin de Star Wars. Un autre repas nous est servi, plus light que le précédent mais encore une fois, ce n'est pas mauvais.

Lalou stresse encore pour les bagages, pourtant, c'est moi qui vais avoir quelques soucis au contrôle à l'aéroport de Tbilisi... Je n'ai pas de passeport et il semble y avoir un problème avec ma carte d'identité. J'y passe un peu de temps, cette fois, ce n'est pas une blague, et l'agente n'a pas l'air d'avoir envie de rire!!! Elle me demande si je n'ai pas un autre document avec une photo, visiblement, elle ne me reconnait pas...

Quand, enfin, elle me retend la carte, je la remercie avec un grand sourire; elle me répond par un regard glacial. Je ne crâne pas, je sens que ça a été limite... Aïe...

Nous allons récupérer nos gros sacs. Quand le mien arrive, Laurent stresse à nouveau de voir que le sien ne suit pas... Ouh la la, je constate que tout, que chaque situation qui s'enchaîne est source d'angoisse...

La suivante : allons-nous pouvoir retirer des laris (la monnaie georgienne) à l'aéroport? C'est le petit doute pour moi, car je j'ai jamais utilisé ma carte ailleurs qu'en France, Andorre et Espagne. Mais tout se passe bien. Nous en retirons 1000 chacun.

Maintenant, il va falloir trouver un taxi et un hôtel à Tbilisi.

B 000e

Pas vraiment le bon terme. Ce sont plutôt les chauffeurs qui nous cueillent dès notre sortie de l'aéroport. Je passe les détails - négociation de prix, choix entre hôtel et hostel - tout ce qu'il faut retenir, c'est le mauvais choix effectué. D'un hôtel en centre-ville promis, on se retrouve dans un hôtel de "banlieue" (on le découvrira le lendemain) pour une nuit au lieu de deux, mais ça, c'est tant mieux car c'est un peu pourri.

150 laris lâchés, sur ce coup-là, on s'est un peu fait arnaquer. Le wesh-wesh qui nous transporte peut bien rouler en BMW flambant neuve s'il fait ça tous les soirs! Un détail ne m'échappe pas : c'est lui qui empoche la totalité de l'argent (taxi + hôtel). Et l'hôtelière? Rien? Comment se fait-elle payer? Que récupère-t'elle de la somme? Un peu bizarre, pour ne pas dire autre chose, comme système... Bref, il est plus de deux heures du matin, avec ou sans décalage (+ 2 heures), je ne sais plus. Il fait super chaud dans cette chambre, mais heureusement, il y a la clim... Je suis morte, malgré cela, le sommeil ne vient pas et comme depuis tant d'autres, ma nuit sera courte (moins de 3 heures).

 

 

Jour 2 : TBILISI - ZUGDIDI

Mardi 9 août... Ce matin, je suis d'humeur maussade ou plutôt ronchon. Le manque de sommeil, probablement... J'ai tourné dans le lit à partir de 5 heures du mat' (3 h en France) pour un coucher à 2/3 h. La communication avec la dame de l'hôtel est très compliquée, mais puisque le taxi driver nous a dit qu'on était à 5 minutes du centre historique de Tbilisi, nous décidons d'aller voir ça tout de suite. On voit le clocher d'une cathédrale, c'est bon signe. Sauf qu'au fil de notre cheminement, on la perd de vue; on est dans un quartier qui fait davantage penser à la banlieue nord de Paris. Fatigue, déjà... On décide de suivre le flot (insupportable et puant) de voitures; celui-ci nous amène sur une place où il y a des taxis. 

Quand les chauffeurs nous voient chercher notre destination sur un plan, ils nous proposent de nous emmener. Geoland est le premier endroit où nous devons nous rendre pour acheter les 3 cartes au 50 000ème dont nous aurons besoin, ainsi que des cartouches de gaz. Par chance, le magasin est mentionné sur le plan! Malgré cela, on ne le trouvera pas du premier coup!!!

Bj2 1

Bj2 2

Bj2 3

Une fois les achats effectués, nous n'avons qu'une envie : fuir Tbilisi et sa pollution automobile au plus vite! Un taxi nous amène à la gare. Il fait super chaud...

Bj2 4

Nous montons dans une marshrutka (minibus local) dans laquelle nous attendons plus de deux heures (ici, on rentabilise : le véhicule ne part pas tant qu'il n'est pas complet. Cela peut durer des heures...). Nous mettons heures pour atteindre Zugdidi. Découverte pour moi des routes georgiennes. Ce qui me surprend, ce sont les petites cahutes de marchands tout le long de la route, par thèmes. D'abord hamacs et chaises suspendables en tissu ou osier, puis du miel, des poteries, du pain...

B 001

B 002

Bj2 5

Ah oui, je remarque également que les routes comportent deux voies, mais que les chauffeurs en utilisent une troisième, fictive, au milieu!!! Et aussi, il y a de nombreuses vaches sur le bas-côté, qu'il faut parfois éviter d'un coup de volant...

B 003

A une quarantaine de kilomètres de Zugdidi, je remarque que toutes les propriétés sont identiques : maison montée sur pilotis ou sur un étage, petite culture - souvent du maïs ou de la vigne - animaux domestiques (poules, cochons et surtout vaches). Quelquefois, l'une d'elle est rénovée et semble plus "riche" que les autres, sinon, dans l'ensemble, ça fait quand même un peu taudis... Les maisons sont en parpaing et en bois. 

Arrivés à Zugdidi, il nous faut trouver un endroit pour dormir. Nous allons sur la place des marshrutkas où de nombreux taxis - malgré l'heure tardive - nous proposent de nous emmener à Mestia, ce que nous refusons. Ils ne nous lâchent plus et après plusieurs coups de fil, on nous montre un homme qui fait le piquet à l'angle de la rue. C'est le propriétaire d'une guest house (car nous avons demandé un hôtel)... et il nous emmène exactement à l'endroit où Laurent avait dormi en 2011 (ou 2008). Une grande propriété carrée avec une cour intérieure et vieille tour en pierre typique de la région. La chambre est tout ce qu'l y a de plus rustique : trois lits "trampoline", une chaise et basta. La "salle de bains", n'en parlons pas! Le propriétaire des lieux, Koba, est fier de nous montrer son ballon d'eau chaude suspendu dans la cour. Ainsi, nous pourrons prendre une douche chaude. Nous prenons un café turc, Laurent retrouve Kaxaber, le frère de Koba, qu'il avait rencontré lors de sa précédente venue et il leur propose de regarder un CD de photos sur lequel il apparaît.

Mais avant de le visionner, nous allons en centre ville manger un bout, dans un genre de fast-food.

A notre retour à la guest house, nous croisons Koba, affublé de deux gros seaux d'eau. Il nous informe que le ballon d'eau chaude, sa fierté, vient de lâcher, qu'il y aura peut-être de quoi prendre une douche pour moi; mais pour Lalou, ça sera à l'ancienne. Du coup, je n'en prends pas non plus. Zut!!!

Nous regardons le CD où Kaxaber et les jeunes filles de la maison sont heureuses de se reconnaître. Puis dodo...

B 004

 

Jour 3 : ZUGDIDI - MAZERI

Mercredi 10 août... Ce matin je suis réveillée très tôt.  Je me prépare tranquillement puis vais acheter des pêches dans la rue pour agrémenter le petit déjeuner.  Il est 6h45 environ mais déjà les marchands de fruits et légumes s’installent.  Les taxis et marshrutkas sont déjà là aussi,  à attendre les clients se rendant à Mestia.  Ils m’interpellent ; je leur dis pas maintenant.  Puis je retourne à la chambre. Lalou se réveille tranquillement… Petit déjeuner,  pendant ce temps les marshrutkas sont parties, il nous faut donc attendre la prochaine tournée.  En discutant, Koba nous dit qu’un chauffeur pourra nous emmener directement à Mazeri qui est le point de départ de notre première grande randonnée.  Bon, il ne sera pas là avant 11 h.  Et il n’est que 8h.  Koba nous dit, un peu moqueur,  qu'il nous avait bien prévenu de prendre une des premières marshrutkas à 6h45. Malgré l’heure matinale, la chaleur est déjà écrasante.  Nous attendons patiemment à l’ombre… Petit espoir quand notre chauffeur arrive à 10 heures à peine.  Chouette, nous allons pouvoir enfin partir vers les montagnes! Mais… entre temps, Zurop, notre chauffeur,  passe plusieurs coups de fil.  Je pense qu’il attend d’autres clients pour remplir son minibus.  Effectivement,  après une heure d’attente, deux personnes nous rejoignent.  Pas des touristes,  mais des locaux.  A 11 heures nous sommes sur le départ,  sauf que Zurop s’arrête au supermarché,  très très européen, où nous achetons de quoi manger pour ce midi. Ouf, cette fois on va peut être y aller pour de bon… Et bien non, nouvel arrêt dans un magasin de bricolage. Puis essence, puis arrêt pastèque,  puis brioche, et ainsi de suite.  

B 001 J3

B 002 J3

B 003 J3

B 004 J3

B 005 J3

B 006 J3

B 007 J3

Zurop est un conducteur très prudent et avec son vieux minibus on roule le plus souvent à 30 km/h max.  Il connaît tout le monde sur la route et s’arrête souvent pour saluer quelqu’un. Il y a beaucoup de vaches, aussi, mais on voit bien que leur présence au milieu de la route est tout ce qu’il y a de plus banal !  

Nous nous arrêtons à un resto surplombant le lac barrage de Lenghuri  où nous prenons un verre et partageons du rajapuri avec nos compagnons de route.

Peu à peu , nous nous rapprochons de la montagne et soudain l’Ushba entre dans le paysage.  Waouh , il en jette,  ce Cervin géorgien !  C’est vraiment de toute beauté…

B 005

B 006

B 007

Après Doli  Becho, nous quittons la route principale menant à Mestia pour nous engager sur une piste conduisant à Mazeri. C’est là que le plus jeune de nos deux compagnons de route descend. Zurop s’arrête un peu plus loin ; c’est la maison de sa mère, à qui il dépose une pastèque.  Un peu plus loin encore, c’est au plus âgé des passagers de descendre du bus. Enfin, au terme de 6 heures de voyage  - avec tous les arrêts – nous voilà arrivés à Mazeri, directement chez Zurop qui nous propose immédiatement de nous héberger.  Malgré son insistance et sa grande gentillesse , nous refusons, préférant nous en tenir à notre idée du départ, c’est-à-dire bivouaquer sur le chemin de l’Ushba glacier,  mais faisons néanmoins une petite pause dans leur sympathique terrain.

B 008 J3

La communication avec la femme de Zurop n’est pas aisée, elle ne parle pas un mot d’anglais. Mais j’arrive à comprendre que bientôt, la famille accrochera sur la façade de la maison une pancarte sur laquelle sera écrit Guest House.  Leur fille parle un peu anglais et elle use d’arguments pour nous faire rester cette nuit , notamment la possibilité de prendre une douche !  Mais nous sommes déterminés à nous dégourdir un peu les jambes, après avoir fait de nombreuses heures de vol et de route !  

B 009 J3

B 010 J3

B 008

Nous commençons donc notre périple en direction de la chapelle située à 3 km de là. Nous avons l’idée de faire une pause au grand hôtel Ushba, mais nous avançons jusqu’à nous dire que nous avons largement fait le kilomètre qui nous en sépare !  En effet, un petit coup d’œil au gps nous confirme que nous l’avons dépassé depuis un petit bout de temps !!! Ça commence bien !   

B 009

B 010

Qu’à cela ne tienne, nous cherchons un endroit où planter la tente , puisque c’est ce qui était de toutes façons prévu !  Notre premier bivouac se fera juste après le pont , entre quelques sapins. On pourra même se faire un petit feu ;  chouette ! L’orage grondera pendant la nuit.

B011 J3

B 012 J3

B 013 J3

 

 

Jour 4 : MAZERI - ALLER RETOUR VERS L'USHBA GLACIER - MAZERI

Jeudi 11 août... Cette nuit, j’ai été malade : nausées et vomissements.  Pas top pour récupérer du fatigant voyage !  Au réveil, je ne suis pas bien du tout, mais comme l'aller retour jusqu’à l’Ushba glacier n’a pas l’air trop difficile, je tente le départ; mais une heure après, je ne vais pas mieux et je décide de faire demi tour, et de retourner me reposer au lieu de bivouac où nous avons laissé la tente et le plus gros de nos affaires.  Lalou poursuit en direction de la cascade qui a l’air magnifique.  Il n’ira pas beaucoup plus loin que moi , mais sa sympathique rencontre et bavardage  avec des alpinistes me laisseront le temps de rentrer et … de me faire ennuyer par 2/3 géorgiens à plusieurs reprises.  Pas de repos donc pour moi. Lalou revient au moment où je fais mon sac, bien décidée à retourner à Mazeri sans attendre son retour.

Nous avons l’idée de nous rendre au grand hôtel Ushba  (hier en fait nous étions sortis de l’itinéraire et avons raté l’embranchement 500 m avant l’établissement) mais le prix exorbitant nous fait fuir !  Retour chez Zurop à qui nous avions promis de repasser avant de quitter la vallée. Nous installons la tente dans le terrain, allons prendre la douche dont la femme semble si fière. Ici , les normes électriques ne sont pas les mêmes qu’en France... Cumulus qui se branche directement sous l’écoulement de la douche. Qu’à cela ne tienne, ça fait du bien de se laver… et c’est n’est pas moi qui irais débrancher le ballon après son utilisation ! Nous avons juste le temps de nous préparer le repas  du soir avant que l’orage arrive. Mais dans mon état, hormis une barre de nougat, je n’ai rien avalé de la journée et ce soir, rien ne passe… Le seul moyen de me sentir mieux = du repos ! Alors dodo.   

B 012

B 013

B 014

B 015

B 016

B 017

B 018

B 019

B 020

B 021

B 022

B 023

 

 

Jour 5 : MAZERI - GULI PASS - KORULDI LAKES

Vendredi 12 août... Ce matin je me sens en forme,  les douleurs cœur-estomac-tête ont disparu et c’est tant mieux car une longue journée nous attend ! En effet, c’est parti pour 1300 mètres de dénivelé en direction du Gulli Pass. La première partie est constituée d’une ascension très douce ;  je sens que ça va se payer dans la dernière portion du parcours ! 

B 014 J5

B 015 J5

B 024

B 016 J5

B 025

B 026

Et effectivement, après les quelques cabanes de berger situées à 2360 mètres d'altitude, la montée devient soudainement plus sévère !  On perd 2/3 fois le balisage mais retombons à chaque fois dessus.  Enfin, au bout de 5 heures – pile poil exactement le temps indiqué sur les pancartes – et sous une bonne chaleur, nous parvenons au fameux col ! Yeah, le premier de notre petit trek !  Nous poursuivons en crête jusqu’à un autre col qui va nous permettre de basculer côté Mestia.  Enfin, pas exactement.  Nous avons prévu d’aller planter la tente aux Koruldi lakes, soit de nous prendre 250 à 300 mètres de dénivelé supplémentaire.

B 027

B 028

B 029

B 017 J5

B 018 J5

B 019 J5

B 020 J5

B 030

B 031

Après une belle descente, s’ensuit une longue portion à flanc sur laquelle nous franchissons plusieurs ruisseaux  (nous faisons le plein d’eau au plus important ). Puis le chemin se redresse légèrement avant d’atteindre l’intersection Mestia /Koruldi lakes , nous faisant pressentir que les quelques mètres de D+ vont être bien difficiles.  On est tentés un instant de s’arrêter là mais après une bonne pause, nous décidons de poursuivre la route.  Et bien c’est très éprouvant.  Il fait chaud à crever, d’ailleurs, crevés nous le sommes et nous nous arrêtons tous les 10 mètres pour reprendre notre souffle sur ce kilomètre de piste que foulent de nombreux touristes, arrivés là en 4×4 depuis Mestia.  Ça m’hallucine, moi qui pensais tomber dans une contrée sauvage et assez déserte,  il y a bien plus de monde ici que dans tous les coins des Pyrénées que j’ai fréquentés jusqu’à présent !!! Je cherche désespérément un petit coin tout plat qui pourrait accueillir notre demeure ; à présent on s’en fout des lacs pourtant si proches, ce qu’on veut c’est se poser, mais évidemment il n’y en a pas !  Je me retourne de temps en temps, me disant « p… pourtant, ça ne monte pas tant que ça » mais quand on a le Gulli Pass dans les jambes, et bien si, ça monte !!!

Bref, on sait grâce au topo de Franck, et à son blog, qui nous a bien aidés dans la préparation de notre périple,  qu’il y a un campement possible 200 mètres avant les lacs. Je sais, c’est ballot de s’arrêter si près du but, mais comme je l’ai déjà dit, on s’en fout, on en profitera mieux demain ! Enfin un endroit avec des replats!  Et oh surprise , un laquet ☺ Quelques pas supplémentaires et nous tombons sur un autre lac ! Et bien, nous y voilà, finalement 😄 Et bien,  quelle longue journée, mais largement récompensée par le panorama qui s’offre à nous. L’Ushba est caché par le sommet côté 3328 mètres sur la carte au 75000/1000 que nous avons décidé de gravir demain matin. Après avoir installé le camp et discuté avec un couple de Sri-Lankais, nous nous préparons notre repas du jour. L’eau prélevée dans le lac retournera vite à la nature car pleine de petites bêtes y grouillent. Je vais mieux, pourtant y a pas grand-chose qui me dit… Le Tetnuldi prend une jolie couleur rosée avec la tombée de la nuit.

B 032

B 021 J5

B 033

 

 

Jour 6 : KORULDI LAKES - MESTIA

Samedi 13 août... Cette nuit je n’ai pas bien dormi et en plus on a été réveillés vers 6h par des chevaux venus brouter la tente.  A nouveau je ne suis pas bien en me levant et les douleurs à l’estomac me reviennent.  Et j’ai la tête qui tourne.

B 034

B 035

B 036

B 037

Finalement, c'est la montée rapide (car sans sac) vers le point de vue 3328 m qui me fait le plus de bien! Plus on monte, plus le terrain devient raide et croulant, style Carlit via le Lanoux. Notre itinéraire s'arrête au bout d'une heure environ de course, juste sous la croix que j'avais visée depuis le départ, car la pente s'accentue encore et il faudrait poursuivre bien plus à droite. Il aurait fallu, semble-t-il, suivre un autre itinéraire dès le départ; continuer tout droit est trop difficile, voire dangereux/impossible! Nous retournons donc au camp, avec cette espèce de nausée qui ne va pas me quitter, puis nous entamons notre descente sur Mestia. C'est une piste où nous croisons beaucoup de touristes!

Nous quittons celle-ci à un belvédère sur la vallée où un panneau nous indique deux possibilités pour nous rendre à Mestia : un à gauche par la piste et un à droite par une sente qui semble plus bucolique. C'est vrai au tout début, mais seulement au tout début!

B 038

B 039

B 040

La descente directe va vite s'avérer terrible : un tout schuss sur un chemin de terre où il est difficile de ne pas glisser avec nos gros sacs à dos, me valant même à un moment un bon petit coup de panique... Laurent prend mon sac pour m'aider et me le descend d'une vingtaine de mètres. De là, il m'annonce que la pente se radoucit. Ouf! Et quelques mètres plus bas, nous tombons même sur le sentier balisé (car évidemment, dans la portion que nous venons de faire, point de balisage!). Où avons-nous perdu la trace? Mystère...

B 041

C'est entièrement couverte de terre que je parviens à Mestia et je ne pense qu'à une chose : prendre une douche! Nous ne cherchons pas très loin pour trouver une guest house : ça sera une des premières sur laquelle nous tombons, chez Irina. Pour le moment, seul un ado est là pour nous accueillir, nous nous installons et je vais prendre une douche rapidement, afin de ne pas pourrir tout ce que je touche!!! Que ça fait du bien! Plus tard, nous faisons connaissance avec Irina, peu bavarde mais très sympathique... En revanche, les "hommes" de la maison ne sont pas très souriants. 

B 022 J6

B 023 J6

B 024 J6

Le soir, nous allons manger dans un resto très touristique de Mestia, bourgade qui semble en plein boom : constructions modernes (et moches), hôtels partout... beaucoup de monde... aucun charme ;-(

Je passe une très bonne nuit dans la chambre de cette maison...

 

Jour 7 : MESTIA - CHALAADI GLACIER - MESTIA

B 042

B 025 J7

Dimanche 14 août... Le lendemain, nous nous enquérons d'un taxi qui nous dépose sur la piste du Chalaadi glacier. Celui-ci nous monte jusqu'à une chapelle et ensuite, nous marchons pendant une heure environ jusqu'à un poste de garde et un café. Là aussi, il y a foule!

B 026 J7

Comme tout ce monde, nous franchissons la rivière par un pont suspendu et marchons jusqu'au pied du fameux glacier. Comme c'est beau! Ici, tout le monde demande à tout le monde de se photographier! Espérons que l'engouement pour cette région ne fasse pas que d'ici quelques années, le site ne devienne pas payant (quoique... ) et on imagine assez bien ici un photographe se poster et de trouver sa photo à acheter de retour au parking...

B 027 J7

RIMG1290

B 044

Réflexion faite, nous continuons à monter dans la moraine, avec l'idée de nous rapprocher du glacier, mais l'initiative sera de courte durée car l'orage éclate! demi-tour donc, et c'est sous la pluie que nous retournons au terminus de la piste.

B 028 J7

B 045

B 046

Vite, vite! Abritons-nous dans le bar! La descente ne fut pas très longue, mais elle me permet de constater que ma veste Innov'8 n'est plus du tout protectrice contre la pluie. Je m'en doutais, mais je pensais pouvoir compter sur elle un peu plus que ça quand même! Bon, c'est sans regrets; elle a du vécu et m'a souvent bien protégée. Mais je sais désormais que dès qu'il va pleuvoir, c'est direct le poncho que je devrai sortir!

Nous faisons une bonne pause, comme je suis trempée, je n'ai pas chaud, mais ça va, c'est supportable. Nous parvenons à obtenir un taxi pour descendre à Mestia, qu'un jeune Israélien a commandé.

B 029 J7

B 030 J7

Il doit arriver dans 20 minutes, mais je sais à présent que les minutes géorgiennes comptent facilement pour le double ou le triple!!! Et effectivement, le chauffeur arrive bien une heure après!!! Mais ce n'est pas grave... Nous n'aurons pas à faire le retour sur Mestia à pied sous la flotte!

Grand luxe, le chauffeur nous dépose à la porte de notre guest house, où nous allons passer une seconde nuit.

Il pleut toujours, du coup nous n'avons pas envie de sortir en ville. Alors on se fait la popotte sur la terrasse d'Irina t nous allons nous coucher. 

Petite anecdote : le jeune Israélien, en découvrant mon prénom, semble charmé en me disant que Murielle est un personnage de Tolkien... A voir!

 

Jour 8 : PAUSE A MESTIA - TRANSFERT A ZHABESHI

Lundi 15 août... Aujourd'hui, journée repos à Mestia. Nous flânons dans les rues de la bourgade, en profitons pour acheter et envoyer des cartes postales, se connecter à Internet et se faire un autre resto. Je ne sais pas trop quoi manger depuis quelques jours, tout me reste sur l'estomac, que ce soit ce que j'ai emporté de la maison ou ce que j'achète sur place... J'aurais juste besoin de fruits et légumes...

La météo n'est pas aussi mauvaise que prévu, alors nous décidons de quitter Mestia ce soir et de nous rendre à Zhabeshi. 

B 031 J8

B 032 J8

Comme nous avons enregistré le numéro de téléphone du sympathique chauffeur de taxi d'hier, il nous suffit de lui passer un coup de fil, et une heure après, il est là. Pendant le trajet, nous lui expliquons notre projet, il nous met alors en contact téléphonique avec un géorgien parlant parfaitement le français. Ca fait bizarre d'entendre quelqu'un s'exprimer dans notre langue; pourtant, ça ne fait pas si longtemps que nous avons quitté notre contrée! Il donne l'adresse d'une guest house où le chauffeur pourra nous déposer. En quelques instants, nous y sommes! Nous sommes immédiatement pris en charge comme il se doit. Ici, c'est le grand luxe! Les jeunes hommes de la maison sont bavards, plutôt grande gueule et l'un d'eux, à la carrure de rugbyman, est même un tantinet nerveux. Il y a plusieurs chambres et deux salles de bain; c'est moderne mais encore une fois, la décoration est très kitsch. Nous prenons le repas ici, mais pas avec la famille, ni même avec les autres pensionnaires, d'ailleurs. Curieux. Ici, ils se préparent déjà à accueillir les futurs skieurs de la station en construction et on sent bien que ça crée une certaine effervescence!

Le soir, les deux jeunes nous proposent leur service taxi au cas où on en aurait besoin. Comme on dit que ce n'est pas nécessaire, ils insistent, chacun à leur tour, pour nous laisser leur numéro de téléphone. Puis en regardant la carte pour l'itinéraire du lendemain, ainsi que Google Earth (il y a la wifi ici) on se rend compte que nous ne sommes pas à Zhabeshi, mais 2 kilomètres avant, dans un hameau du nom de ... Nou comprenons alors l'étonnement du chauffeur de taxi lorsque nous l'avons payé tout à l'heure. En fait, il nous a déposé là juste pour qu'on fasse quelques courses. La guest house où il devait nous emmener n'était pas celle-ci! Zut! Nous sommes un peu dégoûtés... Tant pis... Encore un problème d'incompréhension dû à la langue.

Malgré le confort de cette chambre, je ne passerai pas une bonne nuit ;-(

 Les photos de Lalou ici

 

Jour 9 : ZHABESHI - VERS LE TVIBERI GLACIER - ZHABESHI

Mardi 16 août... Aujourd'hui, nous avons prévu d'aller au pied du Tviberi glacier.

B 047

B 048

B 049

B 050

B 033 J9

Un enfer, cet aller/retour. Agréable au début, le sentier remonte un canyon étroit mais il va vite se transformer en calvaire à cause de la végétation.

B 051

B 052

B 053

B 034 J9

B 054

B 055

IL fait une chaleur insupportable, mais stréssée à l'idée qu'il puisse y avoir des tiques dans cette forêt, je me couvre des pieds à la tête. Pantalon et pull me collent au corps, une véritable horreur.

Et tout ça pour ça --> Au bout de 4/5 heures de marche, nous capitulons, sans même aller jusqu'au glacier (il y en avait encore pour une heure à peu près). Bye bye le bivouac prévu là-haut; je suis dégoûtée, oppressée par la végétation enveloppante et étouffante, la chaleur moite est terriblement insupportable et nous n'avons aucune envie de nous taper le retour sous la pluie annoncée demain. Alors, demi-tour... Les gros sacs auront été portés pour rien; dommage!

Nous installons le bivouac après trois bonnes heures de descente (?), juste au-dessus de Zhabeshi et de son tonitruant torrent (essayez de dire ça dix fois de suite, tiens!!!! tonitruant torrent, tonitruant torrent, toni...!!!). J'y trouve juste un petit coin paisible pour faire une toilette revigorante et surtout nécessaire après cette journée oppressante à se débattre dans la végétation hostile et envahissante. Il y a là un Hollandais se retrouvant seul à randonner après qu'il se soit disputé avec son ami. Il est un peu dépité... Les 4 Italiens croisés tout à l'heure arrivent et s'installent non loin de nous.

J'ai fait une lessive, mais il est impossible de l'étendre car des chevaux viennent tout piquer... Ce que les animaux peuvent être collants, ici! Entre les vaches de tout à l'heure qui venaient presque poser leur museau sur notre nez et ces chevaux amateurs de linge (à peu près) propre... Quelle journée :-(

B 056

B 057

 

Jour 10 : ZHABESHI - ADISHI

Mercredi 17 août... La météo n'est pas si mauvaise que prévu, c'est couvert mais il ne pleut pas. Objectif avant de poursuivre notre route : nous ravitailler un peu. Nous trouvons à la sortie de Zhabeshi un market où nous achetons pâtes, biscuit, pain et Snickers. Pourtant, on a bien cru qu'on ne serait jamais servis! On dit oui à notre demande d'achat, mais la dame met un temps fou avant de se décider à nous ouvrir son débarras qui fait office de magasin, et je dois bien le dire en période de treck, de caverne d'Ali Baba. On dirait que ça la fait chier. C'est pas la première fois que ça arrive, que je remarque cette attitude, et pour tout dire, je l'attends encore, cet accueil géorgien qu'on m'avait promis!!! 

Bref, nous refaisons quelques pas en arrière pour nous engager sur le sentier menant à Adishi. Le cheminement est bien plus agréable qu'hier; enfin, je me sens en montagne! 

B 058

B 059

B 060

B 061

B 062

Nous débouchons sur une énorme piste, l'une des futures pistes de ski dont les jeunes nous ont parlé avec fierté avant-hier. Les engins s'activent tandis que nous prenons une portion de cette énorme trouée dans la montagne. Spectacle désolant, mais bon... qui je suis pour juger de cette horreur en train de voir le jour? Quittons vite cet endroit!

B 035 J10

La suite du parcours est bucolique et agréable, seules la météo et cette moiteur qui font tremper le maillot pourraient constituer un point "négatif". Un kilomètre avant d'arriver à Adishi, nous tombons sur une cabane qui fut, semble-t-il, un bar... Bon, pas de bol, c'est désert à présent!

B 036 J10

B 063

B 037 J10

B 038 J10

B 064

Du coup, on va prendre une bière dans une guest house dès que nous arrivons à Adishi. On y rencontre deux jeunes Français, étudiants à Paris, qui nous donnent quelques tuyaux de visites à effectuer en Géorgie.

B 065

B 066

Puis on reprend notre route pour aller installer le bivouac près d'un torrent au-dessus du village où le jeune Italien (ses trois amis sont allés à Mestia, donc depuis ce matin, il marche seul - comme un certain Jean-Jacques Goldmann!!!) s'est déjà installé.

B 067

B 068

 

Jour 11 : ADISHI - CHKHUTNIERI PASS

Jeudi 18 août.. Aujourd'hui, le temps est très couvert; c'est dommage, car une belle journée de montagne nous attend, avec un superbe panorama et une arrivée au CHKHUTNIERI PASS. Mais les sommets resteront cachés dans leur enveloppe nuageuse toute la journée...

B 039 J11

C'est un moment-clé du trek qui nous attend aujourd'hui : la traversée de la rivière Adishchala en cheval. Moi, sur un cheval?! Et oui! Bon, je pense qu'il était possible de traverser à pied, avec de l'eau jusqu'à mi-cuisse, mais il ne fait pas chaud aujourd'hui, et être trempés pour la suite du parcours ne nous disait rien qui vaille. Et puis, c'est épique, cette traversée! Et les chevaux ne sont pas très grands, donc ça passe tout seul. Finalement, ce passage s'avère même trop court! Lalou n'a même pas le temps de sortir son appareil pour me photographier, du coup, je demande au passeur de remonter sur le cheval après la traversée, pour immortaliser cet instant!

B 040 J11

B 041 J11

B 042 J11

B 069

B 043 J11

Pour la première fois sur ce trek, parvenus au col, nous sortons les ponchos. La vue doit être majestueuse d'ici, mais comme elle est largement masquée, nous abandonnons l'idée -inutile - d'aller grimper au point de vue côté à 3036 mètres. 

B 070

En revanche, comme nous sommes en avance et que la météo de demain est annoncée belle, nous décidons d'aller bivouaquer sous le col (environ 200 m en-dessous) afin de remonter demain matin et profiter de la vue. Nous revoyons les deux français, qui eux, entreprennent de se rendre à Ushguli directement. Nous nous souhaitons bonne route pour la suite...

Nous installons la tente au bord du sentier, au seul endroit à peu près plat, près d'une source, du coup, nous voyons beaucoup de monde passer.

B 071

Vers 17/18 heures, nous décidons de remonter au col, mais même si la météo s'est améliorée depuis tout à l'heure, les sommets ne se dévoileront pas...

Nous redescendons au bivouac; repas, lecture et dodo!

B 072

B 073

B 074

B 044 J11

B 045 J11

B 046 J11

B 047 J11

B 048 J11

B 049 J11

B 075

B 076

B 077

 

Jour 12 : CHKHUTNIERI PASS - KHALDE - IPRALI - LATPARI PASS

Vendredi 19 août... Cette nuit a encore une fois été mauvaise pour moi. Avant de prendre la route vers Khalde et Iprali, nous remontons au CHKHUTNIERI PASS, et cette fois, comme la météo est magnifique, nous sommes largement récompensés par le panorama qui est effectivement extraordinaire! La luminosité n'est pas très bonne pour les photos, mais on en prend plein les mirettes et c'est avec cette carte postale grandeur nature gravée dans la tête que nous redescendons.

B 050 J12

B 051 J12

B 052 J12

B 053 J12

B 054 J12

B 055 J12

B 056 J12

B 057 J12

B 058 J12

B 059 J12

Direction maintenant Khalde, petit hameau montagnard où vit une famille chez qui nous prenons une bière. Il y a de quoi se ravitailler, mais bêtement, nous choisissons d'avancer jusqu'à Iprali pour le faire.

B 060 J12

Bêtement, parce que dans ce village, où il n'y a pourtant que des guest house, seule l'une d'entre elles semble avoir une présence humaine et là, malgré l'inscription market, on nous dit qu'il n'y a rien à vendre. Ce n'est pas la première fois que je ressens qu'on fait chier les gens et en poursuivant notre chemin, je peste contre "l'invasion" touristique qui fait peu à peu perdre aux habitants cette sympathie qu'on m'avait vantée! Je râle contre "l'occidentalisation" de cette belle région, tout en craignant qu'avec l'argent apporté par l'activité trekking, elle perde ses valeurs, notamment son authenticité...

C'est ainsi que nous arrivons à .... où nous demandons à la gardienne des lieux à acheter tomates, concombres, pain... Malheureusement on se fait mal comprendre, la famille nous invite à nous assoir en attendant les victuailles, et comme je le pressentais, elle nous sert un repas à table. Bien sûr, impossible de refuser. Nous mangeons bien, tout en pensant à la suite du parcours, une belle montée!

La piste plate - c'est ce qui m'hallucine dans cette région, les kilomètres de vallée à plat - ayant succédé à la descente - au cours de laquelle nous avons eu un superbe panorama - et la chaleur déjà bien forte (mais une bonne chaleur, cette fois, pas la moiteur des jours précédents) ont déjà bien fatigué nos organismes, et Laurent planterait bien la tente dans le terrain de cette famille, mais débuterait bien la montée vers le Latpari Pass aussi.

Bref, comme d'habitude, il a changé 1000 fois d'avis, d'envie... en cinq minutes, du coup, c'est moi qui tranche : on fait comme on l'avait initialement prévu, c'est-à-dire que l'on entame la montée et on s'arrête dès que l'on trouve un endroit sympa pour bivouaquer. On a le ventre plein, il fait encore très chaud et une longue piste bordée de pylônes électriques nous attend, ça va être difficile de grimper ce parcours qu'hier, nous avons bien observé depuis l'autre côté de la vallée!

J'aime pas la piste, mais tant qu'à choisir, je préfère cela à la jungle et la (très) haute végétation à laquelle nous avons déjà été confrontés. Et puis, pas de bla-bla, elle monte assez raide, et ne fait pas trop de lacets. Je ne vais pas dire que je me régale, mais je ne trouve pas ça désagréable.

Tiens, des chèvres! C'est la première fois qu'on en voit...

Laurent, quant à lui, est dans une souffrance terrible : il a mal au pied droit, il souffre de la forte chaleur et je ne sais quoi encore. Durant toute la montée, j'aurai droit à ses -plus que - râleries, sa colère, ses jurons, ses insultes envers le pays, la région, la montagne... et peut-être même silencieusement, secrètement, envers moi qui aie choisi de monter...

N'en pouvant plus de cette nuisance sonore, je prends un peu de distance, afin d'arriver aux paraboles, un petit replat où nous pourrons peut-être planter la tente. Au détour d'un énième virage, je suis surprise de constater que nous avons avalé presque tout le dénivelé positif dans cette première partie. Mais pas la distance!

Lalou décide de continuer, parce qu'ici, il n'y a pas d'eau... Peu à peu, nous nous rapprochons du Latpari pass et force est de constater qu'il sera impossible de bivouaquer avant d'y être parvenus : pas de source ni le moindre petit écoulement d'eau, ligne haue tension, et surtout, c'est bien trop pentu pour pouvoir espérer poser la tente... Du coup, on continue. Juste sous le col, je subis encore une fois la colère de Laurent qui crie qu'il ne sait pas s'il trouvera la force de monter au col, malgré sa proximité! Soit! Moi j'y vais et je l'attendrai là-haut le temps qu'il faudra. Après tout, c'est lui qui l'a voulu, cet itinéraire prolongé pour aller à Ushguli, dont je n'ai pas saisi la logique, d'ailleurs... Et puis, il ne me déplaît pas, ce parcours! J'avoue, je souffre un peu aussi, mais bon, sans être maso, j'aime cheminer sous cette chaleur franche procurée par le soleil.

B 061 J12

B 062 J12

Quand j'arrive sous le col, non, non, ce n'est pas un mirage! je découvre un laquet avec une cabane. Le site est tout simplement magnifique! Je refais quelques pas en arrière avant même de prendre une photo pour aller prévenir Lalou de la bonne nouvelle (il y a de l'eau!) et l'encourager . Roooo, je ne le vois pas! J'espère qu'il n'est pas resté dans sa position quelques mètres plus bas!

Mais non, il arrive, avec dans ses pas un chien qui nous suit depuis un petit moment. Youhou! Je lui crie qu'il y a de l'eau en joignant le geste à la parole avant de retourner en courant à ce lieu magnifique! Y'a même des toilettes! Mais, bon... je préfère la nature!!!

B 063 J12

B 064 J12

Première chose après cette belle grimpette qui nous a bien fait mouiller le tee-shirt : se rafraîchir dans le lac. Il n'y a pas de profondeur, ni d'écoulement, du coup, bien que nous soyons à plus de 2800 mètres d'altitude, l'eau n'est même pas froide.

Mais nous passons bientôt à l'ombre et pour la première fois depuis le début du trek, je vais superposer deux épaisseurs de pull, la doudoune, le buff, le bonnet et les gants!

B 065 J12

B 066 J12

B 067 J12

Je monte sur la crête, histoire de suivre la course du soleil, mais il me faudrait presque courir pour profiter de la chaleur de l'astre qui semble bien pressé d'aller se coucher!

En redescendant, je m'aperçois qu'un autre chien m'attend, tranquillement allongé, au milieu du chemin. Il est mignon tout plein!

B 068 J12

Ainsi, toute la soirée et toute la nuit, nous aurons deux compagnons! C'est rigolo, on dirait qu'ils veillent sur nous, très discrètement, toutefois.

La nuit est encore une fois très difficile pour moi, alors à deux heures du matin, je prends mon duvet et file dormir dans la cabane, où là enfin, je parviendrai à trouver le sommeil jusque tard dans la matinée. A plusieurs reprises, les chiens aboieront dans la nuit. Qu'est-ce qui est venu rôder dans le coin? Ici, pas de troupeaux...

B 069 J12

 

Les photos de Lalou ici 

 

Jour 13 : LATPARI PASS - USHGULI

Samedi 20 août... Quand je me lève, je suis surprise de constater qu'il est déjà plus de dix heures. Non, non, je n'appelle pas ça avoir fait la grasse matinée. Simplement, j'ai dormi le nombre d'heures d'une nuit "normale" en décalé, une nuit précédée de si nombreuses autres nuits sans sommeil ou si peu. C'est quasi insultant de lire cela dans le récit de Lalou et après qu'il ait dit, quand j'ai craqué cette nuit, que je faisais une "crise de susceptibilité" je suis très triste de constater comment il prend la chose au sérieux... Bref...

Il fait très beau; alors que je finis de faire mon sac, deux Polonais arrivent du Gorvachi pass. Ils me disent que la montée depuis Ushguli est raide et que l'itinéraire entre les deux cols (Gorvachi et Latpari) est long. Si je comprends bien, ils l'ont fait en deux fois : 5 heures pour Ushguli - Gorvachi et 3 de plus entre les deux cols.

Tout comme nous l'avons fait hier en arrivant, l'un d'eux se "baigne" dans le laquet.

B 071 J13

B 072 J13

En ce qui concerne le début de l'itinéraire, et bien c'est un long cheminement quasi à flanc jusqu'au Gorvachi pass, comme on en voudrait plus dans cette contrée. Nous tombons sur un autre lac, puis plus loin, un autre laquet, plus petit que les autres. C'est vraiment un endroit magnifique!

B 073 J13

B 074 J13

B 075 J13

B 076 J13

Nous faisons une halte au Gorvachi pass et tout en mangeant un bout, regardons les randonneurs terminant leur ascension depuis Ushguli. Purée, ce qu'ils ont l'air d'en baver!

Finalement, quand notre tour vient d'emprunter ce chemin - dans le sens de la descente - je trouve ça sympa; Pas trop raide. On perd juste la trace de temps en temps, histoire de se griffer dans les "rhodo", mais bon... rien de bien méchant.

B 077 J13

B 078 J13

Ushguli nous fait des clins d'oeil depuis tout à l'heure, mais les 650/700 mètres à descendre paraissent bien longs, même s'ils ne sont pas désagréables. Il fait une chaleur épouvantable, je sens que l'émotion monte chez Lalou. Sans qu'il l'exprime, je perçois son appréhension : va-t-il retrouver Bedo et sa famille? Auront-ils changé? Se seront-ils laissé "happer" par le flot touristique et en auront-ils perdu leur accueil chaleureux? 

B 079 J13

B 080 J13

C'est ce que je vais bientôt découvrir et j'avoue que moi aussi, je me pose des questions : au vu du développement touristique de la région et d'une image moins "belle" que ce à quoi je m'attendais, je crains que tout ce qu'a connu Lalou en 2008 et 2011 ait bien changé ici aussi, comme à Mestia...

B 081 J13

B 082 J13

B 083 J13

Mais quand nous arrivons, visiblement, c'est pareil. Ce sont des filles de la maison qui nous reçoivent et leur tante Manana (rebaptisée Rosetta dans les récits antérieurs de Laurent!!!), avec café, chocolat, puis déjà fromage, tomates, concombres, khajapuri, bien que l'on soit au milieu de l'après-midi! On constate que ce n'est plus une guest house, c'est probablement pour cela que la famille est restée "vraie", et personne ne s'arrête là, du coup! Mais nous, nous avons la possibilité de passer quelques nuits ici - Manana et Bedo sont bien contents de revoir Laurent!

B 084 J13

 

B 085 J13

B 086 J13

B 087 J13

B 088 J13

B 089 J13

B 090 J13

Nous prenons nos quartiers, puis le soir, alors que nous commençons à sortir la popotte sur la terrasse, Bedo arrive. Il rentre du travail et nous convie à sa table. On mange, il sort du "vino", insiste pour que je boive (la tradition veut que ce soit cul-sec) mais je le fais quasi au goutte à goutte car le breuvage est infect et j'ai bien compris que si je ne veux pas avoir la désobligeance de refuser un second verre, puis un autre, puis encore un autre, je ne dois absolument pas vider le premier!

Manana fait la tête depuis que son frère est rentré, elle nous avait bien fait comprendre qu'il était porté sur l'alcool et elle doit en avoir marre d'avoir à subir ça tous les jours, aussi j'ai peur que ça parte un peu en live entre les hommes, mais finalement, Bedo se montre très raisonnable et il n'est même pas 22 heures quand il annonce qu'il va se coucher (enfin, s'isoler dans sa chambre, disons!!!). Ouf! Dommage pour Lalou qui je pense, aurait aimé prolonger la soirée, mais tant mieux pour moi qui craignais pour mon sommeil...

B 091 J13

B 092 J13

B 093 J13

B 094 J13

 

Les photos de Lalou ici 

 

Jour 14 : USHGULI - ROMISGHELE LAKE - USHGULI

Dimanche 21 août... Encore une fois, la nuit n'a pas été terrible pour moi. Quand je me lève, Lalou m'annonce que le petit déjeuner m'attend dans la salle commune. Lui s'est déjà régalé : jus de pêches, pêches au sirop, et autres choses sucrées. Puis c'est parti pour la balade du jour : le lac Nankamvi.

B 095 J14

B 096 J14

B 097 J14

Encore une fois, je suis surprise de constater la longueur et la platitude de la vallée. Pendant des kilomètres, ça ne monte pratiquement pas. 

B 098 J14

B 099 J14

B 100 J14

Avant le glacier, nous franchissons l'Enguri par une passerelle, et là, la sente monte enfin, doucement au début, plus franchement sur la suite. C'est toujours relativement bien tracé et plutôt agréable. Nou parvenons assez rapidement au lac où nous allons faire une longue, longue pause... Je laisse mes bâtons par terre, pour prendre quelques photos, mais comme j'ai bougé pour changer d'angle de prise de vue, au moment de les récupérer, plus moyen de les trouver! C'est comme si la végétation les avait engloutis! Je cherche une bonne dizaine de minutes, sans succès. C'est fou, ça! Du coup, lasse, je décide d'aller manger, me disant que je retrouverai peut-être ma lucidité après avoir repris un peu d'énergie!

C'est finalement Laurent qui les retrouve un peu plus tard...

Le site est magique avec le long mur du Shkara et ses glaciers qui se dressent devant nous. C'est sublime! Avec cette météo resplendissante, en plus, les couleurs ressortent magnifiquement!

Je suis impressionnée par les intonations régulières provoquées par les chutes de seracs ou de pierres. Breee... Je me trouve bien où je suis et pour rien au monde on ne me ferait grimper là-haut, aussi tentants que soient tous ces sommets. Ces amas de glace millénaire me les rendent inaccessibles. Aucune envie de cotoyer cet univers!

B 101 J14

B 102 J14

B 103 J14

B 104 J14

B 105 J14

B 106 J14

B 107 J14

B 108 J14

B 109 J14

Il commence à se faire tard; nous décidons de prendre le chemin du retour... Laurent tient à emprunter l'itinéraire qu'il avait pris en 2011, à cheval. Ba ouais : à cheval! Parce que soit disant que la végétation est haute. J'avais été prévenue. Au début, le parcours sur les hauteurs est franchement sympa. Sur les flancs, avant d'entamer la descente, il y a bien un peu d'herbe, mais rien de bien méchant. On suit toujours plus ou moins une trace... C'est dans les dernières centaines de mètres que ça va se corser... Plus de traces! On ne peut même pas dire qu'on la perd, la végétation est tellement dense que c'est quasi impossible de voir quoi que ce soit. Cette fois ci est encore pire que la dernière à Tviberi glacier. Je n'en peux plus, je stresse, je me sens opprimée et je dois lutter pour ne pas hurler, m'arrêter et criser. Je ne pense qu'à une chose, me sortir de là. C'est tout simplement abominable. Avec cette chaleur, en plus...

Du coup, une fois la piste de l'aller regagnée, j'évacue toute ma colère, ou plutôt tout mon stress. Je m'en veux de m'être retrouvée empêtrée dans cette galère alors que Laurent m'avait prévenue, je lui en veux aussi un peu d'avoir voulu passer par là, je peste de toujours faire le mauvais choix, je crie que je ne suis pas un cheval pour passer dans cette végétation de m..., que je suis une femme et que non, il ne faut pas croire que je suis une sauvage et une dure, que j'ai la peau fine et fragile et que j'ai envie d'avoir des belles jambes... et que sais-je encore!!! Je suis enragée. Ce qui me stresse terriblement, c'est de ne pas savoir quelles bêtes il peut y avoir là-dedans, potentiels vecteurs de maladies. Je sais de quoi je parle.

Je râle, disant que l'été, j'évite soigneusement toutes les zones où la végétation est trop dense et là, je patauge en plein dedans. Non mais c'est pas possible! Je retire mon tee-shirt que je secoue vigoureusement, je me frotte le corps où les graines sont venues se coller puis peu à peu, au fil de la longue piste, je me calme. Un français libanais, je ne sais pas trop quoi, nous interpelle quand on le double; on fait un bout de chemin avec lui, mais j'ai le pas rapide, et pas lui, alors on se sépare rapidement... Pas pour longtemps. En effet, un peu plus tard, un 4x4 s'arrête à notre hauteur. Les deux paysans qui occupent le véhicule nous proposent de nous ramener jusqu'à Ushguli. A l'intérieur, il y a aussi ce fameux bonhomme, dénommé Victor, gentil mais bien perché!

C'est ma foi bien sympa de terminer ainsi, la piste jusqu'à Ushguli était encore bien longue... Du coup, on abandonne le chien qui avait fait toute la rando avec nous. Parfois collant (au point de lui donner des coups de bâtons ou chaussures bien involontairement), mais gentil...

Le soir, nous retournons à notre guest house particulière. Je décrète qu'il est hors de question que je fasse une autre rando de ce genre et que si je n'ai pas la certitude que ce que nous avons prévu est sans végétation, je ne bougerai pas!

Encore une fois, Manana nous a préparé un excellent repas, notamment une soupe épicée et des abats de boeuf (froid) avec une sorte de moutarde. Je me régale.

B 110 J14

 

Les photos de Lalou 

 

Jour 15 : Pause à USHGULI, les photos ici.

Lundi 22 août... Encore une nuit pas terrible. Aujourd'hui, ça sera journée repos à Ushguli. Il fait encore très beau et très chaud. Après le petit déjeuner constitué des restes d'hier soir et plus encore, nous allons, sandales aux pieds, nous promener dans le village : école, musée, errance dans les ruelles, café, magasin de souvenirs.

L'école donnerait presqu'envie d'y enseigner... visiblement peu d'élèves par classe! Et puis je pense que la Géorgie n'a rien à envier à notre système éducatif. Quand j'entends comment les petits se débrouillent en anglais, je me dis qu'on est bien loin derrière eux. D'ailleurs, dans bien d'autres domaines, je pense que nous n'avons pas de leçon à leur donner - il m'est arrivé pluseurs fois de ressentir cela dans "l'occidentalisation" ou "l'européanisation", je ne sais quel terme utiliser - mais au contraire, des enseignements à tirer de leur mode de vie... Un retour en arrière, certes, mais avec quels bienfaits sur nous! Et puis pas si lointain que ça, finalement. Souvent, au sein de ces familles vivant dans des lieux reculés, je me suis retrouvée plongée dans mon enfance... et cela me manque terriblement, en fait. Si ce voyage devait avoir un impact, c'est celui-là que je ressens le plus fortement : le désir de retourner à une vie plus simple, plus saine, plus en harmonie avec la nature. Bref, une confortation de mes convictions profondes, ce qui me confirme encore davantage qu'aujourd'hui, je ne suis pas sur la bonne voie. Pas en accord avec moi-même.

Le musée est bien sympa aussi, avec le "guide" local propriétaire des lieux, qui nous fait la visite en géorgien... Pas évident du coup d'arriver à se comprendre... Je tente de poser des questions sur les animaux empaillés, savoir s'il y en a toujours dans la montagne, je comprends que oui... Il est vrai qu'au cours de notre périple, nous n'avons rencontré aucun animal sauvage. Ont-ils été décimés par la chasse, ou autre? Sont-ils plus haut? Moi qui m'attendais à rencontrer l'ours, c'est raté! Tout au plus avons-nous vu quelques oiseaux...

Le vieux monsieur nous joue un ou deux morceaux traditionnels avec un instrument local, le pandori. Il a une très belle voix et nous fait comprendre qu'il fut très bon musicien. Les photos disposées sur le grand buffet en témoignent.

Nous découvrons des objets anciens (métiers à carder la laine et à tisser, outils, fers à repasser, fauteuil, lit, livres...), c'est super sympa, en fait!

Autre lieu, autre ambiance dans le petit magasin de souvenirs où j'achète deux petites plaques en bois décorées des tours d'Ushguli et trois cartes postales. Avec les 2/3 gourmandises achetées, on a le sentiment de se faire un peu arnaquer sur le tarif, mais bon...

Nous restons un bon moment en terrasse pour profiter de la connexion Internet. Le flot de touristes est impressionnant! Ils arrivent tous en 4x4, d'ailleurs, il devient difficile pour eux de se garer. Ils font un petit tour dans les ruelles, photographient comme moi les maisons, les tours, les paysans qui rangent le foin... Peut-être iront-ils se balader sur la piste menant au Shkara, peut-être loueront-ils un cheval... ou peut-être même pas.

En parlant de cheval, on s'amuse à regarder passer les gamins sur leur monture. Le plus jeune ne doit pas avoir plus de 5 ans. Carte postale vivante du pays... Ici, c'est l'animal roi...

 

Jour 16 : USHGULI - GORVASHI PASS - LAC ?

B 110 J16

 

B 078

B 111 J16

B 079

B 080

B 081

B 082

B 083

B 084

B 085

 

Jour 17 : LAC? - LATPARI PASS - MAMI

B 086

B 087

B 088

B 112 J17

B 113 J17

B 114 J17

B 115 J17

B 116 J17

B 117 J17

 

B 089

B 090

B 091

B 092

B 118 J17

B 119 J17

B 120 J17

B 121 J17

 

Jour 18 : MAMI - TBILISI

1) Nos derniers pas en montagne...

B 122 J18

B 123 J18

B 124 J18

B 125 J18

B 126 J18

B 127 J18

B 128 J18

 

 

2 ) de Koutaïssi à Tbilisi

B 129 J18

B 130 J18

B 131 J18

B 132 J18

B 133 J18

 

Jour 19 : VISITE EN PHOTOS DE TBILISI