La boucle del Cami Ramader ou la boucle la plus au sud de la France, Lamanère, Vallespir, 15 Juin 2014.

 

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Pour la troisième fois cette année, je vais faire un petit tour dans le Vallespir pour courir. Comme il y a pas mal de route pour faire un trail de courte distance et peu de dénivelé (17 km et 760 m de D+), on décide de rentabiliser notre déplacement en allant faire un petit sommet dans le coin la veille…

Pour en savoir plus, suivez le lien… http://pyreneesmagiques.canalblog.com/archives/2014/06/14/30092432.html

 

Dimanche matin, 8 heures. C’est le moment de s’inscrire… Je le fais, sans grande conviction toutefois. Aujourd’hui, la motivation n’y est pas, sans doutes parce que je crains que le parcours soit trop roulant et pas assez pentu…

Je trottine, au fur et à mesure que le temps passe, je n’ai carrément plus envie… Bizarre !

Pourtant, à 9 heures, lorsque le départ est donné, je suis parmi les quelques 120 coureurs et je ne me pose plus de questions. Maintenant que j’y suis… j’y reste !

On passe dans une petite rue du village qui crée un étranglement, et après avoir franchi le torrent par un joli pont de pierre, nous attaquons une première petite montée, puis une descente, sur piste.

 

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On quitte cette piste pour pénétrer dans la forêt, où la pente s’accentue. Je croise une dame qui m’annonce que je suis la cinquième fille et que l’on est toutes les cinq très proches. J’en suis très surprise… et contente, bien sûr ;-) Moi qui croyais être partie dans les toutes dernières…

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Rapidement, on récupère une autre piste, et nous ne la quitterons plus pendant… pfff, un temps bien trop long ! C’est donc très progressivement que nous prenons du D+. Je suis juste derrière Nathalie, ma « concurrente » des 2 courses « vallespiriennes » précédentes, ce qui me permet de constater que contrairement à moi, elle progresse à une allure régulière. Je cours, je marche, je cours, je marche, je me rends compte que je ne suis plus capable de courir tout le temps, certainement à cause des conditions dans lesquelles je m’entraîne et « traile » et que j’affectionne particulièrement. Plus que jamais, en courant, je me dis que j’aime les cassures de rythmes, qu’elles me vont même bien (reliquat de la course d’orientation et des raids multisports ???).

Bien que notre façon de courir soit différente et que je sois beaucoup moins régulière qu’elle, on se tient toujours (mais bon, je sais que ça ne va pas durer – la descente est encore loin !!!).

Cette première partie pénible sur piste est vite effacée, car dès que l’on prend de la hauteur, le paysage et le tracé deviennent magnifiques. On reste un bon bout de temps en crête, et finalement, après les premiers kilomètres laborieux, je me régale. Y’a même deux ou trois endroits boueux qui me font bien plaisir, me permettant de distancer la fille qui est en train de se rapprocher dangereusement de moi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas pataugé dans la gadoue et c’est tout juste si je ne me jette pas dedans !!! Au passage d’un bourbier, tandis que Nathalie ralentit, je fonce sans me poser de questions, ce qui me permet de prendre l’avantage sur elle quelques minutes… jusqu’au ravitaillement suivant, où elle reprend la tête. Nous continuons en montée, j’ignore totalement s’il y en a encore pour longtemps, ne connaissant pas du tout le profil de la course, ni cette partie la plus méridionale de la France, et même si je suis tentée de marcher, je me motive en me disant que ça serait sympa que je conserve ma cinquième place jusqu’à l’arrivée… En plus, en me retournant, j’ai aperçu le tee-shirt rose de ma poursuivante, alors…

Pour une fois, donc, je me « force » un peu et pour quelqu’un qui n’avait pas envie de prendre le départ, je trouve que je ne m’en sors pas si mal ;-)

Après un petit secteur vallonné verdoyant puis une sente qui se fraie un passage entre les genêts, la descente arrive enfin. Depuis quelques instants, Nathalie a disparu de mon champ de vision, mais ça, c’est sans surprise !!! Je sais que je ne peux pas lutter, j’ai l’habitude, je me préoccupe donc davantage de la fille qui ne doit pas être loin derrière, et me concentre sur la descente.

Car quelle descente ! Un pur régal… La sente a tracé un sillon dans la pente, où on ne peut faire autrement que mettre un pied devant l’autre tant le passage est étroit ; elle est parsemée d’embûches : pierres, racines, un tuyau, même, heureusement peint en orange, et à d’autres endroits, revêtue d’un épais manteau de feuilles mortes… bref, un passage technique qui me va à ravir et dans lequel je fonce. S’il y a bien un endroit où je peux prendre de l’avance, c’est ici, d’autant plus que je ne sais pas comment se termine le parcours : s’il y a du plat, je risque fort de perdre ma cinquième place.

Cette descente n’en finit pas, et finalement, quand elle se termine, il ne reste plus beaucoup de route à faire jusqu’à l’arrivée. Ouf !

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Les deux jeunes qui me suivaient depuis le début de la descente (et peut-être même avant) me doublent sur le bitume ; je trouve qu’ils ne sont pas très fair play, d’autant plus qu’après m’avoir félicitée à l’arrivée, ils me remercient de les avoir menés jusqu’au bout, car j’ai été leur motivation pour continuer à courir et me disent que sans moi, ils auraient marché depuis longtemps… Mais bon, c’est le jeu !

En 2h05, j’ai effectué les presque 18 km, je ne suis pas super satisfaite de ma moyenne, mais néanmoins contente de ma course, surtout sur un profil qui à première vue, n’était pas fait pour moi. La partie roulante fut difficile, mais heureusement vite oubliée au profit du parcours très agréable et du joli paysage.

Pour la seconde fois, je me retrouve sur le podium à côté de Nathalie ; c’est sympa ;-)

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L’apéritif est très sympathique aussi – faudrait pas que ça devienne une habitude, ces après courses !!! –

C’est un trail qui m’a très agréablement surprise, je ne regrette donc aucunement d’avoir fait le déplacement – il faut aller la chercher, cette commune la plus au sud de la France, même si à vol d’oiseau, elle n’est pas si loin que ça ! L’accueil y est chaleureux et convivial, et ce que j’ai aimé par-dessus tout, je crois, c’est la simplicité avec laquelle tout s’est déroulé. Un grand merci aux organisateurs et bénévoles qui ont permis ce beau moment sportif ;-)

 

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