Un p’tit CR de CO nocturne…

…ça f’sait longtemps…

…mais j’me suis pas améliorée !!!

 

Cela faisait bien longtemps que je n’étais pas partie à la recherche de toiles orange et blanches au milieu de la forêt et la nuit, qui plus est…

C’est avec un nouveau membre du TEA (Team Ecouvillon Aventure – club organisateur) mais néanmoins vieil acolyte d’entraînement, de raids et autres CO que je repars pour une aventure nocturne dans la petite Suisse Picarde (merci les copains, d’avoir placé votre orga pendant les vacances de la Toussaint !).

 

Quatrième course du nom (« l’Ecouvillonaise Orientation »), quatrième participation pour moi. Toujours fidèle au(x) poste(s), même si je reste « l’équipière clandestine du TEA », surnom qu’Emilien m’a donné un jour…

 

Deux mois après être allée encourager deux membres du team, Ludo et Jean-Christophe, sur le Grand Raid des Pyrénées,

http://pyreneesmagiques.canalblog.com/archives/2013/08/30/27922418.html

je suis contente de retrouver les potes, d’autant plus qu’aujourd’hui, ce sont eux qui vont m’encourager !

 

Le départ est donné à 18 heures pile poil, je prends les cartes au top chrono et Fred et moi nous penchons dessus. Elles nous surprennent un peu… La première réaction est : « Qu’est ce que c’est que ça ? »

Maintenant, je comprends pourquoi il fallait deux cerveaux pour cette course !

[[[[RDV le samedi 26 octobre à partir de 16h à la salle des fêtes (centre village) d'Elincourt Sainte Marguerite (sortie n°11 de l'A1).

Briefing 17h30 - Départ 18h00 - Arrivée 23h00 (porte horaire avant pénalité). Parcours de maximum 5h pour 37 Km. Chacun fera sa boucle en fonction de sa forme, de ses capacités et envies.

Au programme :

- de nombreux supports à gérer : carte générale IGN pour les liaisons, 2 IOF et une surprise, les définitions de poste au nombre de 45 maximum.

- plusieurs éléments à gérer : 4 échelles différentes, faire le lien entre chaque carte, environ 9 changements prévus selon vos boucles et optimisation de parcours... Les 2 équipiers auront chacun leur importance, 4 bras et 2 cerveaux seront nécesssaires... :-)

>>> Autonomie complète sur la course, à prévoir : ravitaillement pour 5h, boussole, 2 frontales avec batterie / piles, 2 gilets flurorescents ou brassards obligatoires, 1 couverture de survie obligatoire, 1 sifflet obligatoire, 1 téléphone allumé par équipe obligatoire, portes carte ou plastiques obligatoires.

Pas besoin de matériel de report.]]]]

Le « ça », c’est un extrait de carte IGN 1/25 000ème au format A3 sur laquelle figurent plusieurs info :

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Tout d’abord, une parcelle encadrée : c’est la zone de la carte IOF 1 que l’on a sur une feuille au format A4, échelle 1/4 000ème où 10 balises sont reportées.

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Ensuite, deux triangles A et B… Après un rapide grattage de la tête, on voit que c’est la zone d’entrée/sortie de la carte IOF 2 à l’échelle 1/15 000ème, sur feuille A4 aussi. On retombe dans du classique de la CO, où 20 balises sont reportées.

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Enfin, une partie rectangulaire nous renvoie à la troisième carte au format A4 et là … on tombe sur un truc totalement nouveau, une carte « cadastre » au 1/5 000ème où 5 balises sont notées.

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La carte IGN sert pour les liaisons entre les différents passages de zones (donc de cartes) et comporte également 10 balises à trouver.

Le parcours de 37 km – à vol d’oiseau – comporte donc 45 balises ; ça fait pas mal (et on n’est pas des zoiseaux !!!). Le temps étant limité à 5 heures, il faut faire des choix stratégiques.

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La préparation... Y'en a un qui va avoir chaud au cours de cette nuit (et soif!!!)

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Le briefing, que j'écoute bien sagement...

Fred et moi savons pertinemment que cette distance est irréalisable dans le temps qui nous est imparti, nous ne sommes ni assez bons coureurs, ni assez bons orienteurs pour réaliser cette prouesse. On décide donc de « shunter » les 8 balises situées dans la moitié nord de la carte IGN puis on détermine l’ordre de déroulement des actions : on va d’abord entrer dans la carte cadastre, puis les cartes IOF 1 et 2. Mais une petite voix venant de mon ancien club de CO nous recommande de commencer plutôt par l’IOF 1 tant qu’il fait encore jour.

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Nous irons donc chercher les balises de l’IOF1, puis l’IOF2 en prenant en passant les deux balises du secteur S de la carte IGN et enfin, nous terminerons par les balises se trouvant dans le village, sur la carte cadastre.

Allez, on vient de faire travailler les neurones pendant une dizaine de minutes ; aux jambes de prendre le relais !

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On part tranquillement vers la Borne aux Loups, où il y a un parcours permanent, dont la carte IOF1 est extraite, en se donnant 1 heure pour tout faire, en comptant l’aller/retour au village (où il faut repasser obligatoirement pour rejoindre la zone suivante).

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C’est Fred qui tient l’IGN, moi l’IOF sur laquelle on entre par la balise 34. Pour la suivante, la 35, je vois à droite du sentier un beau rentrant ; comme c’est la définition, je vais jeter un coup d’œil vite fait, même si selon l’endroit où l’on pense être, il devrait se situer à gauche. Fred continue sur le sentier, ne trouve rien ; on sait qu’on est trop loin alors on fait marche arrière. D’autres équipes cherchent aussi. Je retourne voir ce beau rentrant qui m’attire décidément, cette fois, je vais jusqu’au bout et là… qu’est ce que je vois ? Ta-ta ! La balise ;-)

On était sur un chemin parallèle à celui qu’on croyait avoir emprunté et on vient de perdre 10 minutes au moins. Grrrr… si j’étais allée voir au bout dès le départ, aussi…

Bref, nous courons vers la 32, puis suivent les 36, 38, 33 et 37. La 31 nous fait perdre un peu de temps car on la cherche trop haut ; j’y perds d’ailleurs ma boussole en buvant un coup. Vu qu’on a jardiné un peu dans la zone, inutile de tenter de la retrouver là...

On termine par la 40 et la 39.

Une heure après notre départ, nous voilà revenus à Elincourt. La liaison IGN ne pose pas de problèmes car on connaît le secteur (GR) avec le réservoir… et on voit que la balise 10 se trouve après ce réservoir, donc jusque là, nous n’avons qu’à … courir :-) (ouais, mais ça grimpe !!!)

La balise est vite trouvée, tout va bien. Pendant que Fred va poinçonner le carton de contrôle, j’enfile la frontale sur ma tête et l’allume. Aie, toutes les led ne fonctionnent pas ; la visibilité ne sera pas aussi bonne que les autres fois.

On arrive à la clairière, je me remémore un gros jardinage lors d’une précédente édition, une balise placée dans un talweg jamais trouvée… et … ben je crois que j’aurais mieux fait de rester concentrée sur l’instant présent au lieu de penser au passé, car on court, on court, on court sur le sentier, à la recherche de la balise 4, jusqu’à se rendre compte qu’on a largement dépassé la distance à effectuer et qu’on a dû rater quelque chose, genre une intersection… mais on se dit : « c’est pas grave, on est peut-être sur ce chemin plutôt que celui-là et on pourra le récupérer au coude, etc, etc… » sauf que le coude, on le voit pas, et on descend, on descend, on descend, jusqu’à ne plus savoir où l’on est, plongés dans la nuit, avec les bruits de la forêt (« T’as entendu ? C’était quoi, ça ?)… Perdus, nous sommes perdus !!!

On oriente la carte à une intersection, ça ne nous aide pas, rien ne correspond. Là, on commence à avoir des doutes sur l’efficacité de la boussole de Fred, qui semble avoir perdu le Nord, l’aiguille ne faisant que tourner, tourner, tourner !!!

Quand elle semble accepter de se stabiliser enfin, on vise plein N, la seule chose qu’il nous reste à faire, pour aller à Mareuil la Motte. On trouve enfin un point de repère : la ligne électrique, mais on a bien du mal à comprendre où l’on est quand même, même si le balisage du GR sur lequel on retombe n’accorde pas de place au doute. Gros moment d’égarement, tout ça parce que Fred voit de l’eau à notre droite (donc, les étangs) là où moi, je ne vois qu’une belle étendue de terre.

Après avoir perdu un temps fou, on se retrouve tout près de la balise 27, qu’une équipe vient de trouver aussi. Ouf, ça fait du bien de revoir d’autres frontales que les nôtres !!!

Enfin, on vient d’entrer dans la carte IOF2, en passant probablement à côté de la balise 22 sans l’avoir vue (normal, à ce moment-là, on ne savait pas où on était), ce qui fait bien râler Fred.

Là, il faut vite se décider quant à la suite à donner aux événements, parce qu’avec le temps qu’on vient de perdre, on sait qu’il va falloir revoir nos objectifs à la baisse, malheureusement.

Dans un premier temps, on décide d’aller au point sécurité (passage obligatoire) où sont postés Ludo et JC. On entre donc dans la partie O de la carte. Un petit coucou aux copains (il y a aussi JR et son fils Corto, qui a bien grandi depuis la dernière fois où je l’ai vu) et on poursuit vers la balise 18. Il faut grimper pour aller chercher les 6 balises de la partie NO, on sait bien que ça risque ne nous prendre beaucoup de temps, stratégiquement, on décide de délaisser celles-ci et de privilégier celles de la partie E de la carte ainsi que les 5 du cadastre qui devraient se faire vite.

C’est un peu dommage, nous ne prenons que 4 balises ici (18 – 20 – 15 – 13) mais c’est ainsi, ça fait partie du jeu !

Nous repassons au PC sécurité avec la ferme intention de prendre tous les postes de la partie E, c’est-à-dire ceux se trouvant dans Mareuil et au-dessus. Entre la 30 et la 21, on cafouille un peu, je sais pas ce qu’on fout, mais après être tombés sur une cabane, avoir traversé une peupleraie « plein N » et avoir longé une clôture, on retombe sur nos pattes. Les inter-postes sont longs, j’aurais aimé à ce moment qu’il y ait plus de balises pour « couper » davantage et que le parcours soit plus ludique, mais on n’est pas là pour s’amuser, que diable !!! Quoique… A chacun ses objectifs, après tout !

J’ai tellement peur de me perdre à nouveau pour le retour que j’embête Fred pour retourner au point B exactement, endroit facile pour sortir de la carte et reprendre l’IGN, puisqu’à partir de là, c’est tout droit. Et effectivement, c’est très simple… Pourquoi on n’a pas fait comme ça à l’aller ?

Lors de notre descente, Fred sort la carte cadastre pour commencer à l’étudier, il ne comprend pas tout bien et moi, j’peux pas l’aider ;-(

Je remarque tout juste un début de pointillé rose, je suppose que c’est le sentier par lequel nous entrons dans la carte (GR), indice suffisant pour nous permettre de constater que pour aller chercher la balise 44, il faut tourner au réservoir. Elle nous donne un peu de fil à retordre – il faut se refaire au changement d’échelle – mais ça va…

Nous filons vers la 42, puis la 45, j’adore les petits passages couverts et autres impasses qu’il faut dénicher ; c’est génial, même si on passe toujours devant une première fois sans les voir !!!

On se dit qu’on va avoir le temps d’aller chercher la 43, un peu plus éloignée… C’était sans compter sur la 41 que nous mettons un peu plus de temps que prévu à trouver.

Il nous reste une dizaine de minutes avant l’horaire butoir, et sachant que chaque minute de retard est très pénalisante, nous préférons assurer et rentrer à la salle.

A 22h54, nous arrêtons le chrono, heureux d’avoir passé un agréable moment dans la nature sous un ciel magnifiquement étoilé et des températures très douces pour la saison. Fred aura même vu une étoile filante !

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C’est une course que j’ai beaucoup appréciée, sur laquelle je me suis régalée. Alterner les différentes cartes et échelles était certes difficile, mais néanmoins une excellente idée et initiative.

 

A l’arrivée, c’est toujours aussi agréable de retrouver les parents d’Arnaud et Emilien, ainsi que les parents de Laétitia qui nous préparent de bons sandwiches ainsi qu’un copieux ravitaillement !

Manquait peut-être la bière… mais non, je rigole, c’était parfait :-) c’est juste que j’en ai eu bien envie à un moment sur le parcours – il faut dire qu’on a eu bien chaud – et que dans la salle, à l’arrivée, mon premier regard s’est porté sur deux bouteilles qu’une équipe était en train de siroter. En plus, j’ai cru que c’était de la Chimay, alors… ça n’a fait qu’amplifier mon désir ;-) (ndlr : c’était de la locale, de la saint-Rieul, pas dégueu, non plus).

 

Bref, une bonne petite soirée, au cours de laquelle j’ai été contente de retrouver les zamis, même s’ils étaient accaparés par l’organisation.

Je les remercie encore pour ce beau moment sportif et convivial qui mériterait qu’il y ait davantage de participants (tant pis pour les absents, ils ne savent pas ce qu’ils ratent).

 

Merci aussi à mon coéquipier, avec qui l’entente a été parfaite, même (surtout ?) pendant les moments de jardinage et d’égarement :-)

 

On n’était pas là pour la gagne et encore moins pour se prendre la tête, mais on monte tout de même pour la seconde fois ensemble sur cette course sur le podium avec 27 balises trouvées, 27 km effectués et environ 700 mètres de D+.

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Comme d’habitude, je n’ai pas vu le temps passer.

Une seule équipe réussira à prendre les 45 balises, c’est dire le niveau de la course !

D’ailleurs, à ce propos, je voudrais m’excuser auprès de Manu de ne pas l’avoir salué ce soir-là… Ce n’est nullement par fierté, mais vraiment parce que je ne l’ai pas reconnu, même pas lorsqu’il est monté sur le podium avec Jérémy.

Ce n’est que lorsque j’ai consulté les résultats quelques jours plus tard que j’ai découvert le nom de celui que j’ai pourtant encouragé au Pic du Midi de Bigorre il y a deux mois de cela. J’avais probablement encore la tête dans les étoiles du ciel de cette nuit !!! Encore désolée…

 

Pas mal d’équipes rentreront hors délai, avec des pénalités, donc… Comme quoi la gestion de course est primordiale et sur ce coup-là, on a assuré… On avait estimé pouvoir effectuer seulement 25 km en 5 heures, on en a fait 2 de plus et sans la grosse erreur sur l’IGN, on aurait probablement atteint notre objectif du départ, soit prendre 37 balises sur les 45.

 

Je terminerai en faisant un gros bisou à la petite Léna, qui s’est endormie dans les bras de sa mamie en demandant « Où elle est, Mumu ? » [J’étais partie me changer].

Coucou, je suis là, Léna ;-)