Au lendemain de l’ascension du pic de l’Estagnac, j’avais envisagé faire une sortie « tranquille ». Rendez-vous est donné avec Benoît et Julien, pour une destination vers l’Artigue, Montestaure, ou autre, à voir… Bien sûr, Benoît avait bien évoqué l’idée du Puntussan, mais je n’y croyais pas plus que ça… J’étais confiante pour un petit tour jusqu’à un étang, pas plus !

Je sors de la voiture en chaussures de trail de montagne, Julien aussi. Benoît chausse les chaussures de rando, j’hésite à mettre les miennes, indispensables si nous avons besoin de mettre les crampons, Julien hésite aussi, et finalement, comme on décide de laisser les crampons dans la voiture – on ira jusqu’où on peut - et malgré les tentatives de Benoît pour nous convaincre, nous partons tous les deux les pieds légers. Cela confirme que l’on n’a pas réellement un sommet comme objectif…

On part à un bon rythme, Benoît regrette sa fête de l’avant-veille, moi, j’ai le souffle court, cela m’étonne, mais ça va. Un panneau nous précise que la passerelle que nous devons passer à 1400 mètres a disparu… C’est donc les pieds dans l’eau que nous traversons, au niveau de la vasque. Tiens, je trouve que l’eau n’est pas si froide !

 

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A partir de là, je navigue en terrain inconnu, dans cette belle vallée de l’Artigue. A 1900 mètres, au niveau des orris des Legunes d’en bas, il nous faut quitter cette vallée pour nous engager en direction du NO. On ne sait pas trop où est le départ, on ne voit aucun cairn, juste un petit caillou blanc sur un bloc, mais une pierre sur une pierre, dans cet univers, est un bien maigre indice et on ne sait pas si on peut s’y fier. A défaut d’autre chose, on y va, en décidant de contourner par la droite un moignon rocheux, et après… on verra ! Ca passe pas trop mal dans un mixte gispet-roche. Un peu plus haut, au bord du torrent, on trouve un joli petit cairn et on découvre par la même occasion qu’on s’est bien em… à monter direct dans la pente. Le départ doit donc se situer APRES les orris, tandis que nous avons bifurqué avant.

Bref, un couloir attire nos regards et nos pas, un joli couloir bien raide encombré de blocs… Finalement, ce n’est pas si terrible. Benoît a retrouvé la forme, c’est moi qui accuse une baisse de régime, qui me surprend, mais je ne tarderai pas à découvrir l’explication…

 

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A 2430 mètres, on débouche sur un replat et nous découvrons l’étang de Bentefarine, encore à moitié gelé. A ce moment-là, ma cuisse gauche douloureuse me suggère d’arrêter, je suis à deux doigts de dire aux garçons que je les attends là tandis qu’ils feront l’aller retour au sommet, mais comme ils décident de marcher encore trente minutes, je leur emboîte le pas. Nous cherchons l’itinéraire le plus simple sur les blocs et au gré des névés qu’il nous faut éviter. J’ai parfois du mal à lever la jambe aussi haut que les garçons pour franchir quelques blocs – il faut dire qu’elles ne font pas la même taille ! – mais au terme de quelques efforts, je parviens au sommet, 2699 m, un peu hachée ! La demi-heure que l’on s’était allouée a été dépassée, mais la montée s’est faite somme toute assez rapidement, et il eut été bien dommage de rebrousser chemin si près du but.

Comme pour le Bassies, comme pour le Puntussan et le pic des 3 Comtes, ce sommet m’en a un peu fait baver ! Ce massif veut ma peau, ou quoi ?

Mais quel régal ! Moi qui me « plains » parfois de ne même pas ressentir une petite douleur après une belle bambée en montagne, et bien voilà, bingo ! j’ai bobo, aujourd’hui… et pas qu’aux cuisses, à vrai dire ;-) Pas de jaloux, les bras et les épaules sont douloureux aussi ;-)

Je suis bien et pas bien à la fois, car il y a encore la descente, mais pour le moment, je profite de l’instant ; c’est tellement beau, tellement grand, tellement sauvage, tellement… granitique ! Bref, c’est magique et je voudrais rester là, autant pour la beauté et la tranquillité du site que pour éviter le retour ;-)

 

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Pourtant, il faut bien regagner la vallée… On prend un petit bout de crête pour éviter l’infime portion de gispet que nous avons eue dans la partie terminale – Benoît déteste vraiment ça – et je ne sais pas pourquoi, je ne me sens pas particulièrement à l’aise quand il faut franchir des gros blocs séparés par d’énormes trous. A deux ou trois reprises durant les cinquante premiers mètres de descente, je vais d’ailleurs avoir des moments de peur comme rarement, c’est complètement idiot, mais je ne contrôle pas. Je m’en veux de faire mon … (allez, certains comprendront), je me demande si ce n’est pas le fait d’avoir été encordée hier qui me fait perdre mon assurance aujourd’hui, je ne pige rien…

Heureusement, dès la difficulté des blocs et névés dépassée – j’adore tellement ça d’habitude ! – la patate revient et je talonne Julien dans le couloir.

Nous tentons de trouver le vrai « chemin » pour regagner la vallée de l’Artigue, nous rapprochant pour cela du ruisseau, mais nous nous retrouvons dans les rhodo qui nous font préférer des blocs, à nouveau. Comme si on n’avait pas eu notre dose de minéral, aujourd’hui !

Finalement, l’itinéraire que nous avons pris ce matin était mieux !

Enfin, nous voilà revenus dans la vallée de l’Artigue, il me tarde d’aller tremper ma cuisse douloureuse (p… de TFL) dans la vasque ; malheureusement, les garçons me disent que nous n’aurons guère le temps de nous y attarder. Grrrrrrrrrrr

Pas grave, de toutes façons, nous serons bien obligés de nous mouiller pour rentrer, j’en profiterai un tout petit peu quand même.

Pfffff, quand nous y arrivons, des touristes ont pris la place. No regret, donc !

Quelques instants plus tard, nous sommes à la voiture, après avoir effectué quelques mètres en trottinant…

 

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C’est avec les mains encore un peu plus râpeuses et le corps en décomposition que cette aventure se termine, mais je suis heureuse de l’avoir vécue, même si je regrette mon moment « d’égarement » incompréhensible, à tel point que je me suis demandée si à ce moment précis, je n’avais pas fait un cauchemar !!!!

 

Le topo de Michel Sébastien donne cette randonnée en 9 heures ; c’est exactement le temps que nous avons mis, pauses comprises et avec le chaussage-déchaussage au passage à gué. Pas si mal, donc ;-)

Une belle bambée réunissant tous les ingrédients ariégeois, 1600 mètres de D+ au moins de pur bonheur (si-si !)

Carte IGN 1/25000 2148 OT Vicdessos