...ou un 1er Novembre plein de surprises !

 

On le sait, on s’embarque pour une longue bambée, aujourd’hui… Pas énormément de D+, mais de la distance… Il y aura forcément des longueurs « à plat », c’est pas ce que je préfère, mais bon, ça me permettra de découvrir le coin.

Et je ne vais pas le regretter :-)

 

7h15, premier spectacle : la dent d’Orlu émerge dans le rougeoiement du soleil levant.

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8h10, nous prenons le départ depuis le parking d’El Passet (1700 m). La météo est moyenne, le ciel bleu du matin ariégeois est devenu plus pâle au fur et à mesure qu’on s’approchait des Pyrénées-Orientales et tire même sur le blanc, grrrr… Ce départ est évident, il y a des panneaux. A la première bifurcation, il faut prendre la direction de l’étang du Lanoux, puis suivre le GR pendant un bon bout de temps. Les températures sont assez basses, mais - et ce malgré la faible pente - j’ai vite chaud. Aujourd’hui sera un jour « sans », je le comprends tout de suite… Mal à la cuisse gauche et souffle court.

Le GR de pays « tour du Carlit » en balcon nous fait progresser vers le NE avant de virer plein N et poursuivre vers l’étang du Lanoux dont le barrage se dessine bientôt dans le paysage. Ajoutez à cela d’anciennes galeries de mines, et le paysage à cet endroit s’en trouve enlaidi des traces de l’activité humaine…

En approchant de l’étang, les sentiers se multiplient, il faut rester vigilant et toujours bien suivre les marques rouges et blanches, même si on a parfois l’impression de faire des détours.

On aperçoit enfin un bout du lac dont le niveau est assez bas. Déception… avec les berges apparentes, c’est moins joli… Le Carlit nous toise du haut de ses 2921 m.

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L’étang sort du paysage, mais on le sait tout proche, l’impatience grandit au fur et à mesure de notre progression et c’est quand je crois que je vais enfin pouvoir le découvrir dans toute sa splendeur que le sentier nous fait virer légèrement à droite… et ce n’est finalement qu’au bout de 2 heures de marche que l’on peut enfin admirer cette grande étendue d’eau. Enfin, à cette période, elle a perdu de sa superficie, et le manque de lumière la rend même un peu terne. Dommage !

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Désormais, nous surplombons l’étang, le Puig de la Grava s’est considérablement rapproché depuis tout à l’heure… Le puig de Lanoux et des Besineilles se mirent dans l’eau…

A droite, le Carlit domine les lieux.

Le ciel est blanc, lourd, bas, mais un phénomène naturel va apporter un peu de couleurs dans cette morosité… Le seigneur des Pyrénées-Orientales est auréolé d’un arc-en-ciel, l’image est spectaculaire et grandiose (malheureusement, les photos ne reflètent que très moyennement ce que nous avons vu), et cette image va nous suivre un bon bout de temps. C’est saisissant !

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Un peu plus loin, nous levons 4 lagopèdes, déjà parés de leur plumage hivernal, ce qui les rend très vulnérables à cette époque.

Je reconnais au loin la cabane de Rouzet, où j’avais mangé un jour très venté de GR10. Je me rappelle, les chevaux nous avaient enquiquinés, ces gourmands ! C’est le seul endroit que je connaisse par ici.

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Bien qu’il nous semble évident de nous diriger tout droit vers la Portella de la Grava, nous choisissons de nous rendre à la cabane pour voir dans quel état elle est. Des souvenirs émergent… A l’époque, comme si mon sac d’itinérance n’était pas encore assez lourd, je m’étais lestée de quelques plaques d’ardoise, dont je n’ai toujours rien fait, d’ailleurs !

Toujours en suivant le GR, nous parvenons au col (2426 m), moi en tirant la langue. J’ai mal, mal, mal, à la cuisse. Le Canigou et l’Estanyol agrémentent le paysage.

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Alors que le puig de la Grava me semblait à portée de main, je constate qu’il y a encore 250 m à gravir. Je crois que je vais en baver ! J’y vais doucement, je m’arrête toutes les 30 secondes pour souffler, je me dis que manque de jus et douleur vont de pair avec manque de souffle (mais j’ignore si c’est la douleur qui me fait manquer de souffle, ou si c’est le manque de souffle qui accentue la douleur ????), bref, je commence enfin à me régaler malgré tout car l’herbe et la terre cèdent la place au minéral et je préfère largement progresser dans ce type de terrain !

Enfin, le Puig de la Grava (2671 m) est atteint ! Quel beau belvédère !

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Il y a la Camisette et le Roc Blanc,

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le Saint-Barthélémy (c’est rigolo de voir à la fois le phare ariégeois et le phare catalan),

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Les massifs du Montcalm et de Bassies

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la Coume d’or et le Pedros,

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le Carlit, bien sûr,

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le Canigou et la longue vallée de la Grava,

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le pic de la Portella Gran et le Péric,

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le puig de la Coumette d’Espagne (avec le pic de la Portella Gran à sa droite),

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le Cimet,

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les étangs de la Grava,

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l’Estanyol et le Carlit, encore,

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l’étang du Lanoux…

 

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Nous avons mis 3h38 pour atteindre le sommet, finalement, vu la distance, ce n’est pas si mal, mais maintenant, j’entends bien en profiter un maximum, et après une vingtaine de minutes passées à photographier, identifier (ou tenter d’identifier) les sommets environnants, à parcourir la crête, nous nous posons enfin pour manger, face au Carlit. Le vent souffle légèrement, mais il n’est pas chaud… Je revêts la panoplie complète du parfait Bibendum !!!

Une heure après notre arrivée, nous laissons la place à un ariégeois (apparemment encadrant au CAF), venu lui aussi profiter du panorama.

Dans la vallée de la Grava, se baladent quelques randonneurs, des Catalans, je suppose, vu que nous les entendons comme s’ils étaient juste à côté de nous, bien avant de les voir. Hypothèse vérifiée lorsque nous redescendons au col, où ils se sont posés. Dans le groupe, une fille vient vers nous ; elle, elle est française – ou si elle ne l’est pas, son accent est parfait -. Elle nous demande où nous sommes et si le Carlit est accessible d’ici et si oui, en combien de temps, car ils voulaient le faire par les Bouillouses mais se sont trompés. Faut le faire, quand même !

Ils nous laissent un peu perplexes, on leur dit qu’ils peuvent aller au puig de la Grava, tout proche, mais la fille nous répond qu’ils ont avec eux une jeune qui souffre d’asthme, qu’elle ne le savait pas et vient de l’apprendre… De mieux en mieux !

Bref…

Du col, nous restons à flanc pour aller rejoindre le GR pris à l’aller, nous voyons des taches brunes sous le puig Castell Isard, ce sont des mouflons, pas farouches du tout. On aurait pu passer des heures à les regarder sans que cela les perturbe…

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Un peu plus loin, mais plus proches de nous, ce sont 6 lagopèdes qui se montrent à nous. Mais eux, après avoir marché dans la végétation, prennent rapidement leur envol !

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C’est avec ces belles images de la faune locale que nous poursuivons notre chemin, le même qu’à l’aller jusqu’à l’aval du lac.

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Une fois parvenus sur le grand chemin horizontal, nous y restons. Il ne faut donc pas franchir la passerelle de ce matin, et abandonner le balisage du GR pour suivre un balisage jaune qui nous mène à la maison des Ingénieurs. On rencontre un couple de septuagénaires au moins, du moins pour la dame. On discute un peu, elle nous soutient fermement qu’il y a un 3000 facile à faire depuis les Bouillouses… On a beau lui dire qu’il n’y a pas de 3000 dans les Pyrénées-Orientales, que les 3000 les plus proches sont en Ariège, elle n’en démord pas, sort même la carte, et évidemment, ne le trouve pas… Son compagnon essaie de lui faire entendre raison, y’a rien à faire, elle va même jusqu’à dire qu’il doit être hors carte et nous suggère de bien analyser celle-ci et les voisines une fois rentrés chez nous… Et ben, j’en ai connu, des têtus (et p’t’être bien que j’en fais partie) mais à ce point, jamais, je crois !!!!

En peu de temps, nous atteignons un très grand refuge, dont une seule partie est ouverte. Il y a 12 couchages (avec matelas), le tout est plus que correct, mais il n’y a pas de cheminée.

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Tout proche, nous tombons sur les ruines de la cabane des ingénieurs.

Le sentier dans les pins est très agréable mais ne dénivèle pas… C’est long ! On avance, sous l’œil bienveillant du pic de Coll Roigt (si, si, il est bien rouge, en vrai !).

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Environ 45 mn plus tard, nous parvenons à une cabane sur un replat. Sympa également…

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En poursuivant notre chemin, on aperçoit sur l’autre versant l’estany de Font Viva, où il faut aller… Pfff, ça a l’air de remonter ;-( La moindre petite pente me fait souffrir, c’est affreux !

Mais pour l’heure, la question est de savoir comment nous allons traverser le rec de Lanos. Dans le topo, il est fait mention "d’une poutre métallique de 5 ou 6 mètres de long, mais de la largeur de la chaussure. Un passage pour funambule, dangereux. Si vous ne vous sentez pas à l’aise, n’hésitez pas à traverser pieds nus, godasses à la main !"

J’ai choisi mon option, mais je suis quand même curieuse de voir ça… Et je suis presque déçue lorsque je découvre une belle passerelle, bien large :-(

C’est pas pour cette fois que je me tremperai les pieds !!!

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La montée que je redoutais un peu passe finalement toute seule et c’est avec le sourire aux lèvres que je parviens à l’estany de Font-Viva.

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La lumière n’est pas géniale, il commence à se faire tard, en plus, mais les couleurs automnales et les sommets se reflétant dans l’onde de l’étang procurent néanmoins une douce sensation… Je mitraille, mitraille, mitraille, espérant pouvoir tirer au moins une jolie photo de ce paysage d’été indien…

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Tiens, c’est surprenant… en laissant aller son imagination, on peut en voir, des choses… La symétrie offre des images frappantes.

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Autre image surprenante, cette cabane « soufflée » dont seul le poêle semble avoir résisté à l’avalanche…

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Je ne sais pas combien de temps on reste sur le site, j’ai du mal à en décoller… Désormais, il ne nous reste plus qu’à nous laisser descendre (après avoir remonté légèrement pour sortir de la cuvette du lac) en suivant des murettes, jusqu’à l’intersection de ce matin, à proximité du parking…

La (longue) boucle est bouclée… pour une balade que je pourrais qualifier de surprenante, pleine de charme, bucolique, variée et… ben, je sais même pas comment traduire mes émotions avec des mots… L’arc-en-ciel, les animaux, les sommets, les étangs, les personnes rencontrées, tout ou presque aujourd’hui a relevé de l’extra-extraordinaire… à chaque détour de sentier, c’était presque une nouvelle surprise :-) C’était trop bien !!!

 

25 à 26 km en 9h16 (toutes les pauses comprises) dont 3h38 pour parvenir au sommet. 1030 m de D+

1h de pause au sommet, ce qui porte le retour à 4h30 (avec les pauses).

Carte IGN 2249 OT Col de Puymorens – pic Carlit

 

Pour continuer le voyage :

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