Au lendemain de la C2C  et ce malgré ma bien piètre performance et une baisse de forme depuis une dizaine de jours, je décide de m'inscrire à mon premier kilomètre vertical, situé à deux pas de la maison. C'est une expérience qui me tente depuis un moment et quand j'ai vu cette course inscrite au programme des manifestations du mois, l'idée folle de participer a fait plus qu'effleurer mon esprit... Pourtant, jusqu'au samedi soir, moment du retrait des dossards, j'ai bien hésité à confirmer ma participation, rendue possible grâce à une inscription rapide sur le Net (nom, prénom, date de naissance et c'est tout...). De plus, pour alimenter mes craintes, la veille, une petite rando m'a confirmé que je ne suis plus très en forme... Mais bon! Finalement, je vais chercher mon dossard, presque naturellement, et une fois le tee-shirt cadeau en main, je ne me pose plus de questions...

Dimanche matin, départ des pistes d'Arinsal. La Coma Pedrosa se réveille.

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Je ne veux pas savoir. Je me dis que ça va être terrible, car tout le monde va partir en courant dans cette première pente et moi je vais encore m'asphyxier...

Je me place en queue de peloton, de toutes façons, je ne me fais aucune illusion sur ma performance du jour. Tout juste espère-je ne pas finir dernière. De finir tout simplement. Vivante de préférence.

Avant le signal de départ, je fais de recommandations à Fred au cas où mon coeur lâcherait. Il me dit que je ne vais pas bien. Je crois que c'est tout à fait ça!

Puis c'est parti. Et là, je ne pense plus à rien, sinon ne pas m'exploser. Bien sûr, ça part vite, mais très vite ça ralentit aussi, même si la piste monte déjà beaucoup moins. Je suis agréablement surprise de voir que tout le monde a stoppé sa course. Ouf, je ne devrais pas être trop à la ramasse. Je parviens même à doubler deux ou trois coureurs quand ça repart en trottinant. Brutalement, on quitte la piste pour s'attaquer à un mur. Ben oui, c'est un kilomètre vertical. 1020 mètres à avaler sur 3,5 km seulement. C'est la première fois que j'utilise mes bâtons (de rando) en course et je ne le regrette pas. Le concurrent qui me suit n'en a pas et il s'accroche parfois avec ses mains. Très vite, on parvient au point 1920 m; je m'arrête pour boire (une gorgée à peine dans laquelle je me noie) et j'ai un peu de mal à repartir, du moins je perds le rythme que j'avais jusqu'à présent. La grimpette repart de plus belle, j'ai chaud (car il fait chaud!) mais je renonce à m'arrêter pour retirer mon pull, et le faire en marchant, dans cette pente, est carrément impossible.

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Je profite d'un moment de répit pour le faire, après 650 mètres environ de grimpette. Le sommet/arrivée est en vue, c'est l'Alt de la Capa qui culmine à 2572 m d'altitude. Vu d'ici, on ne saurait pas dire qu'il reste 400 mètres à gravir. Vu d'ici. Je ne me sens pas trop mal, je me dis que c'est dans cette pente qui se redresse que je dois donner; c'est ce que je fais et peu à peu, je me rapproche de la féminine qui se trouve devant moi depuis le départ quasiment. Je prends une autre option qu'elle avant le sommet et je commence à manquer de jus, ce qui m'empêche de continuer sur le rythme que je tenais depuis un moment. Dommage. Désormais, une seule chose compte, arriver entière au bout de cette course.

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Lorsque j'atteins le sommet, je suis super contente! A peine arrêtée, j'ai déjà récupéré et je me sens comme une pile électrique. Je suis dans un état euphorique, je contemple le paysage et j'ai très envie d'aller gravir un autre sommet. Bref, je pète la forme. Je pense que si j'ai dépassé l'heure, ça ne doit pas être de beaucoup.

Pour l'heure, il faut descendre, même si je n'en ai pas envie. Et c'est au cours de cette descente que je me rends compte de la raideur de la pente. Que je m'aperçois aussi que l'on est passé un court instant sous les remontées mécaniques. J'étais vraiment dans la course. Ou HS. Le retour me paraît bien plus long que la montée... et aussi plus difficile.

A la lecture des résultats, je constate que j'ai mis 1h04. Là encore je ne suis pas super satisfaite, néanmoins, je ne suis pas mécontente de voir que je suis arrivée juste derrière la seconde féminine de la coupe andorrane des courses de montagne. Donc pas si mal pour une première, sans entraînement sinon un peu de rando...

Globalement, je suis heureuse d'avoir participé à ce genre d'épreuve et je crois que j'y reviendrai!