... ou comment le Mont-Bazillac me joue des tours…

 

En ce samedi radieux, je décide dans la matinée d’aller traîner mes chaussures en Barguillière. J’ai repéré une façon sympa d’aller marcher sur la crête entre le Bout du Touron et le Rocher de Batail au départ de Ganac (550 m).

Je ne souhaite pas emprunter l’itinéraire montant au Picou (1602 m), du moins pas à l’aller. Non, je veux aller voir à quoi ressemble le Cap Blanc (1203 m). Dans le village, je croise trois coureurs. Viennent-ils s’entraîner pour le trail des pieds cloutés qui aura lieu dans une semaine ou sont-ils même les organisateurs en train de faire une ultime reconnaissance du parcours ? Je préfèrerais presque être comme eux, tiens, avec les basket aux pieds plutôt que ces grosses godasses qui m’alourdissent et qu’il me tarde de mettre au placard (quand l’hiver sera fini) pour pouvoir courir quand le terrain le permet…

Pour moi, la balade commence mal ; je prends la mauvaise route et je perds un quart d’heure à trouver le bon départ du circuit que j’ai prévu de faire… Il est pourtant balisé en rouge et jaune. Mais bon, vous savez que le balisage et moi, …

Une belle allée de châtaigniers me permet d’atteindre le Ticol (769 m), une exploitation agricole où quelques personnes s’activent… Là, pas de traces de petits traits rouge et jaune, mais la suite de l’itinéraire n’est pas bien difficile à deviner, du moins par temps clair, car le Cap Blanc est en vue. Le sentier, taillé dans un bois, mène rapidement à la crête de ce sommet débonnaire, mais fort sympathique. Personne n’est venu traîner ses groles ici et malgré la faible altitude (1203 m), le paysage est assez grandiose. Je commence à m’enfoncer dans la neige qui se ramollit sous l’effet de la chaleur et pour une fois, je ne fais pas ma gourde et chausse les raquettes un peu avant le sommet. Je découvre les lieux et ma foi, avec toute cette neige, ça ne me déplait pas ! En descendant du Cap Blanc, j’entends parler au loin ; je me retourne et reconnais – à leur short – les 3 coureurs rencontrés à Ganac. Je ne sais pas d’où ils sortent – mais ils profitent des traces que je viens de faire pour retourner dans la vallée. Cool…

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En ce qui me concerne, à part celles des lièvres, y’a pas trop de traces qui précèdent les miennes…

Un peu avant d’arriver aux pylones du cap de la coume de l’orri, je décide de poursuivre à flanc, toujours dans les traces du lièvre. J’aperçois une cabane, je me dis que j’irai y jeter un œil, mais quand j’arrive à sa hauteur, elle est si bien dissimulée dans le bois et la neige est si abondante que je laisse tomber. Je continue en direction de la crête – que je pensais plus proche – en passant à flanc du Bout du Touron, sur ce qui me semble être une trace de sentier. Les seuls randonneurs du secteur viennent du Prat d’Albis et sont accumulés sur ce sommet (1490 m). Je débouche au pla d’Estal, où je me pose pour prendre mon casse-croûte, face à la Journalade, qui a vraiment des allures de haut sommet sous son manteau neigeux.

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Je regarde au loin, avec toute cette neige, je ne suis pas sûre de reconnaître le Picou, qui me semble minuscule, bizarrement, alors que le rocher de Batail est impressionnant, lui, cerné par une belle corniche ! Mouais… (voir plus loin…).

Je poursuis ma route sur la crête, droit devant, puis bifurque légèrement à droite, vers le Picou (enfin… nous verrons cela plus tard). Là encore, bizarre, il me semble que je suis loin d’avoir fait les 100 mètres de D+ qui m’en séparaient. Mais bon, je suis peut-être en grande forme ? Et je n’ai pas le GPS pour vérifier l’altitude, alors... Une fois parvenue au sommet, je m’engage sur la crête qui doit m’amener au col du Calmil (1109 m). A ma gauche, au loin, j’observe la cabane de la Deveze, et là encore, truc bizarre, ça y ressemble bien, certes, si ce n’est cette crête dénudée qui y mène, alors que je sais très bien que pour y parvenir, on traverse une forêt. Soit…

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Au pied du Picou, je suis censée tomber sur la cabane de l’Homme mort (1399 m). Or, pas de cabane sur le replat… Encore un truc qui cloche. Je cherche, je cherche, puis finis par me dire qu’elle doit être ensevelie sous la neige. En plus, je trouve vraiment surprenant qu’il n’y ait toujours aucune trace dans ce secteur. Le Picou est très fréquenté, pourtant ! Et voilà que je me retrouve dans la forêt. Là, je commence vraiment, mais vraiment à ne plus rien comprendre. Je tombe rapidement sur une piste, pensant que je me suis trop décalée à droite, je prends à gauche, me disant que « toutes les pistes mènent au Calmil ». Je descends, je descends, je vais à gauche, toujours, jusqu’à un moment où je vois en contrebas une jonction de pistes, et bien que n’ayant pour cette partie que la carte au 50 000 ème, je pense que je suis allée beaucoup trop vers l’Ouest (et oui !). Demi-tour, donc, et si je suis effectivement là où je pense être (ce qui est loin d’être évident), il faut que je tire plein Est. J’ai fait beaucoup de chemin, je n’ose même pas regarder l’heure de peur que cette vision ne me fasse stresser, alors je trace. Enfin, si on veut. La neige est devenue super collante, j’ai l’impression d’avoir deux boulets à chaque pied et je peine, même si ça ne monte pas trop. J’avance, j’avance, enfin, à ce moment-là, je dirais plutôt que je rame, quand soudain, peu après avoir traversé un torrent, il me semble que le paysage s’ouvre devant moi ; serait-ce le col du Calmil ?

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Et bien, non ! Point négatif : je ne sais pas comment j’ai pu passer à côté de ce col. Point positif : me voilà revenue au pied du cap Blanc, à l’intersection. Enfin, je sais où je suis ! Ca va, il n’est pas trop tard, en plus. Et bien, moi qui voulais rester le plus longtemps possible en montagne pour profiter du soleil, j’aurai au moins réussi cela, même si ce n’est pas exactement de la façon dont je l’aurais souhaité… Et je n’ai pas fait la boucle.

 

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Je regarde à nouveau les cartes pour tenter de comprendre, mais y’a rien à faire. Je finis même par me dire que je n’étais pas au Picou. Sans GPS, je ne pourrai même pas vérifier en rentrant. Dommage, car c’est dans ces moments que j’aime bien voir. Pour savoir.

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De retour à la maison, ça me travaille encore ; je tourne et retourne le truc dans ma tête, je prends et reprends les cartes, je ne trouve pas de solution, je laisse tomber, puis j’y reviens. Je regarde les photos, mais ça ne m’aide pas davantage. Bref, ça m’obsède !

Alors je décide de retourner sur le terrain, en prenant le problème à l’envers, c'est-à-dire en montant par où je voulais descendre. Faut que je voie cette fichue cabane de l’homme mort dont je m’explique difficilement la « disparition ». Il faut que je fasse la lumière sur ces « mystères ».

 

Cinq jours plus tard, me voilà donc de nouveau à Ganac (550 m). Direction le col du Calmil (1109 m). La neige a beaucoup fondu, la vision n’est plus la même, mais il ne me faut pas beaucoup de temps pour comprendre, enfin… Je n’ai pas besoin d’aller bien au-delà du col pour piger que samedi dernier, je n’ai jamais atteint le Picou, mais … le Mont-Bazillac (1496 m). Ainsi, tout s’explique : le peu de D+ pour atteindre le sommet, la disparition de la cabane, l’absence totale de traces, cette crête dénudée, le fait de me retrouver plongée dans la forêt… et j’en passe !

En fait, cette crête que j’ai longuement observée de loin et photographiée, c’était celle du Picou ! Cette cabane que je pensais être celle de la Deveze, c’était celle… de l’Homme mort. Comme une quiche, j’ai porté mon regard sur le lieu même où je pensais me trouver. Ca me désole et me fait rire à la fois. Mais comment ai-je pu me tromper d’autant ??? Comment ai-je pu prendre le Picou pour le Batail et le Bazillac pour le Picou ? Le Bazillac émergeait à peine du paysage et quand aujourd’hui, j’ai pris le Picou en pleine face en arrivant au Calmil, avec sa silhouette hivernale imposante, il ne m’en a pas fallu davantage pour comprendre ma méprise !!!

Allez, va, comme il faisait encore super beau, je suis quand même montée jusqu’au Picou, et un peu au-delà, histoire de profiter du soleil. Mais un petit vent froid soufflait, là-haut. Alors je suis redescendue par où j’étais montée, tranquillement, emportant avec moi l’image d’un Mont Bazillac discret mais qui m’a quand même « happée » (pourtant, j’aime pas le vin !), avec pour maigre satisfaction d’être passée dans un endroit « vierge ». Ah la la ;-)

A quand la prochaine « aventure » ?


Cartes IGN 1/25 000 n° 2147ET Foix et 2047ET La Bastide de Serou

Après tentative de report sur Visugpx de ce que j'ai probablement fait samedi (comment en être sûre, avec tout ce dédale de pistes?), le logiciel me donne 21 km, 1300 n de D+ (ça je veux bien le croire, et je dirais même plus que ça) en 7H30.

Jeudi, l'aller-retour Ganac/Picou par le col du Calmil : 5h11 avec les pauses (1h pour monter au col + 45 mn pour parvenir à la cabane, sans avoir mis les raquettes, ce qui aurait été plus efficace + 25 mn pour parvenir au Picou), 14km et 1150 m de D+