Q1

Cette année, je ne fais pas comme l'an dernier,

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je suis à l'heure pour le départ, je me place même dans la première moitié des 420 coureurs venus en découdre avec les sentiers cathares, mais au final, ça ne change pas grand-chose : ça bouchonne autant dès que l'on quitte le bitume, et cette fois, ma cheville fragile ne m'autorise pas à doubler sur les côtés dans la végétation envahissante. Pourtant, beaucoup le font, et au final, ça coince encore plus! Alors... 

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Ma cheville, parlons-en. Il y a huit jours de cela, je me suis tordue cette fichue articulation, tout juste 5 minutes avant de boucler un périple de 4 jours dans les Fenouilhèdes. J'ai glissé, j'ai voulu retenir une chute, et là, ça a fait crac. Et au final, je suis tombée quand même. Intense douleur, et immédiatemment, fesses aux sol, ma pensée va pour le trail de Quéribus, puis la Vallespir Skyrace de la semaine suivante, auxquels ma participation semble compromise. Ou alors, il va falloir sacrifier une course pour augmenter mes chances d'être présente sur l'autre... Quel dilemne! Mon coeur penche pour la Skyrace, mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de renoncer au trail de Quéribus... Pourtant, quand on connaît le parcours de cette dernière, autant dire qu'avec une cheville en vrac, ce n'est même pas la peine d'y songer.

Je me relève péniblement, pour l'heure, il faut songer à faire les derniers mètres pour regagner la voiture. C'est un peu douloureux, mais ça va. Lorsque je retire ma chaussure, je vois que ça n'a pas trop enflé, mais ça va venir au fil des heures. Toutefois, ça reste très raisonnable par rapport au crac que ça a fait. Je ressens davantage une gêne qu'une douleur.

Le lendemain, ça peut aller. J'ai du mal à définir ce que j'ai vraiment, je sens qu'il y  a quelque chose qui coince, pourtant ma cheville est mobile. Le pire, c'est l'happréhension qui revient au galop et qui me fait adopter des postures qui n'ont peut-être pas lieu d'être.

Lorsque j'arrive au travail lundi, un collègue est en train de parler d'un thérapeute qui vient de "remettre d'aplomb" sa femme. Je lui demande plus de détails et comme il me vante ses qualités, je l'appelle dans la foulée et obtiens un rendez-vous dans l'après-midi.

Je ne suis pas surprise lorsqu'il me dit que c'est l'astragale qui s'est déplacé, mais un peu plus lorsqu'il m'apprend que je me suis fait une double-entorse!!! Il me remet tout ça en place, mais le temps d'éliminer les tensions au niveau du mollet et de la cuisse, ce con d'os s'est refait la malle... Bon!

En tous les cas, la manipulation a fait désenfler le tout instantanément. Le thérapeute me dit : "Mais avec une cheville aussi tordue, vous ne devez avoir aucun équilibre". Et oui, Monsieur, si vous me voyiez courir, vous auriez la réponse... Je me souviens d'un entraînement en léger dévers où j'ai tenté désespérément de me maintenir droite et où je penchais et me retrouvais irrésistiblement vers le côté droit. Mes tentatives pour "maintenir le cap" restaient vaines!!!

Il me dit que je ne courrai pas ce soir, mais que demain, ça sera bon... juste le temps que mon cerveau se réadapte à la "normalité"...

Le fait de rester debout toute la matinée au travail le lendemain fait resurgir la douleur et le gonflement, mais dès que je repose ma jambe, tout disparaît. C'est vraiment étrange. Ca ne peut pas être une entorse - je sais ce que ça fait - mais y'a quand même un souci.

Le problème majeur reste la peur : j'évite le moindre caillou, le moindre trou, je suis très précautionneuse, et surtout, je n'ose pas courir "pour voir".

Me voilà bien! Alors je ne me casse pas la tête : il me reste quelques jours pour reposer ma cheville, et le jour J, je verrai bien! En fait, je ne pense pas trop à la course, et jusqu'au moment du départ, je n'ai même pas l'impression que je vais courir!!!!

Je trottine autour de Cucugnan 30 mn avant l'heure H, histoire de voir ce que ça fait; c'est un peu douloureux, mais ça va. Je me rends compte que je devrais pouvoir courir, le plus dur sera de dompter la peur, et vu le terrain, c'est loin d'être gagné.

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Donc… après un départ groupé et au ralenti, il me tarde de cheminer sur le beau sentier rouge qui débute la montée vers le château de Quéribus et où le peloton va pouvoir s’étaler. Je me régale, même si je commence à avoir une sensation désagréable quelque part entre l’estomac et le cœur… Je ne me formalise pas, cela fait plusieurs fois que je ressens ça dans les premières 20 mn d’une épreuve, alors je croque un bout et n’y pense plus. Peu avant l’arrivée au parking du château, l’un des coureurs avec qui j’ai mangé hier soir me double et me demande si ma cheville va bien. Petite revanche pour lui qui avait mal digéré que je le double "comme une flèche" selon ses propos (faut pas exagérer, non plus) dans le mur de Raissac au trail des Citadelles le mois dernier.

Après le parking, je commence à monter la piste en marchant pour me désaltérer, puis je repars en courant. J’ai la sensation d’être mieux que l’année dernière à cet endroit. Peut-être suis-je pressée de monter au château ? C’est vrai que l’an passé, j’avais ressenti une légère déception de ne faire que passer au pied des murailles, et cette année, lorsque l’organisatrice a annoncé que l’on faisait un aller retour jusqu’au donjon, j’ai presque crié de joie sur la ligne de départ !

 

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Je me régale et je me régale encore plus sur la suite du parcours, c'est-à-dire les crêtes. Jusqu’à présent, ma cheville s’est bien comportée, dans les montées, ça va bien. Et sur cette portion de terrain où je m’attendais à traîner un peu, je me sens pousser des ailes. Ah, le contact avec la roche ! Je me surprends même à jouer l’équilibriste, bras tendus telle une funambule…

Queribus

Malheureusement, l’euphorie ne va pas durer. En effet, dès que l’on amorce la descente, une grosse appréhension surgit, et j’ai tout simplement la trouille, surtout dans les portions terreuses (enfin, poussiéreuses). Trouille exacerbée par mes « poursuivants » qui arrivent à toute berzingue. Ca me stresse un peu et je commence à avoir mal ; ça tire… Je souffle, je me dis qu’il ne faut surtout pas relâcher mon attention, mais en même temps, je pense qu’il faudrait aussi que j’arrête de trop me focaliser là-dessus. La portion que je redoute le plus ne va pas tarder à arriver, je le sais… En plus, cette année, pour éviter au maximum la piste - ce qui devrait me ravir -  il y a encore plus de sentes tracées juste pour la course, le pire pour une cheville mal en point : des single pas toujours évidents à négocier à cause de l’herbe, des racines, voire même parfois du dévers. Le dévers, une horreur. Les petites montagnes russes aussi . J’voudrais pas me voir franchir ces passages, ça doit singulièrement manquer d’élégance ! Mais j’ai franchement la trouille… et je suis bien contente et soulagée d’arriver au château de Padern. Enfin je vais pouvoir relâcher un peu la tension… Malgré tout, je ne me sens pas trop mal. L’an dernier, j’avais eu un gros coup de mou après la traversée du village de Padern. J’espère que cette année, ça ira mieux. Sur le bon sentier plat qui longe la rivière, je commence effectivement à faiblir, mais je me ressaisis et me dis que c’est le moment ou jamais de trotter, parce que je sais que ça ne sera pas aussi évident sur la suite du parcours, à flanc de colline. J’ai pas envie, mais j’y vais quand même ! Pendant les quelques kilomètres qui suivent, je vais alterner course et marche (cette dernière largement majoritaire) ; dans la garrigue, la chaleur devient étouffante… C’est dur ! Et c’est là que je vais perdre le plus de temps, je pense…

Soudain, je reconnais la petite portion à plat qui mène au MUR. Je m’arrête pour boire avant d’attaquer cette portion et discute avec les 2 ou 3 coureurs qui viennent de me rattraper ; on parle un peu de cette fameuse montée, et quand je leur dis qu’en fait, l’an dernier, je m’y étais régalée, l’un d’entre eux me crie : « Va-t-en ! ». Ok ! Je m’en vais… Partie avec eux, je ne tarde pas à les devancer. J’ai en ligne de mire quelques coureurs, peu à peu la distance qui me sépare d’eux se réduit. Un, deux, trois, puis surprise, les trois filles qui m’avaient doublée il y a un sacré bout de temps, un coureur, puis un autre, et encore… en fait, je parviens au col avant tous ceux que j’avais à vue dans ce mur. Comme l’an dernier, je me suis envolée dans cette belle petite grimpette !!! Comme l’an dernier, seule l’arrivée au col m’a empêchée d’en doubler encore quelques-uns (elle n’est pas assez longue, finalement, cette pente !!!). Je me dis en même temps que ça ne sert pas à grand-chose et que  je vais être récupérée dans la piste descendante qui suit, puisque dans ce domaine, je suis plutôt faible, mais je me suis fait énormément plaisir, et après tout, c’est bien ce qui compte. Contente d’être parvenue à bout de ce trail exigeant malgré une cheville fragilisée, je me motive à fond pour terminer correctement en essayant malgré tout de ne pas trop me refaire doubler ici. Je ne suis pas compétitrice dans l’âme, mais pour une fois que je me sens encore assez vaillante sur une fin de parcours, j’en profite ! Et ça roule… Yes ! La petite boucle terminale dans les jardins est bien sympa, j’attends avec inquiétude le dernier « rampaillou » promis par l’organisatrice, là encore sur cette portion plate, je cèderais bien à la tentation de marcher, mais je me mets un dernier coup de pied au cul. La marche, je la réserve pour la montée finale, où deux filles sont à la peine. Nous terminons toutes les trois dans un mouchoir de poche. Ca y est, la ligne d’arrivée est franchie ! Je suis heureuse, contente surtout d’avoir limité les dégâts, et que ma cheville ait tenu le coup (pour un peu, si j’étais assez souple, je l’aurais embrassée) même si elle me fait un peu mal quand même…

Pourtant, mon résultat est bien piètre… 3h33, soit presque 40 mn de plus que l’an dernier. Bon, ok, il y avait un bon km en plus et l’aller/retour au château, mais quand même…

Une moyenne de 6 km/h, c’est bien peu… quand je pense que l’année dernière, j’avais trouvé ma performance minable, que dire de cette année ? Enfin, en comparant les deux profils, je sais où ça a pêché : les descentes, bien évidemment !

Enfin, l’essentiel est là : je me suis fait plaisir et je suis presque contente de constater qu’un trail a enfin « eu ma peau » car les cuisses sont un peu douloureuses !

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parcours queribus

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Pour aller plus loin, le sentier cathare