Les Isar-iens sont venus en force!

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Aujourd’hui, l’objectif est de grimper sur le « navire des étoiles » afin d’encourager de là-haut Ludo et JC qui ont pris le départ du Grand Raid des Pyrénées ce matin à 5 heures, après une nuit agitée par 3 heures d’orage bruyant et très lumineux ainsi que par le son des cloches des vaches voisines (on ne pense pas toujours à tout quand on choisit un lieu de bivouac !!!). Ca sera l’occasion de gravir ce pic par le sentier des Muletiers, qui était l’accès historique avant que le téléphérique de la Mongie soit construit.

Au départ :

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Il est à peine 9 heures, nous sommes sur le départ, légèrement au-dessus d’Artigues (1270 m), sur la route du col de Tourmalet, juste après l’hôtel du Val d’Arizes. Un petit parking et des panneaux indiquent la direction à suivre. A noter que 300 mètres plus loin (en distance), il est possible de monter par la cascade d’Arizes, qui vaut le coup d’oeil. Les deux sentiers se rejoignent au niveau des cabanes de Tramazaygues. L’un, celui que nous prenons à l’aller, grimpe sec dans la forêt par un sentier assez rocheux, l’autre, que nous emprunterons à la descente, grimpe encore plus, sur un chemin de terre, qui accroche donc moins bien. C’est par là que passent les concurrents du GRP. Ce n’est donc qu’après les 300 premiers mètres de dénivelé que nous commencerons à les voir. La montée est fort agréable, le pic du Midi
apparaît au fond de la vallée – il est loin ! – le sentier est bien tracé (c’est du GR), c’est presque une autoroute… La montée est progressive, j’ai à peine le sentiment que ça grimpe (et pourtant, ça grimpe, oui !), elle est ponctuée par le passage des premiers coureurs, ce qui la rend plus distrayante.
C’est rigolo, certains nous encouragent !!! C’est bien, leur humour prouve
qu’ils sont encore en forme. Enfin, par rapport aux 160 km du raid, ils n’en
sont qu’au début, en même temps ;-)

Le départ du sentier :

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Pic, on arrive!

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Les éleveurs du coin ont eu la main lourde sur la peinture :

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On ralentit, on s’arrête, on laisse passer, on encourage… C’est vraiment sympa.

En 2h15, nous sommes au col de Sencours, où il y a un ravitaillement et un point de contrôle. Je n’ai pas pris le GPS et n’ai pas mémorisé à quelle altitude il se trouve, mais j’ai l’impression que le sommet est tout proche, 200 mètres environ. Désormais, c’est sur une piste qu’il faut cheminer. Au début, c’est facile, puis ça commence à devenir long, et quand au détour d’un lacet, la pente s’accentue, j’ai l’impression de ne jamais me rapprocher de ce fichu pic. Heureusement qu’il y a un peu de spectacle, et que désormais, non seulement, on marche dans le même sens que les concurrents, mais qu’on en croise aussi ! Effectivement, ils font un aller-retour entre le col et le pic. Dans la montée, il n’y en a qu’un qui court, et il ne porte pas de dossard, c’est Christophe Le Saux, « l’ogre du trail » reconnaissable à sa longue chevelure bouclée. Un vrai isard, il est impressionnant de légèreté, il effleure à peine le sol, c’est beau à voir.

Je motive un concurrent :

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Le col de Sancourt :

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Christophe le Saux :

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Nous arrivons au pic du Midi de Bigorre (2872 m) un peu après lui, et pas mal de personnes demandent à être photographiées avec. Une star au sommet ;-)

Il nous aura fallu 3h10 pour effectuer les 1600 mètres de dénivelé. Quand on arrive là-haut, on butte sur les bâtiments, on ne peut pas aller plus loin (sauf sur une petite terrasse), c’est assez bizarre comme sensation.

Il est midi, on a bien le temps de boire un coup, car Ludo m’a envoyé un SMS pour me dire qu’ils venaient de passer Artigues, à 11h30. On estime donc leur arrivée au pic vers 14h30.

Seulement, voilà : le bar-restaurant est situé sur la terrasse, or pour accéder à cette terrasse, il faut payer ….. 16 euros (par personne). Ca fait cher la bière ;-(

C’est totalement aberrant ! Bien sûr, on renonce. Qu’ils aillent se faire voir !!!

Du coup, on se trouve un coin à l’abri du vent (ça va, il n’y en a pas trop) pour manger… et boire notre eau !

Les concurrents arrivent en tir un peu plus groupé, je pense que Stéphane et Emmanuel, deux autres Isariens, ne devraient pas tarder à arriver. C’est Manu qui parvient le premier au sommet, à 13 heures. Il a l’air en pleine forme. Un quart d’heure plus tard, Stéphane arrive, il dit que la montée au pic ne lui a pas fait du bien, et quand je lui demande s’il a besoin de quelque chose, il me répond « Oui, une paire de jambes ! »… Hélas, plus tard, la portion entre le col de Sencours et Hautacam, effectuée sans eau, lui sera fatale et il sera contraint à l’abandon.

Et nos loustics, dans tout ça ? A 13h56, Ludo m’envoie un SMS pour me dire que JC et lui sont au col, mais qu’ils ne monteront pas au pic. Je ne le vois qu’à 14h10… Je suis assez dépitée par cette nouvelle, et aussi de ne pas les voir !!!!! mais un autre SMS m’informe qu’ils se reposent et repartiront à 15h. Si je veux leur faire un petit coucou, il n’y a plus qu’une chose à faire : tracer ! On a moins de 45 mn pour avaler les 500 mètres qui nous séparent. Car oui, il y a bien 500 mètres – et non 200 comme je le croyais – entre le col et le pic, ce qui explique pourquoi j’ai trouvé que cette portion était longue (55 mn de montée).

C’est parti ! On court avec quelques traileurs, on en double même, et soudain, j’ai le sentiment de faire partie de la course, car c’est nous qu’on encourage et qu’on applaudit. C’est insensé ;-) et assez émouvant.

Au sommet :

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Et oui, pour aller encourager les copains là-haut, il fallait bien que moi aussi, je grimpe!!!

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Manu :

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Rasta man :

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Stéphane :

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A 14h45, nous sommes au col (2378 m), ce n’est pas la grande forme pour Ludo, mais je le connais, et je sais qu’il va se reprendre. En passant, je me fais engueuler parce que je leur avais dit qu’il n’y avait pas beaucoup de cailloux… et eux trouvent au contraire qu’il y en a pas mal. Ben, venez en Ariège, et vous verrez s’il y a des cailloux ici!!!

Ils ont fait un choix tactique et « physique » en ne faisant pas l’aller-retour au pic du Midi et cela leur coûte 5 heures de pénalité. Désormais, l’attention devra se porter plus que jamais sur les barrières horaires. Ils repartent un peu avant 15 heures, vers le Tourmalet, Hautacam et Cauterets, tandis que nous restons encore un peu à regarder les concurrents.

Puis vers 15h20, nous prenons le chemin du retour… qui va être long, je le sens !!!

Sous le col, nous croisons les 3 derniers concurrents. L’un nous dit «  C’est pas encore aujourd’hui que je monterai au pic ! », l’autre a le regard vitreux et est complètement à l’ouest, je ne sais même pas s’il nous voit, un autre est accompagné de deux organisateurs venus le chercher. A cet endroit où ça grimpe un peu plus, il n’arrive même plus à lever la jambe… Pour ces deux-là, l’aventure se termine ici…

Comme je le pressentais, la descente est effectivement longue (je crois qu’il y a 14 km aller, donc, c’est un peu normal, aussi), vers 1600 mètres, nous nous retrouvons dans le brouillard, et à 17 heures, nous sommes à la voiture, bien contents d’avoir fait cette rando qui est très agréable, pas du tout gâchée par les installations comme je le craignais (sauf au sommet, bien sûr), avec la joie d’avoir pu voir les copains.

C’est juste un peu dommage que nous n’ayons pas eu une vue dégagée au sommet, de nombreux nuages encombrant le ciel. Mais bon, le spectacle du GRP était pas mal ;-)

On avait pensé faire une boucle, en revenant par le versant N (col d’Aouet) et la cabane d’Arizes, mais la partie supérieure de cet itinéraire est hors carte, nous n’avons pas trouvé l’accès pour descendre (sinon un couloir d’éboulis qui semble très raide – mais est-ce cela ???) et la brume envahissant ce versant, nous avons préféré jouer la prudence et rentrer par le même chemin.

JC à la descente du col :

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Une belle randonnée de 8 heures, avec une très longue pause au sommet (3h10 de montée et 2h15 de descente) pour 1600 m de D+

Carte IGN 1/25000 n° 1748ET Néouvielle

 

Après ce petit périple, nous allons à Barèges rejoindre les épouses des deux sportifs, ainsi que leur super assistant, Coco et après une bonne nuit de sommeil, demain, nous irons tous ensemble les encourager à Luz Ardiden, puis Luz Saint Sauveur et Tournaboup…