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Jeudi, l'idée me prend de m'inscrire à ce trail que je ne connais pas mais dont j'ai entendu le plus grand bien. Je connais la plupart des sentiers du parcours pour les avoir empruntés au cours de mes entraînements passés, alors joindre tous ces petits bouts pour effectuer les 21 km de la course me tente bien. Je clique puis je pars courir, en mode essai de nouvelles chaussures.

 

Dès les premiers pas je sais que je viens de faire une connerie car je sens immédiatement la fatigue de la Vallespir Skyrace monter dans mes cuisses, même si au repos, celles-ci ne me font plus mal depuis ce matin. Bah qu'à cela ne tienne, la course est dans 3 jours, j'ai le temps de me rétablir encore !

Dimanche, dans les minutes qui précèdent le départ, les coéquipiers de VO2 qui ont lu ma douleur d'il y a 7 jours me demandent si je suis remise. "Pas trop" je leur réponds. Tout sourire, nous sommes 4 à prendre le départ du 21 km et autant pour le 9.

 

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L'ambiance est assurée par Robert de Midi run, les organisateurs et les coureurs bien sûr. L'animateur invite les filles à se placer en première ligne, Mélanie et moi nous exécutons timidement. Et bien la prochaine fois, je ne le ferai pas car tout de suite après le coup d'envoi et le premier virage, je sens quelqu'un s'agripper à mon dos, manquant me faire chuter. Le mec me procure une belle petite frayeur, je pense que lui-même s'est fait bousculer ou alors il a trébuché et a tenté instinctivement de se rattraper. Ça commence bien ! Dans ce peloton, à deux ou trois reprises, des traileurs s'arrêtent, voire font demi tour et se baissent pour récupérer quelque chose qu'ils ont laissé tomber. Drôle de départ décidément !

Mon allure est lente, je tente une expérience aujourd'hui et je ne veux pas dépenser toute mon énergie dans les 3 premiers kilomètres de plat qui sillonnent le village, ses rues, son parc.

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10 depart christophe

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Dès les premiers mètres, je me rends compte que le "pas trop" de tout à l'heure est en fait un "pas du tout". Déjà mes cuisses me font mal, déjà la course de dimanche dernier se rappelle à leur souvenir. Une douleur étrange que j'ai du mal à définir mais qui me fait grimacer. Christophe, en attendant sa course, prend quelques photos. Je lui dis que je n'en peux plus. Un peu plus loin, Laurent attend également avec son appareil photo. Je lui souffle que je n'ai pas de cuisses, que j'ai mal et je dois me faire violence pour courir sur le petit bout de route menant au sentier balisé… A cet instant, je songe déjà à abandonner et il en sera ainsi jusqu'au kilomètre 8 ou 9 je pense, pratiquement jusqu'au pech de Foix, tiraillée entre l'envie de mettre fin à cette douleur et le désir de découvrir la suite du parcours. A l'intersection où coureurs et randonneurs se séparent j'ai bien envie de me joindre à ces derniers et rentrer.

Mais je me ressaisis et poursuis lentement mon chemin. Une fille semble encore plus mal que moi, je me dis que c'est pas encourageant et suis à deux doigts de lui proposer d'abandonner ensemble (car c'est ce qu'elle décide). Mais je m'abstiens. Il semblerait qu'à défaut de jambes, j'aie encore de la volonté !

Néanmoins, il semblerait que mon sort s'améliore petit à petit et lorsquej'arrive là-haut, je me sens un peu mieux. Au point de pouvoir trotter à nouveau. Ouf ! Je suis même surprise de voir l'antenne se profiler au bout de la crête, point le plus septentrional du parcours.

S'ensuit alors une descente, d'abord sur un petit single, puis sur une large piste caillouteuse et humide sur laquelle je ne me sens pas à l'aise. Mais que m'arrive t-il aujourd'hui ? Ça file tellement que je me demande si cette histoire ne va pas se terminer à Foix. Je la connais bien cette piste, pour l'avoir empruntée à plusieurs reprises afin d'aller flâner au pech, pour y avoir "couru", aussi (hum hum) notamment pour la C2C c(ourse de côte). Mais non, à une intersection, changement de direction, nous repartons vers le sud-est par les terrasses. Ce sentier-là, je le connais aussi et je l'apprécie beaucoup. Dans la partie la plus raide de la montée, je retrouve enfin de bonnes sensations, je ME retrouve tout simplement, dans un niveau de pente que j'affectionne. Cela me met du baume au cœur et me rassure à propos des acquis que je croyais avoir perdus ! Je double ou rattrape quelques concurrents, malheureusement ma petite forme du jour se refait sentir dès qu'il faut se remettre à courir et c'est donc en marchant que je ferai une bonne partie de cette agréable (si ce n'est le bruit des véhicules circulant sur la N20 que je ne parviens pas à occulter) sente en traversée. A peine je cours dans les descentes, enfin quand ça descend ! Montgailhard se profile, en bas, il doit rester peu de kilomètres à parcourir, et pourtant il faut monter, encore ! Mais finalement ça me va bien et il me tarde d'arriver à la dernière difficulté de l'itinéraire, le pain de sucre ou pic, LE pic qui domine le village et qui nous nargue déjà ! Pour autant, dans la descente qui ramène à Montgailhard - sentier que nous avons également pris à la montée - je ne parviens pas à allonger le pas. Alors comme il faut bien trouver son plaisir quelque part, je me ris de la boue et y plonge allègrement les 2 pieds, ne cherchant même pas à l'éviter un tant soit peu. Je m'amuse comme une gamine, j'y trouve même un certain réconfort !

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Le petit bout de route de l'aller n'est pas plus agréable au retour mais heureusement nous le quittons vite pour enfin attaquer la dernière pente de la journée : le fameux pic !

Là encore je vais monter en mode rando, je me sens bien mieux qu'au départ mais quand même limitée physiquement et je ne sais pas comment se termine ce trail.

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Comment il se termine ? Et bien, en ce qui me concerne, sur les fesses, instant hilarant qui fait oublier la première partie de cette course douloureuse et la seconde un peu lente.

A l'amorce de la descente, je vois une première main courante et ma réflexion est que je n'en vois pas l'utilité ("ce n'est que ça, la fameuse descente glissante ?!"), puis une ou deux autres, ouais, bof, y'a eu pire, puis soudain la piste se transforme en toboggan géant, la boue est lissée, la photographe plantée là me dit "bravo, aucune fille n'est encore tombée" je rigole, second photographe, JC et là le sol se dérobe sous mes pieds, je le sens partir, mais non c'est moi qui pars et je termine la séance glisse commencée sur les pieds…sur les fesses, au grand plaisir de JC qui mitraille ! Je suis morte de rire. S'il en fallait une de femme qui glisse, c'est évident que ça devait être moi !

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Je rétablis l'équilibre, et dans un geste symbolique, étale sur mon visage la boue qui colle à mes bâtons. A l'arrivée, une dame me tend un mouchoir. Ma jupette et mes jambes redécorées attirent à nouveau l'objectif des photographes. Je rejoins Aurore, Christophe et Nadia qui ont terminé leur course depuis un moment. A cet instant, je suis heureuse, même si je n'ai pas fait une belle course. Le pain de sucre est parvenu à effacer la douleur de la première partie de ce trail.

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J'en oublie d'aller chercher ma bière, je ne retire même pas mon sac, je ne me nettoie pas, et c'est maculée de boue que je rentrerai à la maison, un peu endolorie, mais bien moins que la semaine dernière tout de même.

 

Merci à l'organisation, aux bénévoles, aux photographes (J-C Gauvrit et Gery Wagret, mais aussi Christophe, Aurore et Laurent), aux coureurs, et notamment au monsieur avec qui j'ai fait la fin du parcours, moi le doublant dans les montées, lui me redoublant dans les descentes et dans le village, et qui m'a laissée franchir l'arche d'arrivée avant lui. Fair play que je souligne, car c'est pas si fréquent.

 

Quelques paysages (photos Gery Wagret - Afum team)...

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Pour aller plus loin, le sentier cathare